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Russie

Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 02/10/23

Publié le 04/10/2023
3 min de lecture
Par Enzo PADOVAN
Russie

Le 26 septembre, Nabil Ammar, ministre des Affaires étrangères tunisien, a rencontré Sergueï Lavrov à Moscou. Au cours d’une conférence de presse, les deux diplomates sont revenus sur la relation russo-tunisienne. Tunis est, en effet, un des principaux partenaires du Kremlin en Afrique. Le commerce entre les deux nations représentait 1,2 milliards de dollars au premier semestre 2023, et la Russie a lancé le premier satellite tunisien en 2021.

Cette coopération semble donc porter ses fruits, d’autant plus que la Tunisie figure parmi les pays auxquels la Russie compte exporter, dans les prochains mois, d’importantes quantités de céréales à moindre prix.

Le lendemain, Sergueï Lavrov s’est entretenu par téléphone avec son homologue azéri, Djeyhoun Baïramov, à propos de la situation au Haut-Karabagh. Suite à l’établissement d’un cessez-le-feu le 20 septembre, et les prises de position arméniennes à l’encontre de la Russie, Moscou se tourne ainsi vers Bakou afin de trouver une solution pérenne au conflit. Actuellement, l’exode massif des populations arméniennes de l’Artsakh, et surtout ses conséquences humanitaires, demeurent la priorité de la communauté internationale.

En parallèle, le Kazakhstan semble se distancer partiellement de Moscou. Le 28 septembre, Kassym-Jomar Tokaïev, président du pays, s’est rendu à Berlin pour une entrevue avec le Chancelier Scholz. Au cours de la visite, le président kazakh a déclaré que son pays n’aiderait pas la Russie à contourner les sanctions qui la visent. Le journal TASS le citait en ces termes : «Il me semble qu’il ne devrait pas y avoir d’inquiétudes du côté allemand, à propos de potentielles actions prises afin de contourner le régime des sanctions». De plus, le Moscow Times rappelle que le Kazakhstan n’a pas reconnu l’annexion des 4 oblasts ukrainiens par la Russie, en septembre 2022, et que l’Asie Centrale envisage l’Europe comme un potentiel partenaire : la région dispose de ressources qui intéressent l’UE, toujours préoccupée par la crise énergétique qu’elle traverse.

Enfin, la Russie a hébergé à Kazan, le 29 septembre, un sommet international dédié à l’Afghanistan. A l’issue de ces échanges, les participants (qui incluaient un représentant du gouvernement afghan) ont publié une déclaration conjointe. Cette dernière félicite le régime taliban pour sa lutte contre le trafic de drogue, mais aussi pour sa volonté de collaborer avec ses voisins sur la scène économique ; cependant, elle relève avec inquiétude la présence endémique du terrorisme dans le pays, et la difficulté du gouvernement, majoritairement dominé par les pachtounes, à représenter correctement la multitude d’ethnies présentes en Afghanistan. Le manque de respect des droits des femmes a aussi été relevé.

En définitive, si cette déclaration prouve la volonté russe de coopérer avec l’Afghanistan (il y est même demandé de lever les sanctions internationales «unilatérales» que favorisent les pays occidentaux), Moscou émet encore quelques réticences à considérer le régime taliban comme un réel allié.

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