Détroit de Taïwan – Point de situation au 20/06/2023

Au moment où l’attention est focalisée sur la visite d’Antony Blinken à Pékin et sur un réamorçage du dialogue sino-américain, Taipei poursuit ses efforts diplomatiques en envoyant trois de ses ministres en Europe. En Amérique latine, entre soutien et défection, les positions sont de plus en plus tranchées.
– Le nouveau ministre paraguayen des Affaires étrangères, Ruben Ramirez, a exprimé le 12 juin lors d’une interview à ABC-TV le souhait du Paraguay d’approfondir les liens économiques avec Taïwan. Le président nouvellement élu, Santiago Pena, avait fait du soutien à Taïwan un argument de campagne.
Par contraste, le Honduras a annoncé le 15 juin la suspension de son accord de libre-échange avec Taïwan. L’accord prendra fin six mois plus tard. Cette décision s’inscrit dans la droite lignée de celle prise en mars dernier, à savoir de mettre un terme à ses relations diplomatiques avec Taipei, au profit de Pékin.
Quelques jours auparavant, le 12 juin, le Président chinois Xi Jinping avait indiqué que la Chine était prête à négocier un accord de libre-échange avec l’Etat hondurien, exprimant sa volonté d’ouvrir les discussions «aussi vite que possible».
– La ministre des Affaires économiques taïwanaise, Wang Mei-hua, s’est rendue en France du 12 au 19 juin. A la tête d’une délégation de sept personnes, elle a rencontré des représentants d’entreprise, a animé des échanges sur les opportunités de commerce bilatéral, et a participé au forum Viva Technology 2023, où un stand taïwanais avait été installé.
Ces efforts visent à encourager l’investissement des entreprises françaises à Taïwan, et de faciliter celui des entreprises taïwanaises en France.
En parallèle, la ministre des Affaires digitales taïwanaise, Audrey Tang, s’est rendue au Royaume-Uni afin d’assister à la London Tech Week, qui s’est tenue du 12 au 16 juin.
– Le ministre des Affaires étrangères taïwanais, Joseph Wu, s’est rendu en Europe du 13 au 17 juin. Il s’est d’abord arrêté en République tchèque, où il a rencontré Milos Vystrcil, président de la Chambre haute, avant de participer à la conférence internationale sur la sécurité organisée à Prague et à laquelle a assisté le président tchec, Petr Pavel.
Dans son discours prononcé lors de la conférence le 14 juin, M. Wu a appelé l’Europe à renforcer son soutien à Taïwan : «Afin que Taïwan puisse rester forte et résiliente et avoir le courage de continuer la politique de maintien du statu quo, nous avons besoin du soutien de nos amis européens».
Dans la foulée de l’événement, M. Wu s’est envolé pour Bruxelles, où il a échangé avec de hauts-fonctionnaires européens, dont la vice-Présidente du Parlement européen Nicola Beer. Dans la capitale belge, Joseph Wu a rappelé ce que pouvait offrir Taïwan à l’Europe – i. e., des investissements dans le domaine des semi-conducteurs, de la part de l’entreprise TSMC notamment ; mais aussi que ces derniers seraient conditionnés par une forme de réciprocité, autrement dit, un soutien politique, diplomatique et économique accru de la part de l’Union européenne.
Les leaders européens, a-t-il indiqué, montrent un soutien plus explicite au maintien du statu quo dans le détroit de Taïwan ; mais ils pourraient approfondir la coopération en signant, par exemple, des accords d’investissement bilatéraux avec Taipei.
Enfin, M. Wu s’est rendu en Italie où il a rencontré deux députés à Milan. Cette visite, non annoncée à l’avance, est d’autant plus remarquée que les échanges entre représentants taïwanais et italiens sont rares. Ce fut également l’occasion de montrer la fermeté de l’engagement taïwanais, au moment où Taïwan a annoncé l’ouverture prochaine de son second bureau de représentation en Italie, justement dans la ville de Milan.
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Anna Balawender
Biographie non renseignée



