Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 13/10/23

Le 07 octobre, alors que le Hamas lançait une nouvelle attaque sur Israël, Sergueï Lavrov s’entretenait par téléphone avec Sameh Choukri, Ministre des Affaires étrangères égyptien. Les deux ministres ont échangé sur l’évolution du conflit israélo-palestinien, appelant ensemble à un arrêt des hostilités.
De plus, le surlendemain, Ahmed Aboul Gheit, secrétaire de la Ligue des Etats arabes, s’est rendu à Moscou afin de discuter des tensions montantes au Moyen-Orient et en Afrique. A l’issue de cette rencontre, les diplomates ont publié un communiqué de presse exigeant un cessez-le-feu au Soudan et en Israël, tout en appelant la communauté internationale à soutenir les processus de reconstruction étatique en Syrie et en Libye.
Le 12 octobre, une délégation russe a participé à une rencontre des Etats-membres de la CEI, à Bichkek. Selon le Ministère des Affaires étrangères russe, les diplomates ont approuvé la création d’une Organisation Internationale du Langage Russe, qui devrait viser à promouvoir le russe à l’échelle mondiale ; Moscou exercera la présidence de la Communauté en 2024. Toutefois, l’absence de l’Arménie, encore en froid avec la Russie, fut remarquée.
Le média pro-Occidental Radio Free Europe a rapporté qu’en parallèle de cette rencontre, Vladimir Poutine a rendu visite au gouvernement kirghiz. Des questions de coopération économique, scientifique mais aussi militaire ont été abordées ; la création d’un programme de défense aérienne commun entre Bichkek et le Kremlin est ainsi en bonne voie. En revanche, la coopération économique est un point qui inquiète les analystes occidentaux : la Russie est soupçonnée de vouloir utiliser le Kirghizistan comme d’un moyen de contourner les sanctions imposées à son égard, bien que Bichkek s’en défende.
Enfin, tout au long de la semaine, Sergueï Lavrov s’est entretenu avec ses homologues iranien, omanais et irakien, toujours sur la question palestinienne, qui reste la principale priorité du Kremlin à l’heure actuelle. L’agence Associated Press mettait en exergue la position difficile de la Russie dans le conflit ; en effet, cette dernière entretient des liens cordiaux avec Tel Aviv, mais cherche à approfondir ses alliances avec les voisins d’Israël, dont la Palestine. La Russie essaie donc d’adopter une posture modérée en condamnant les exactions commises par les deux parties, tout en se présentant comme un potentiel médiateur des hostilités, afin d’accroître son prestige international.
Néanmoins, cette position pourrait être complexe à conserver sur le long terme. Le 12 octobre, des missiles israéliens ont frappé les pistes de l’aéroport de Damas et d’Alep. La Russie a vivement condamné une telle attaque, et a averti Israël, dans un communiqué de presse, que ce genre d’actions pourrait entraîner une rapide escalade des tensions dans la région. En raison des hostilités vivaces entre la Syrie, grande alliée de Moscou, et Tel Aviv, la Russie traite avec une extrême prudence la situation actuelle au Proche-Orient.
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Enzo PADOVAN
Biographie non renseignée



