Relations entre la Turquie et l’Union européenne – Point de situation au 31/12/2024

Le Conseil des Affaires générales de l’Union européenne a rendu son avis sur les relations avec la Turquie dans ses conclusions sur l’élargissement le 18 décembre, mettant en avant l’importance stratégique d’un « partenariat », tout en insistant sur la nécessité de respecter « certaines valeurs et conditions ». Le Conseil des Affaires générales a salué la reprise des dialogues de haut niveau dans les domaines du commerce, de l’économie, de la politique étrangère et des questions régionales. Il a également souligné que des progrès dans le règlement de la question chypriote, conformément au cadre des Nations Unies, seraient essentiels pour approfondir la coopération entre l’Union européenne et la Turquie.
En ce qui concerne les engagements envers les États membres, le Conseil a rappelé que la Turquie devait normaliser ses relations avec Chypre, reconnaître la souveraineté de tous les États membres et appliquer pleinement le Protocole additionnel à l’accord d’association. Il a également noté les avancées dans les relations avec la Grèce et encouragé leur poursuite. Toutefois, la résolution a insisté sur le respect des principes du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment en ce qui concerne le statut de Varosha.
Sur les questions de droits fondamentaux, le Conseil s’est dit préoccupé par la situation persistante en Turquie, marquée par des atteintes à l’État de droit, des restrictions sur les médias et la société civile, ainsi que des pressions sur le système judiciaire. Il a appelé la Turquie à coopérer davantage avec le Conseil de l’Europe et à exécuter les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme. Ces lacunes posent des questions sur l’engagement de la Turquie envers ses obligations internationales selon le Conseil.
Dans le domaine économique, l’UE a salué les récentes réformes macroéconomiques tout en appelant à une application complète de l’Union douanière, sans discrimination à l’égard des États membres. Le Conseil a également insisté sur la mise en œuvre intégrale de la déclaration UE-Turquie sur la migration et sur la nécessité pour la Turquie de s’aligner davantage sur la politique étrangère et les sanctions européennes, en particulier vis-à-vis de la Russie.
En réponse, le ministère turc des Affaires étrangères a accueilli favorablement certains points, notamment la reconnaissance du rôle stratégique de la Turquie, la reprise des dialogues économiques et les observations sur les efforts en Méditerranée orientale et dans le cadre du conflit Russie-Ukraine. Cependant, le ministère turc a fermement rejeté les critiques du Conseil sur ses dynamiques politiques internes, les qualifiant de partiales et éloignées d’une évaluation objective. La Turquie a également dénoncé la position de l’Union européenne, qu’elle juge « trop alignée » sur les intérêts de la Grèce et de la République de Chypre, tout en ignorant les droits des « Chypriotes turcs ».
Enfin, la Turquie a appelé l’Union européenne à adopter une « nouvelle vision » pour «renforcer les perspectives d’adhésion », en suggérant d’organiser des dialogues de haut niveau sur des « questions stratégiques telles que l’énergie et les transports ». Selon le ministère turc, ces mesures pourraient permettre de surmonter les divergences actuelles et d’approfondir la coopération bilatérale.
À propos de l'auteur
Ikbal Bas
Étudiant en première année de master en affaires européennes à Sorbonne Université, Ikbal est passionné par les politiques régionales, la politique de cohésion européenne, l’élargissement de l’Union européenne ainsi que par les relations entre la Turquie et l’Union européenne. Il a commencé son parcours à Strasbourg pour ses études supérieures, avec l’objectif de mieux comprendre les enjeux européens, et poursuit aujourd’hui ses études à Paris, où il effectue son master pour découvrir de près le milieu européen dans la capitale française.



