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Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 27/10/23

Publié le 28/10/2023
4 min de lecture
Par Enzo PADOVAN
Russie

Le 18 octobre, le Ministère des Affaires étrangères russe a publié un communiqué de presse revenant sur la destruction de l’hôpital Al-Ahli Arabi, dans la bande de Gaza, le jour précédent. Si le bilan humain est encore imprécis (500 morts et 1 000 blessés selon les autorités Palestiniennes, 100 à 300 morts selon le renseignement américain), l’évènement a eu de grandes répercussions sur la communauté internationale, en raison de l’identité inconnue des responsables de l’explosion.

La Russie n’a ainsi accusé ni Israël, ni le Hamas, et a vivement critiqué le débat sur cette question. «Nous indiquons que toutes les tentatives de politiser cet évènement sont inacceptables et irresponsables». Moscou a d’ailleurs déconseillé à sa population de se rendre en Israël ou en Palestine à l’heure actuelle.

Le 19 octobre, la visite de deux jours de Sergueï Lavrov en Corée du Nord a pris fin. Le Ministère russe s’est déclaré satisfait de la visite, et a réaffirmé sa volonté de travailler avec Pyongyang à une désescalade des tensions en Extrême-Orient, et d’approfondir leur commerce bilatéral. Cependant, le communiqué de presse adresse également des critiques sur l’influence américaine dans la région : «les deux parties ont insisté sur leur détermination à contrer les aspirations hégémoniques des Etats-Unis qui ne font qu’aggraver la situation dans la région Asie-Pacifique».

La semaine suivante, l’agence Associated Press rapportait les déclarations du gouvernement américain, qui accusaient la Corée du Nord d’avoir fourni plusieurs centaines de conteneurs d’équipement militaire à la Russie. Pyongyang soutient diplomatiquement le Kremlin face à l’Ukraine, mais la Russie a toujours nié recevoir de l’aide matérielle de la Corée du Nord. Les livraisons, si elles ont eu lieu, incluraient des munitions d’artillerie et des roquettes pour les troupes en Ukraine.

Du 23 au 24 octobre, une délégation russe s’est rendue à Téhéran, dans le cadre d’un sommet de la Plateforme Consultative Régionale du Sud-Caucase (surnommée également «3+3»). En marge de la rencontre, Ebrahim Raïssi, président de l’Iran, a pu rencontrer Sergueï Lavrov pour un échange. Les deux hommes d’Etat ont discuté de l’adhésion iranienne aux BRICS, qui semble aujourd’hui en bonne voie, mais aussi de leur alliance diplomatique. Les deux Etats sont très impliqués dans les processus de paix au Sud-Caucase, en Afghanistan, et en Syrie ; néanmoins, la position de neutralité russe dans le cadre du conflit israélo-palestinien pourrait être un point de discorde avec Téhéran, le plus grand adversaire d’Israël au Moyen-Orient. Les deux Etats ont également critiqué les sanctions occidentales imposées à leur égard, qu’ils accusent de perturber l’économie mondiale.

Un échange similaire (cette fois par téléphone) a eu lieu entre Sergueï Lavrov et son homologue azerbaïdjanais, Djeyhoun Baïramov. Les ministres ont rapporté leur satisfaction quant à la rencontre de Téhéran, et leur volonté de collaborer ensemble à la résolution des conflits au Sud-Caucase. Alors que l’Arménie maintient ses distances avec Moscou, Bakou semble accepter le rôle de médiateur que le Kremlin tente de jouer au Haut-Karabagh.

Enfin, le 27 octobre, la première réunion d’une Commission Interdépartementale pour la Coopération Caspienne a eu lieu en Russie. Sergueï Lavrov, qui la présidait, a salué la présence des 4 Etats invités pour cette réunion, à savoir le Kazakhstan, l’Iran, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan. Dans son discours, le ministre russe espère voir une coopération accrue autour de la mer Caspienne, à la fois du point de vue commercial et politique.

Le journal Caspian News, toutefois, met en exergue le fait que l’influence russe sur la mer Caspienne n’est pas forcément incontestée. Quelques jours avant l’ouverture de cette commission, des échanges entre le ministre des Affaires étrangères turkmène et la Commissaire Européenne pour les Partenariats Internationaux, Jutta Urpilainen, ont eu lieu au Luxembourg. Au cours de la réunion, un projet de gazoduc Transcaspien a été étudié : ce dernier devrait connecter l’Asie Centrale à l’Europe en contournant la Russie. Ce projet pourrait diminuer l’influence russe sur la mer Caspienne, et prouve que le Kremlin n’est pas nécessairement un acteur hégémonique dans la région.

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