Défense chinoise et détroit de Taïwan – Point de situation au 08/10/2023

Lancement officiel du premier sous-marin domestique taïwanais
Le 28 septembre, Taïwan a dévoilé son premier sous-marin produit directement sur l’île, qui entrera en service en 2025. Il est également le premier d’une série de huit sous-marins, dans le cadre du projet de dotation d’une force sous-marine lancé par Tsai Ing-wen dès son accession au pouvoir en 2016.
Le jour même, le porte-parole du ministère de la Défense chinois a convoqué une conférence de presse, au cours de laquelle il a affirmé que «l’idée d’empêcher l’APL d’entrer dans l’océan Pacifique est une entreprise insensée», avant d’ajouter : «quelle que soit la quantité d’armes que les autorités du DPP construisent ou achètent, elles ne seront pas en mesure d’arrêter l’élan de réunification de la patrie».
– Vente d’imagerie satellitaire au groupe Wagner
Le 4 octobre, l’Agence France Presse a rapporté que le groupe Wagner a établi un contrat avec l’entreprise chinoise CGST (Chang Guang Satellite Technology) afin d’acquérir de l’imagerie satellitaire. Ce contrat de novembre 2022 donne à Wagner l’accès aux images produites par un satellite Jilin-1 gaofen. La dépêche précise que le contrat n’a pas été passé directement entre les deux parties, mais qu’une entité intermédiaire, la société russe de produits surgelés NikaFrut LLC, a fait office de client écran.
Le contenu de la dépêche (repris ici dans la presse) laisse également entendre que l’entreprise CGST aurait été au fait des projets de mutinerie du leader d’alors de Wagner, Evgueni Progojine, voire qu’elle les aurait soutenus. Mais il est peu probable que les opérateurs du satellite prêté au groupe Wagner ait produit une analyse des zones ciblées par ce dernier, et encore moins qu’ils n’aient cherché à encourager des troubles en Russie. Il n’est pas dans l’intérêt de la Chine de voir une perte de stabilité chez son voisin et allié. D’autant plus que le soulèvement initié par Prigojine, dans un système centralisé et autoritaire rappelant irrésistiblement la structure chinoise, rappelle à Pékin que la stabilité politique sur son territoire peut à tout moment être troublée par un personnage influent et ambitieux.
– Echec du ravitaillement philippin du BRP Sierra Madre
Comme exposé lors d’une précédente brève, une récente série d’incidents en mer de Chine méridionale ont créé – et continuent de créer – des tensions entre Manille et Pékin. Le 4 octobre, une mission de ravitaillement du BRP Sierra Madre, navire philippin volontairement échoué sur le récif Second Thomas afin d’y affirmer sa souveraineté, a échoué après que les deux garde-côtes philippins aient été repoussés par la garde-côte chinoise (GCC).
La semaine précédente, le gouvernement philippin avait accusé la Chine d’avoir construit une barrière flottante autour du récif Scarborough, dont la souveraineté est également disputée entre les deux Etats, car riche en ressources halieutiques. Le 25 septembre, la garde-côte philippine a sectionné et démantelé la barrière.
La Chine, niant d’abord avoir installé la barrière, a ensuite modifié son discours : la barrière avait effectivement été mise en place par la GCC après que des pêcheurs philippins aient pénétré sa zone de souveraineté – i. e. la zone maritime dont la souveraineté est disputée – «sans autorisation» de la part du gouvernement chinois. Mais l’affirmation de Manille sur le démantèlement effectué par les garde-côtes phillipins, assure Pékin, est «fabriquée de toutes pièces». Ce serait, toujours selon Pékin, ses propres garde-côtes qui l’ont retirée peu après sa mise en place.
À propos de l'auteur
Anna Balawender
Biographie non renseignée



