Défense chinoise et détroit de Taïwan – Point de situation au 22/10/2023

Liu Zhenli, successeur pressenti de Li Shangfu
Le forum sur l’initiative des Nouvelles routes de la soie (Forum BRI), célébrant les dix ans du lancement du projet, a été organisé du 17 au 18 octobre. De nombreux chefs d’Etat et gouvernement y ont assisté (1), et il a donné lieu à une rencontre entre le ministre de la Défense serbe, Milos Vucevic, et Zhang Youxia, un haut-responsable de la défense chinois, membre de la Commission militaire centrale. Cet échange constitue, au-delà d’un curieux échange sino-serbe, une autre occasion d’apparition publique manquée pour le ministre de la Défense chinois Li Shangfu.
Et alors que le ministre de la Défense chinois n’a pas été vu en public depuis maintenant sept semaines, Reuters a révélé le 13 octobre l’identité d’un potentiel successeur de Li Shangfu, citant «cinq sources» anonymes et «au fait de la question». Il s’agirait du général Liu Zhenli, également membre de la Commission militaire centrale (CMC), l’organe de défense suprême en Chine.
– Interception d’un avion de patrouille canadien
Le 14 octobre, un avion de patrouille canadien CP-140 a été intercepté par deux appareils chinois au sud de la mer de Chine orientale, dans la zone des îles Senkaku/Diaoyu dont la souveraineté est disputée par la Chine et le Japon.
L’incident a donné lieu à des protestations des deux parties, canadienne comme chinoise. Ottawa, dénonçant une interception «dangereuse et imprudente» par les avions de chasse chinois s’approchant à cinq mètres du patrouilleur canadien, affirme que l’appareil n’évoluait dans cette zone que dans le cadre d’une «opération des Nations unies visant à faire respecter les sanctions contre la Corée du Nord».
La porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, pour sa part, affirme que l’appareil canadien a «violé gravement la souveraineté» aérienne chinoise au-dessus des îles Chiwei Yu, à proximité de l’archipel Senkaku/Diaoyu.
– Escale de la 44ème flotte anti-piraterie au Koweït
Après avoir quitté Oman le 14 octobre, la 44ème flotte anti-piraterie chinoise a gagné le port Shweikh au Koweït le 18 octobre pour y effectuer une visite de courtoisie de cinq jours. Avant de quitter Mascate, la marine chinoise a effectué des entraînements conjoints avec la marine omani ; elle pourrait en faire de même avec la marine koweïtienne aux environs du 22 octobre.
A noter que la présence de deux flottes anti-piraterie chinoises dans la région – la 44ème dans le golfe Persique et la 45ème flotte au large du golfe d’Aden – n’est pas conditionnée par les tensions actuelles entre Jérusalem et Gaza. Malgré la «proximité» du stationnement de ces deux flottes près du cœur du conflit qui a pu être soulignée par certains médias, il s’agit d’un déploiement de routine – initié en 2008 – qui n’est pas destiné à une intervention dans un conflit.
En outre, ces forces ne sont pas à même d’intervenir rapidement sur le théâtre israélo-palestinien – la navigation pour y parvenir nécessiterait plusieurs jours -, et elles ne prendront certainement pas le risque de remonter vers la mer Rouge où plusieurs navires américains – dont des destroyers et des porte-aéronefs – sont stationnés.
(1) Dont : le président russe Vladimir Poutine, le premier ministre hongrois Viktor Orban, mais aussi les présidents mongol, de la République du Congo, du conseil du peuple du Turkménistan ; ainsi que les premiers ministres égyptien, thaïlandais, cambodgien, mozambicain, pakistanais ; ainsi que la présidente de la nouvelle banque de développement, Dilma Rousseff (liste non exhaustive).
À propos de l'auteur
Anna Balawender
Biographie non renseignée



