Caucase du nord : politiques, sociétés et droits humains – Point de situation au 23/09/23

La semaine politique en Tchétchénie a été marquée par des rumeurs persistantes concernant la santé du président Ramzan Kadyrov. Ces spéculations, largement relayées par les médias occidentaux tels que Le Figaro et The Moscow Times, ont semé le doute quant à son état, voire son décès éventuel. Le Kremlin n’a pas fourni de réconfort, comme en témoignent les déclarations du porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov : «L’administration présidentielle ne peut guère émettre de certificats de santé. Par conséquent, nous ne pouvons rien affirmer à ce sujet».
Cependant, dans son style caractéristique, Ramzan Kadyrov a réfuté ces allégations à travers une vidéo diffusée le 20 septembre, où il était aperçu dans un hôpital de Moscou en train de rendre visite à son oncle. Il s’agit là d’une des multiples rumeurs qui ont circulé depuis plus d’un an concernant la stabilité du président tchétchène. À chaque apparition de R. Kadyrov, des commentaires sur son état physique, notamment son visage particulièrement enflé et ses mains très gonflées, ont alimenté les spéculations. Le 15 septembre dernier, un représentant du principal service de renseignement ukrainien, Andrei Yusov, a déclaré que le président tchétchène était dans un état critique, tandis qu’un défenseur des droits de l’homme, Abubakar Yangulbaev, annonçait quant à lui le décès de «Kadyrov».
Cet événement, bien que peu surprenant, a soulevé deux interrogations essentielles : qu’est-ce qui alimente ces spéculations persistantes ? Et surtout, en cas de disparition de Ramzan Kadyrov, qui serait en mesure de le remplacer ? Ces questions ont été scrupuleusement examinées par le journal en ligne spécialisé «Caucasian Knot».
Selon Oyoub Titiev, militant des droits de l’homme, une éventuelle disparition ne bouleverserait pas fondamentalement la situation en Tchétchénie, car Vladimir Poutine dispose d’une panoplie de candidats potentiels pour succéder à Kadyrov. Le pouvoir en Tchétchénie est largement façonné par le Kremlin.
En revanche, pour Rouslan Kutaev, président de l’Assemblée des peuples du Caucase, un scénario conflictuel pourrait émerger au sein de trois factions tchétchènes. La première est dirigée par Adam Delimkhanov, député à la Douma d’État russe, la deuxième par Mogomed Daudov, président du Parlement tchétchène, et la dernière par Abuzaid Vismuradov, Vice-Premier ministre tchétchène. Rouslan Kutaev a conclu son analyse en soulignant : « Le Kremlin pourrait tenter d’envoyer une personnalité d’importance fédérale afin de préserver le modèle de gestion. Cependant, cette personne devrait jouir d’une autorité telle que les trois groupes la reconnaissent unanimement. »
À propos de l'auteur
Johann Lemaire
Biographie non renseignée



