Relations entre la Turquie et l’Union européenne – Point de situation au 30/10/2024

Le Chancelier de la République fédérale d’Allemagne, Olaf Scholz, s’est rendu en Turquie le 19 octobre pour une visite de travail. Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a accueilli le chancelier allemand à Istanbul. À l’issue de leur réunion, Olaf Scholz et Recep Tayyip Erdogan ont répondu aux questions de la presse. Les déclarations sur les relations entre l’Allemagne et la Turquie ont été positives, malgré des divergences sur la question israélo-palestinienne.
Le Président turc et le Chancelier fédéral allemand ont exprimé leur satisfaction à l’occasion du centième anniversaire du traité d’amitié germano-turque. Recep Tayyip Erdogan a rappelé que « plus de 3,5 millions de personnes d’origine turque vivent en Allemagne, et que plus de 6 millions de personnes se rendent chaque année en Turquie pour visiter notre pays ». Olaf Scholz a souligné que les deux pays « ont une longue tradition de coopération ». Ainsi, le fait que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays ait atteint 55 milliards d’euros l’année dernière a satisfait les deux dirigeants.
Recep Tayyip Erdogan a exprimé l’espoir de faire progresser la modernisation de l’union douanière et la libéralisation des visas avec l’Union européenne. Il a souligné l’influence de l’Allemagne au sein de l’Union européenne pour avancer sur ces questions. Olaf Scholz a rappelé que les autorités diplomatiques allemandes ont délivré le plus grand nombre de visas aux ressortissants turcs. Il espère que le processus de délivrance des visas s’accélérera grâce à la modernisation des services diplomatiques allemands en Turquie.
Un journaliste a interrogé le Chancelier allemand sur les livraisons d’armes à la Turquie. Olaf Scholz a rappelé que la Turquie est un membre de l’OTAN et que, pour cette raison, « [les deux pays] prennent régulièrement des décisions qui aboutissent à des livraisons spécifiques ». Selon lui, des décisions similaires devraient être prises à l’avenir. Il a aussi exprimé sa gratitude pour la coopération avec la Turquie dans la lutte contre l’immigration clandestine. Recep Tayyip Erdogan a exprimé sa satisfaction pour « la coopération dans l’industrie de l’armement » et a remercié Olaf Scholz pour ses efforts visant à surmonter les difficultés passées.
Sur la question migratoire, Recep Tayyip Erdogan a donné son feu vert pour l’accueil de nouveaux réfugiés en provenance du Liban. Un journaliste a demandé comment la Turquie pourrait accueillir de nouveaux réfugiés malgré la pression de l’opinion publique sur cette question. Selon le Président turc, « si des Libanais venaient en Turquie, nos portes et nos frontières seraient ouvertes ». Olaf Scholz a également défendu sa position sur le rapatriement des criminels en Allemagne. Selon le Chancelier, il est inacceptable d’accueillir des personnes devenues criminelles dans le pays qui leur a accordé un statut de protection.
À propos de la guerre en Ukraine, Olaf Scholz a affirmé que « la Turquie et l’Allemagne se tiennent fermement aux côtés de l’Ukraine ». Il a qualifié « l’agression russe » de menace contre la paix en Europe. D’après le Chancelier fédéral, la Turquie et l’Allemagne « sont d’accord pour agir de manière particulièrement unie et déterminée dans le cadre de l’OTAN ». Recep Tayyip Erdogan ne s’est pas exprimé sur cette question.
Malgré un consensus sur la question ukrainienne, Olaf Scholz et Recep Tayyip Erdogan ont divergé sur les escalades au Moyen-Orient. Le Président turc a critiqué « l’agression israélienne » en déclarant que « nous avons un besoin urgent d’un cessez-le-feu permanent, que l’aide humanitaire devrait être envoyée et qu’il faut exercer des pressions appropriées sur Israël ». Recep Tayyip Erdogan a également rappelé que 50 000 personnes ont perdu la vie dans la région, qualifiant la situation de « génocide israélien ». Le Chancelier allemand a souligné qu’il est nécessaire de pouvoir se défendre contre « l’attaque terroriste du Hamas ». Il a insisté sur la nécessité « d’une désescalade, d’un cessez-le-feu et de politiques communes menant à une solution à deux États » pour apaiser le Moyen-Orient.
À propos de l'auteur
Ikbal Bas
Étudiant en première année de master en affaires européennes à Sorbonne Université, Ikbal est passionné par les politiques régionales, la politique de cohésion européenne, l’élargissement de l’Union européenne ainsi que par les relations entre la Turquie et l’Union européenne. Il a commencé son parcours à Strasbourg pour ses études supérieures, avec l’objectif de mieux comprendre les enjeux européens, et poursuit aujourd’hui ses études à Paris, où il effectue son master pour découvrir de près le milieu européen dans la capitale française.



