Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 19/01/24

Le 12 janvier, le Ministère des Affaires étrangères russe a commenté les résultats de l’élection parlementaire au Bangladesh, qui s’était tenue la semaine précédente. La Russie a félicité la réélection de Sheikh Hasina, Première Ministre du pays depuis 2009. Une grande partie de l’opposition bangladaise a boycotté le scrutin, accusant la Ligue Awami (le parti au pouvoir) d’irrégularités dans l’organisation du vote. Cependant, selon des observateurs russes, ces élections se sont tenues sans défaut. Moscou semble vouloir maintenir de bonnes relations avec Dacca, comme les livraisons d’uranium russe au Bangladesh, en octobre 2023, le laissaient supposer.
Le lendemain, Maria Zakharova, porte-parole du ministère, a reçu une question concernant la position russe sur l’indépendance de Taïwan, où d’autres élections se sont tenues cette semaine. La porte-parole a répondu en affirmant que la Russie ne reconnaissait pas l’indépendance de Taïwan, et que le gouvernement de la République Populaire de Chine représentait l’entièreté du peuple chinois. Alors que le parti s’opposant à Beijing a remporté les élections à Taipei, le point de vue russe souligne les hautes tensions dans la région. «La partie russe soutient fermement les actions de la Chine visant à défendre sa souveraineté étatique et son intégrité territoriale», a rappelé Maria Zakharova.
Un peu plus tard dans la semaine, le 18 janvier, le Pakistan comme l’Iran ont mené des frappes aériennes sur le territoire de l’autre, en ciblant des groupes rebelles et terroristes de part et d’autre de leur frontière commune. Face à la montée des tensions entre Islamabad et Téhéran, la Russie a publié un communiqué sur la question, appelant les deux nations à faire preuve d’une «retenue extrême». Selon le Kremlin, la Russie se tient prête à aider ces pays du Moyen-Orient à lutter contre le terrorisme sur leur territoire, mais seulement dans le cadre d’un effort international et coordonné.
Bien que Moscou soit nettement plus proche de Téhéran que du Pakistan (qui est traditionnellement plutôt orienté vers l’Occident, et demeure le rival de l’Inde, membre des BRICS), une escalade des tensions gênerait fortement le Kremlin. Les deux rivaux font partie de l’Organisation de Coopération de Shanghai, et l’Iran fournit des quantités importantes de matériel militaire à la Russie. Des perturbations dans la région nuiraient fortement à son économie, et il est probable que la diplomatie russe intervienne, si un tel cas de figure se produisait.
Toujours le 18 janvier, Fayçal al-Meqdad, ministre syrien des Affaires étrangères, s’est rendu à Moscou afin de rencontrer son homologue russe, Sergueï Lavrov. La question palestinienne a naturellement occupé une bonne partie des échanges, et les deux ministres ont rappelé l’importance d’une aide humanitaire pour les habitants de Gaza. La Russie bénéficie d’une réputation grandissante dans le monde musulman pour son attachement à l’établissement d’un cessez-le-feu, entre Israël et le Hamas.
Dernières informations de la semaine : 33 tonnes produits alimentaires ont été livrés à l’Afghanistan le 18 janvier, afin d’aider la population encore affectée par les effets du séisme d’octobdere dernier. «La Russie […] va continuer à fournir une aide gratuite aux citoyens de l’Afghanistan», a affirmé la diplomatie russe. En outre, du 14 au 18 janvier, Choe Son-hui, la ministre des Affaires étrangères nord-coréenne, s’est rendue à Moscou pour une visite diplomatique. L’analyse de cette visite sera disponible dans un article additionnel, dédié aux relations entre Pyongyang et Moscou, qui sera publié dans les jours à venir.
À propos de l'auteur
Enzo PADOVAN
Biographie non renseignée



