Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 16/06/23

Le 1er juin, les représentants des Etats-membres des BRICS se sont rencontrés au Cap, en Afrique du Sud ; la Russie y était représentée par Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères.
Dans une déclaration conjointe en 33 points, les Etats-membres ont pris position sur plusieurs conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, réaffirmant par exemple leur volonté de trouver, pour le conflit syrien, une «solution qui respecte la souveraineté et l’intégralité territoriale syriennes», comme l’avait déclaré la Russie un mois plus tôt.
L’un des points qui ressort le plus, au travers cette conférence, tient dans la volonté avouée de 5 Etats d’accueillir de nouveaux membres, et de devenir une véritable alternative à l’Occident. La BBC rapporte que Sergueï Lavrov a déclaré qu’une dizaine de nations (dont l’Arabie Saoudite) avaient soumis l’idée de rejoindre le groupe des BRICS, dans un espoir de créer un monde «multipolaire».
Le lendemain, le 2 juin, en marge de la rencontre au Cap, le ministre des Affaires Etrangères russe a rencontré son homologue iranien ; les deux représentants ont discuté de la coopération bilatérale entre leurs deux pays, mais ont aussi abordé l’épineuse question du programme nucléaire de Téhéran. Quelques jours plus tard, un document de 16 pages, supposément daté de septembre 2022, faisait état d’un contrat de près d’un million de dollars entre l’Iran et Moscou. SkyNews indique que si cet accord fut bel et bien passé, l’Iran a livré des munitions d’artillerie et de blindés qui furent ensuite utilisées en Ukraine, en dépit des sanctions internationales actuellement en vigueur. Avec l’Afrique du Sud le mois dernier, l’Iran est donc sous le feu des critiques de la part des Occidentaux.
L’Asie Centrale n’est pas non plus délaissée par la Russie. Le 6 juin, Sergueï Lavrov s’est rendu à Douchanbé pour y rencontrer Sirojiddin Muhriddin, son homologue tadjik. Les deux ont discuté de plusieurs sujets, que nous pouvons résumer en trois points. Tout d’abord, la question migratoire, de très nombreux Tadjiks étant domicilié et travaillant en Russie. Moscou a régularisé la situation de 120 000 travailleurs tadjiks dans les dernières années, et les liens économiques entre les deux Etats restent forts. Le second point réside dans les échanges culturels ; la Russie note ainsi le succès des programmes éducatifs russophones présents dans le pays. Enfin, la question de la coopération militaire, dans le cadre de l’OTSC et du conflit afghan, fut naturellement abordée.
Sur la question afghane, de récentes accusations portées sur des soldats australiens, faisant état de crimes de guerre commis au cours du conflit, ont été commentées par Maria Zakharova, directrice du service de presse des Affaires étrangères russes. «Les élites tentent de réduire au silence le scandale public en ne prenant que des mesures palliatives, ce qui indique les doubles standards et la nature hypocrite de la classe politique australienne», a-t-elle déclaré. L’agence de presse TASS rapporte que la diplomate russe considérait que le tabou des crimes de guerre était «institutionnalisé» et «profondément ancré» dans les unités de Canberra.
Pour la diplomatie africaine : le 7 juin, une réception s’est tenue à Moscou, dédiée à la Journée Mondiale de l’Afrique, un évènement célébré quelques jours plus tôt. Vladimir Poutine s’est donc personnellement adressé aux représentants des Etats africains présents à la réception (dont Mahamat Paba Sale, ambassadeur camerounais en Russie), en ces termes : «La Russie a toujours attaché une importance particulière à ses relations avec ses partenaires africains. Le premier sommet Russo-Africain, qui s’est tenu en 2019, avait redynamisé nos liens dans divers secteurs». Avec la prochaine édition du sommet prévue pour le mois prochain, les russes sont plus que jamais investis et intéressés par la question africaine.
À propos de l'auteur
Enzo PADOVAN
Biographie non renseignée



