Défense et armée en Russie – Point de situation au 21/04/23

Le 18 avril, le ministre chinois de la Défense s’est rendu à Moscou lors d’une visite officielle pour rencontrer son homologue russe. Selon le communiqué officiel du ministère de la Défense russe, Sergueï Choïgou a félicité son homologue chinois pour sa nomination et a remercié Pékin d’avoir choisi Moscou comme première visite officielle. Les deux ministres ont témoigné au cours de leurs échanges, la volonté commune de renforcer la coopération entre la Chine et la Russie. Ils estiment que «la coordination de [leurs] efforts sur la scène internationale a un effet stabilisateur sur la situation dans le monde, [et] aide à réduire le potentiel de conflits». Les ministres ont également expliqué qu’il était important pour Moscou et Pékin d’évaluer «l’essence de la transformation en cours du paysage géopolitique mondial». Les deux homologues russe et chinois ont conclu leur rencontre en exprimant la volonté de mettre en œuvre les accords conclus entre Xi Jinping et Vladimir Poutine lors de la visite du président chinois en Russie en mars 2023.
Le 21 avril, la société militaro-industrielle JSC Kalachnikov Concern a annoncé dans un communiqué, mettre l’accent sur le développement des «systèmes aériens sans pilotes» (drones). Le vice-ministre russe de l’Industrie et du Commerce, Vasili Osmakov, a expliqué que le développement de drones pourraient jouer un rôle important «dans la réalisation de la souveraineté technologique» de la Russie. En effet, le conflit armé en Ukraine a montré le poids de l’utilisation des drones dans les offensives. Alors que de nombreuses sanctions américaines et européennes visent le secteur de la défense, et particulièrement celui des drones, la Russie se voit contrainte de développer de telles technologies seule. L’utilisation de matériels étrangers a été dénoncée par de nombreux pays occidentaux, notamment l’utilisation russe de drones iraniens Shahed en septembre et octobre 2022 en Ukraine. La coopération militaro-industrielle russe est également mise à mal par le spectre de possibles sanctions touchant des pays décidant de collaborer avec Moscou. Cette annonce de la société Kalachnikov pourrait donc être perçue comme l’aveu de la nécessité d’un développement national de technologies militaires dans un contexte d’isolement économique et industriel pour Moscou.



