Chine
Sécurité
Taïwan

Détroit de Taïwan – Point de situation au 07/05/2023

Publié le 08/05/2023
5 min de lecture
Par Anna Balawender
Asie de l'est

Alors que Taïwan voit son assise en Amérique latine vaciller ces dernières années, l’élection présidentielle au Paraguay lui offre un sursis diplomatique. Un soutien plus prononcé a également été officialisé par les parlementaires suisses, et par le dirigeant philippin, qui poursuit l’approfondissement des relations de son pays avec les Etats-Unis. Ces initiatives, si elles ne semblent pas liées, sont sous-tendues par une dynamique commune : l’accroissement des tensions dans le détroit de Taïwan qui pousse les Etats et acteurs non-étatiques à prendre, en amont d’un conflit potentiel, des positions plus tranchées.

– Le 1er mai, le leader du parti conservateur du Paraguay, Santiago Peña, est sorti vainqueur des élections présidentielles. Or, le choix des Paraguayens n’est pas anodin pour Taïwan : le maintien des relations officielles entre Taipei et Asuncion était devenu un enjeu de campagne, S. Peña défendant la défense de ces liens, et son adversaire Efraín Alegre prônant au contraire de changer d’allégeance au profit de la Chine.

Ces dernières années, plusieurs pays d’Amérique latine ont renoncé à leurs liens diplomatiques avec Taïwan afin d’en établir avec la Chine, le dernier étant le Honduras en mars dernier. Au Paraguay même, les producteurs de soja et de bœuf font pression sur le gouvernement afin qu’il en fasse de même, espérant avoir accès à un marché chinois vaste et prometteur.

Dans les jours qui ont suivi son élection, le président paraguayen a pris soin d’affirmer que son pays «continuer[a] à renforcer les liens historiques entre le Paraguay et la République de Chine [Taïwan], et se réjouit des projets de coopération futurs et mutuellement bénéfiques».

– Le 2 mai, le Conseil national suisse (chambre basse) a validé le renforcement des liens des élus parlementaires avec Taïwan, avec 97 voix pour, 87 voix contre et 8 abstentions. Le projet, visant à approfondir les liens économiques, politiques, scientifiques et culturels avec l’île a été transféré au ministère des Affaires étrangères suisse, qui étudie les méthodes de sa mise en œuvre.

Le ministère des Affaires étrangères suisse, dans un communiqué, a réaffirmé le soutien de Genève au «principe d’une seule Chine», qui «excluent les liens diplomatiques formels avec les autorités taïwanaises; toutefois, l’échange au niveau technique est possible et désirable».

L’ambassade de Chine en Suisse a vivement réagi après la validation du projet parlementaire, en dénonçant le lendemain une ingérence «grossière» dans les «affaires intérieures de la Chine».

– Le 3 mai, le ministère de la Défense taïwanais a annoncé qu’un drone de reconnaissance chinois avait été identifié dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan. Le drone, de type BZK-005, a survolé les abords de l’île dans la nuit de mardi à mercredi, et était accompagné d’avions capables d’interférer avec les communications, selon le ministère.

Le 28 avril, un drone chinois TB-001 avait déjà pénétré la zone d’identification de défense aérienne de défense taïwanaise.

– Le 3 mai également, l’ancien lieutenant de la Marine américaine Steven Rudder affirmait que «nous [les Etats-Unis] voulons jouer notre rôle dans les capacités d’auto-défense de Taïwan». Cette déclaration s’inscrit dans le cadre de la visite d’une délégation de représentants d’entreprises américaines à Taipei, issus du monde de la défense et de l’armement.

– Le 4 mai, le président philippin Ferdinand Marcos Jr a déclaré que consentir l’accès aux bases maritimes des Philippines à la Marine américaine était une initiative défensive, et qu’elle serait «utile» en cas d’attaque de Taïwan par la Chine.

Le président philippin a offert cette déclaration au terme d’une visite de quatre jours à Washington, et ce juste après un renouvellement de l’accord de défense liant les Philippines au Etats-Unis, qui ne l’avait pas été depuis 1951. Le document publié à cette fin par l’administration américaine, intitulé «Lignes directrices sur la défense bilatérale, inclut toute agression dans la mer de Chine méridionale, qu’elle ait lieu en milieu maritime, aérien, terrestre ou cyber.

Le document précise également que les agressions perpétrées par des flottes de garde-côtes entrent dans le champ de l’activation de la clause de défense. Cette précision vise en particulier la Chine, qui est accusée d’envoyer ses garde-côtes en mer de Chine méridionale et de faire montre d’une agressivité croissante dans ces eaux disputées.

Pour rappel, les garde-côtes chinois ont fait l’objet d’une loi en janvier 2021 les autorisant à faire feu si eux-mêmes ou la «souveraineté nationale» semblent menacés.

À propos de l'auteur

Photo de Anna Balawender

Anna Balawender

Biographie non renseignée

Auteur vérifié

Articles à lire dans cette rubrique

Construction de la Paix
Corée du Nord
+ 1
il y a 7 jours
En savoir plus
En savoir plus
Corée du Sud
Energie
+ 1
il y a un mois
En savoir plus
Restez informé !

Recevez notre newsletter 4 à 5 fois par mois et restez en connexion avec l'actualité internationale.

  • Analyses mensuelles thématiques exclusives
  • Décryptage des enjeux mondiaux
  • Désabonnement facile à tout moment
Newsletter

Cultivez-vous et montez en compétences !
Recevez en exclusivité nos dernières parutions et nos offres de formation.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir nos emails.
Désabonnement en un clic