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Russie

Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 03/11/23

Publié le 04/11/2023
3 min de lecture
Par Enzo PADOVAN
Russie

Le 28 octobre, Sergueï Lavrov et Djeyhoun Baïramov se sont entretenus par téléphone sur les enjeux de la relation arméno-azérie. Les deux ministres ont discuté des efforts afin d’obtenir un traité de paix, et de délimiter la frontière entre les deux Etats. Cependant, malgré les efforts de la Russie dans la région, pour l’instant, les tensions entre Bakou et Erevan rendent ces tentatives de résolutions de conflits assez difficiles.

Tout au long de la semaine, c’est en revanche le Moyen-Orient qui reçut le plus d’attention de la part de la diplomatie russe. Le 31 octobre, Sergueï Lavrov a discuté avec son homologue syrien, Fayçal al-Meqdad, de la situation du conflit israélo-palestinien. Selon le Ministère des Affaires étrangères, le représentant russe a condamné les frappes aériennes israéliennes en Syrie, et a rappelé son désir d’instaurer un cessez-le-feu dans la région.

Le lendemain, une mission diplomatique, constituées de délégués de pays arabes et d’un représentant de la Ligue arabe, est arrivée à Moscou afin de discuter de la situation au Proche-Orient. Sergueï Lavrov a insisté sur le besoin de rétablir un Etat palestinien indépendant, en respectant les frontières définies en 1967. La Russie a aussi félicité les efforts de l’Egypte, qui avait organisé un premier sommet de la paix le 21 octobre. En contrepartie, les invités ont condamné le soutien occidental envers Tel Aviv, et ont remercié la Russie pour ses efforts diplomatiques dans la région.

Le think tank Lowy Institute, face aux évènements du mois d’octobre, perçoit une évolution progressive de la position russe. Le 26 octobre, des représentants du Hamas avaient été reçu en Russie, le Kremlin souhaitant obtenir la libération de 8 citoyens russes pris en otage en Palestine. Vladimir Poutine, en revanche, n’a pas encore reçu de représentant de la partie israélienne, avec laquelle les contacts sont moins fréquents qu’avec l’Iran, par exemple. La Russie fait tout son possible pour canaliser le conflit sur la bande de Gaza, et éviter toute forme d’escalade dans la région.

Ainsi, Moscou apparaît en premier lieu comme une alliée des nations musulmanes, et un soutien inconditionnel de la solution à deux Etats. Le 3 novembre, ce fut au tour du Ministre des Affaires étrangères koweïti, Salem al-Sabah, de se rendre à Moscou et d’aborder la coopération entre les deux nations ; la politique étrangère du Kremlin étant en très grande partie concentrée sur le Moyen-Orient, la guerre qui se joue à Gaza est une excellente piste afin d’avancer ses intérêts. Non content d’attirer l’attention loin des affrontements en Ukraine, cette guerre offre à la Russie la possibilité de solidifier ses alliances politiques dans la région.

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