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Début d’une coopération officielle entre Volodymyr Zelensky et Svetlana Tsikhanovskaya

Publié le 03/02/2026
5 min de lecture
Par Vladimir Krsmanovic
Europe
Volodymyr Zelensky et Svetlana Tsikhanovskaya

Volodymyr Zelensky et Svetlana Tsikhanovskaya

Le 25 janvier dernier, à l’occasion de la commémoration de la 163ème année du déclenchement de l’insurrection de 1863, soulèvement polono-lituanien contre l’Empire tsariste, plusieurs dirigeants de premier plan se sont réunis à Vilnius. Parmi eux figuraient le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la cheffe du Cabinet de Transition Unifié du Bélarus, Svetlana Tsikhanovskaya, le président polonais Karol Nawrocki et le président lituanien Gitanas Nausėda. La présence de Volodymyr Zelensky et de Svetlana Tsikhanovskaya témoigne de la volonté de soutenir la cause commune de résistance face à la pression russe. De plus, la présence de la dirigeante bélarusse était doublement symbolique, elle honorait la mémoire de Kastous Kalinowski, révolutionnaire bélarusse et figure de proue de l’insurrection aux côtés des Polonais et des Lituaniens, devenu depuis un symbole de libération pour le Bélarus.

À la suite de cette commémoration, une première réunion bilatérale officielle s’est tenue entre la dirigeante des forces démocratiques bélarusses et le président ukrainien. Bien qu’il ne s’agisse pas de leur premier échange, des discussions informelles ayant déjà eu lieu en marge d’événements internationaux, cette rencontre officielle marque l’ouverture de relations directes et d’une coopération élargie entre les deux entités.

La réticence de Kiev vis-à-vis de Svetlana Tsikhanovskaya

Tous deux cibles de menaces de la part du régime d’Alexandre Loukachenko, ils partagent la conviction que ce dernier, au même titre que Vladimir Poutine, doit être traduit devant la Cour pénale internationale. Pour autant, l’instauration de ce dialogue direct a été un processus laborieux. Le bureau du président ukrainien est longtemps resté réticent à l’idée de collaborer avec Svetlana Tsikhanovskaya. En 2022, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine, il lui était reproché de ne pas avoir condamné assez fermement les manœuvres russes et d’avoir maintenu une forme de « neutralité » vis-à-vis du Kremlin.

Cette prudence initiale de l’opposition bélarusse répondait à un triple impératif. Le première était politique : une part non négligeable de la population bélarusse restant attachée aux liens avec la Russie, il s’agissait de ne pas s’aliéner cette base. Le deuxième était économique : la Russie étant le premier partenaire du pays, préserver une certaine stabilité était jugé vital pour l’industrie et l’énergie. Le troisième était sécuritaire : Svetlana Tsikhanovskaya craignant des représailles directes des services de sécurité russes.

En revanche, dès le début du conflit, des forces volontaires de l’opposition bélarusse se sont engagées activement sur le front ukrainien. Le régiment Kastous-Kalinowski, formé en mars 2022, entretient d’excellentes relations avec l’état-major ukrainien. Le bureau de Svetlana Tsikhanovskaya s’est d’ailleurs appuyé sur la légitimité de ce bataillon pour rapprocher ses positions de celles de Kiev.

Les intérêts stratégiques de ce rapprochement entre Volodymyr Zelensky et Svetlana Tsikhanovskaya

Aujourd’hui, face à l’évolution géopolitique en Europe de l’Est, l’exécutif ukrainien a finalement choisi de franchir le pas. Ce revirement s’explique par la stratégie d’Alexandre Loukachenko, qui tente de rompre son isolement diplomatique. Ce dernier a notamment profité de l’invitation de Donald Trump à siéger au « Conseil de la Paix » pour le règlement de la question palestinienne, ainsi que de la levée progressive de certaines sanctions américaines. Parallèlement, le déploiement de missiles russes Orechnik à capacité nucléaire sur le sol bélarusse constitue une ligne rouge pour Kiev. En renforçant l’opposition, le président ukrainien cherche à rééquilibrer un rapport de force qui pourrait lui devenir défavorable sur le long terme.

Pour les forces démocratiques bélarusses, cette reconnaissance officielle est une victoire majeure. Elle ouvre la voie à un soutien accru de l’Ukraine sous forme de partage de renseignements, d’aide financière et de relais diplomatiques auprès de l’Occident. Dans le contexte des négociations de cessez-le-feu impliquant les États-Unis, la Russie et l’Ukraine, ce rapprochement garantit que les intérêts de l’opposition bélarusse ne seront pas oubliés. Un exemple concret est le sort des volontaires bélarusses capturés par l’armée russe, dont la libération pourrait désormais être intégrée aux accords d’échange de prisonniers.

En conclusion, le retour progressif d’Alexandre Loukachenko dans la sphère occidentale et son rapprochement avec Washington ont paradoxalement accéléré l’alliance entre Kiev et l’opposition bélarusse. De nouvelles rencontres sont déjà prévues, Volodymyr Zelensky a invité Svetlana Tsikhanovskaya à Kiev pour approfondir cette coopération. Bien qu’aucune date n’ait encore été fixée, ce déplacement scellerait définitivement cette nouvelle architecture sécuritaire régionale.

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