Chine : la sécurité énergétique confirmée comme priorité structurante en 2026

Infrastructures de transport d’électricité en Chine, au cœur des enjeux de sécurité énergétique et de modernisation du réseau.
Le 15 décembre 2025, l’Administration nationale de l’énergie (NEA) a tenu en Chine, à Pékin, la Conférence nationale sur le travail énergétique pour 2026, en présence de hauts responsables de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), afin de dresser le bilan de l’année 2025 et de définir les priorités énergétiques pour l’année à venir, avec la sécurité énergétique érigée en axe central de la stratégie nationale dans un contexte de forte croissance de la demande, de tensions sur les réseaux électriques et de transition bas carbone accélérée.
Le communiqué officiel souligne que les principaux objectifs du 14e plan quinquennal de l’énergie sont sur le point d’être atteints et met en avant la résilience du système énergétique chinois en 2025, qualifiée de meilleure depuis le début du cycle quinquennal. La sécurité énergétique est présentée comme ayant été « efficacement garantie », malgré des pics estivaux de consommation d’électricité sans précédent, une pression accrue sur les réseaux et une demande en forte hausse.
Dans ce contexte, les autorités chinoises réaffirment que 2026 devra conjuguer sécurité d’approvisionnement et transition énergétique, sans hiérarchisation explicite en faveur de cette dernière. Les priorités fixées portent sur la consolidation des bases de l’approvisionnement en charbon, l’amélioration de la fiabilité du système électrique, l’augmentation des capacités de production et de transport de pétrole et de gaz, ainsi que le renforcement de la sécurité intrinsèque des infrastructures énergétiques.
Parallèlement, la transition énergétique verte et bas carbone est confirmée comme un objectif central, mais explicitement conditionné à la stabilité du système. Les autorités annoncent la poursuite d’un développement rapide des énergies non fossiles, avec l’ajout annuel de plus de 200 millions de kilowatts de capacités éoliennes et solaires, la progression méthodique des grands projets hydroélectriques et un développement « actif, sûr et ordonné » du nucléaire. La part des énergies non fossiles dans la consommation est appelée à dépasser le seuil de 20 %.
Les conférences de presse de la NEA tenues fin janvier 2026, dont le contenu a été détaillé par le 21st Century Business Herald, précisent que la période actuelle correspond à une phase préparatoire clé du 15e plan quinquennal de l’énergie, dont la publication est attendue au cours du premier semestre. Ces échanges mettent en avant une inflexion stratégique majeure : le dépassement du modèle de développement «isolé» des nouvelles énergies au profit d’un développement intégré et systémique, articulant production, réseaux, stockage et usages.
Selon les responsables de la NEA cités par 21jingji, cette approche vise la construction progressive d’un nouveau système énergétique, capable de soutenir la croissance économique tout en réduisant l’intensité carbone. Elle repose notamment sur le renforcement des mécanismes de consommation d’électricité verte, le développement du raccordement direct à l’électricité verte pour certains secteurs industriels et numériques, l’amélioration de la coordination entre les marchés de l’électricité, du carbone et des certificats verts, ainsi que l’élargissement des usages non électriques des énergies renouvelables (hydrogène, ammoniac, méthanol).
Les reprises par la presse économique chinoise, notamment le Securities Times, confirment cette orientation en soulignant des indicateurs énergétiques record, tels qu’une consommation d’électricité dépassant pour la première fois les 10 000 milliards de kilowattheures en 2025 et une capacité installée totale appelée à franchir 3,8 milliards de kilowatts. Ces données sont mobilisées pour justifier le maintien d’un niveau élevé d’investissement dans les réseaux électriques, considérés comme une condition structurelle de la transition et de la sécurité énergétiques.
Dans l’ensemble, la Conférence nationale sur le travail énergétique 2026 confirme que la stratégie énergétique chinoise reste structurée par une logique de sécurité, de planification et de contrôle étatique, dans laquelle la transition bas carbone est intégrée comme un processus graduel, subordonné à la stabilité du système énergétique et aux impératifs de développement économique.
À propos de l'auteur
Harry Yana
Biographie non renseignée



