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VEILLE IRAN – du 4 février au 10 février 2023

Publié le 11/02/2023
7 min de lecture
Par Daniel Marco
Asie de l'ouest et Monde arabe

Cette semaine : Mort de l’ancien président du Pakistan Pervez Musharraf, Le guide suprême de l’Iran décide de libérer des manifestants anti-gouvernementaux arrêtés, Wikipédia de nouveau accessible au Pakistan après plusieurs jours de blocage pour  «  contenu blasphématoire », Le Pakistan affirme qu’il accepte les conditions du FMI pour débloquer le versement de 1,1 milliard de dollars.

05/02/2023: Mort de l’ancien président du Pakistan Pervez Musharraf – Marie Corcelle – 

Pervez Musharraf (1943 – 2023), à la tête du Pakistan après un coup d’État en 1999 et jusqu’en 2008, est décédé à l’âge de 79 ans des suites d’une longue maladie à Dubaï (Émirats arabes unis), où il vivait exilé.

Ce haut gradé-militaire (général 4S) avait fait du Pakistan un allié clef de Washington dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme suite aux attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001. Sous sa direction, le pays a vu sa croissance économique augmenter de manière significative (passage du PIB d’environ 63 milliards de dollars à environ 152 milliards en 2007 selon la Banque mondiale) et émerger une classe moyenne.

À partir de 2007, la cote de popularité du président Musharraf chute. Cette année-là, il décide de révoquer un des juges de la Cour suprême. Suite à cette mise en cause directe de l’ordre judiciaire, le mouvement des avocats secoue le pays. Protestant contre la concentration des pouvoirs de ce dernier et les nombreuses violations de la Constitution, il parvient à fédérer de nombreux partis d’opposition et à galvaniser l’opinion publique.

Toujours en 2007, l’ancienne première ministre et chef de l’opposition Benazir Bhutto ( Parti du peuple pakistanais ) est assassinée. Le président pakistanais est suspecté, comme le rappelle le journal local Dawn. Ayant perdu la confiance de l’opinion publique et les élections face à une coalition de l’opposition, Perez Musharraf démissionne en 2008 et s’exile à Dubaï.

Inculpé dans le cadre du procès concernant l’assassinat de Benazir Bhutto, il ne se présentera jamais au tribunal, et l’affaire n’est toujours pas close, souligne le journal pakistanais The Express Tribune

De nombreux membres de la classe politique pakistanaise ont annoncé leurs condoléances, comme l’ancien premier ministre Imran Khan sur Twitter, le premier ministre actuel Shehbaz Sharif ou encore le président du Pakistan Arif Alvi, rapporte le journal The Express Tribune.

Le corps de l’ancien chef d’État devrait être rapatrié dans les prochains jours.

05/02/2023 : Le guide suprême de l’Iran décide de libérer des manifestants anti-gouvernementaux arrêtés. -Daniel Marco-

Le 05 février, Gholamhossein Mohseni-Ejei, le Chef du pouvoir judiciaire iranien, a demandé une amnistie ou une remise de peine pour des dizaines de milliers de prisonniers dans une lettre adressée à l’ayatollah Khamenei à l’occasion de l’anniversaire de la victoire de la révolution islamique. Le Guide suprême a accepté cette proposition et à cette occasion, des dizaines de milliers de prisonniers, y compris ceux détenus à la suite des récents troubles en Iran, seront amnistiés et verront leur peine réduite grâce à l’Ayatollah Khamenei, informe l’agence de presse en Iran Islamic Republic News Agency (IRNA).

Le communiqué publié sur le site dAyatollah Khamenei  annonce que le guide suprême «a accepté de gracier et de réduire la peine d’un nombre important d’accusés en lien avec des incidents récents ou ayant été condamnés».

Des organisations iraniennes de défense des droits de l’homme, des militants et des avocats ont critiqué le dirigeant du pays pour avoir annoncé une amnistie partielle pour les prisonniers qui ont été détenus lors de manifestations. L’Iran Human Rights Group a immédiatement déclaré dimanche que la déclaration d’amnistie de Khamenei est une démarche «trompeuse», appelant à la libération inconditionnelle de tous les manifestants et à la poursuite en justice des personnes impliquées dans la répression, rapporte Iran International.

RFE/RL rappelle qu’il est de coutume pour le guide suprême d’accorder la grâce à certains détenus avant l’anniversaire de la révolution islamique de 1979. Étant donné que la République islamique est confrontée à l’une des menaces les plus fortes pour le leadership islamique depuis la révolution de 1979, la directive de cette année a donc été faite en réponse.

06/02/2022: Wikipédia de nouveau accessible au Pakistan après plusieurs jours de blocage pour  «  contenu blasphématoire » – Marie Corcelle – 

La célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia était inaccessible au Pakistan depuis vendredi 3 février pour des contenus jugés blasphématoires. L’Autorité des télécommunications pakistanaises avait adressé en amont une requête à la plateforme pour que cette dernière retire les contenus en question. La fondation Wikimédia ( l’organisme chargé de la gestion de Wikipédia ) n’avait pas manqué de réagir à travers une déclaration, affirmant que «l’accès au savoir [ était ] un droit humain» et refusant de s’exécuter.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a alors été informé de la situation dans le week-end, comme l’atteste un document de son Cabinet, relayé par le journal local Dawn. Le chef du gouvernement a décidé dans la foulée de la mise en place d’une commission pour statuer sur la question. La conclusion du  même indique que «Bloquer le site dans son intégralité n’était pas une mesure appropriée pour restreindre l’accès à certains contenus répréhensibles» et que «les conséquences involontaires de cette interdiction générale [l’emportaient] donc sur ses avantages», cite la chaîne nationale Geo News.

Si Wikipédia est donc de nouveau accessible depuis aujourd’hui à travers le pays, un comité interministériel spécial a été créé pour envisager des procédés en vue de supprimer certains types de contenus qui pourrait être blasphématoires, rapporte la chaîne d’information indienne Wionews.

10/02/2023 : Le Pakistan affirme qu’il accepte les conditions du FMI pour débloquer le versement de 1,1 milliard de dollars -Daniel Marco-

Le 10 février 2023, le Fonds monétaire international (FMI) et le Pakistan ont tenté de débloquer un financement de 1,1 milliard de dollars pour éviter la faillite du pays, mais les négociations ont échoué. Les réserves de change du Pakistan ont pratiquement disparu en raison de l’escalade de la crise économique. Le pays dispose aujourd’hui de juste assez de dollars pour couvrir un mois d’importations et s’efforce de rembourser les niveaux extrêmement élevés de sa dette extérieure, rapporte BBC News.

Ishaq Dar, le ministre des finances pakistanais, a déclaré que les «procédures habituelles» étaient à l’origine du retard de paiement, alors qu’une délégation du FMI quittait vendredi le Pakistan à court d’argent après dix jours de négociations avec le gouvernement. Le Pakistan et le FMI avaient convenu d’un plan de renflouement de 6 milliards de dollars en 2019, et un autre milliard de dollars a été ajouté au programme l’année suivante. Depuis décembre, le versement initial de 1,1 milliard de dollars a été retardé, informe Al-Jazeera.

FirstPost note que la crise économique actuelle au Pakistan dure depuis plus de trois ans. Le problème a été aggravé par la suspension par le FMI d’un programme de renflouement en 2020, les fortes pluies de l’année dernière et l’incompétence politique qui pourrait provoquer une crise économique en 2022.

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