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VEILLE SUD-CAUCASE – du 1er au 7 janvier 2022

30/12/2021 : Fin de l’embargo sur les importations turques en Arménie

Mise en place au premier janvier 2021 suite à la défaite militaire de l’Arménie contre l’Azerbaïdjan et prolongée une fois au-delà des six mois autorisés par les règles de l’Union Économique Eurasienne, l’embargo sur les importations turques à destination de l’Arménie a été levé le 30 décembre par le ministère de l’Économie dirigé par Vahan Kerobyan en raison de l’inflation et des difficultés des entreprises arméniennes, la pandémie de COVID-19 n’ayant pas permis à l’Arménie de se tourner vers la Chine en raison des obstacles logistiques.

La première réunion entre la Turquie et l’Arménie aura lieu le 14 janvier à Moscou en présence des deux représentants spéciaux désignés pour normaliser les relations entre les deux pays, à savoir Serdar Kilic, ancien ambassadeur de Turquie en Arménie, et Ruben Rubinian, président du Parlement arménien, tous deux désignés le 15 décembre dernier.

Il est à noter que la compagnie aérienne arménienne FlyOne Armenia a reçu, en décembre, l’autorisation d’opérer des vols Erevan-Istanbul tandis que la compagnie turque Pegasus Airlines est en attente de l’autorisation de la compagnie de l’aviation civile d’Arménie pour commencer à exploiter l’espace aérien arménien à partir de février pour des vols entre les deux villes.

01/01/2022 : L’Arménie quitte le régime commercial préférentiel de l’UE au 1er janvier 2022

Le 1er janvier, l’Arménie quitte le régime commercial préférentiel de l’UE en raison de son classement durant trois années consécutives comme pays à revenu intermédiaire élevé par la Banque Mondiale. L’Arménie était jusqu’ici exonérée de droits de douanes sur plus de 6000 articles du fait de son appartenance au « Système Généralisé de Préférences + » (SGP+) depuis 2009, ce qui lui avait notamment permis d’établir un record d’exportation vers l’UE de 197 millions d’euros en 2019 avant la pandémie de COVID-19. Elle a commencé à commercer avec l’UE sur la base de l’ « accord de partenariat global et renforcé » depuis le 1er mars dernier. Il est néanmoins prévu une baisse de 20 % de ses exportations vers l’UE en 2022.

01/01/2022 : l’Azerbaïdjan prend la présidence du Forum de l’OSCE pour la coopération en matière de sécurité jusqu’en avril 2022

Au 1er janvier, l’Azerbaïdjan prend la présidence du Forum de l’OSCE sur la coopération en matière de sécurité pour une période de quatre mois.

03/01/2022 : Critiques américaines contre le gouvernement géorgien au sujet de la suppression du Service de l’Inspecteur d’État.

Suite à la suppression du Service de l’Inspecteur d’État votée au Parlement géorgien le 30 décembre, le parti au Pouvoir « Rêve Géorgien » a fait l’objet de critiques acerbes de la part de l’ambassade américaine qui l’a accusé de « saper la responsabilité du gouvernement »  et la confiance dans le système judiciaire en nommant un nouveau juge à la Cour Suprême par le biais d’un « processus de sélection défectueux ». Elle a par ailleurs mis en balance les aspirations de la Géorgie à rejoindre l’OTAN et l’UE en rappelant que « des institutions démocratiques fortes et le respect de l’État de droit sont les meilleures défenses contre l’agression russe ». L’ancien ambassadeur américain, Ian Kelly, a également déclaré que le « gouvernement géorgien recherchait le régime à parti unique » et que « les amis de la Géorgie remettaient en question la sincérité des aspirations euro-atlantiques de leur gouvernement ». Ces déclarations ont été qualifiées d’ « injustes » et d’ « erronées » par Irakli Kobakhidze, chef du parti visé, qui a déclaré qu’elles « sapaient la confiance du public géorgien en ses partenaires occidentaux ».

Néanmoins, Wendy Sherman, la secrétaire d’État américaine adjointe, a réaffirmé le 5 janvier, lors d’une conversation téléphonique avec le ministre des affaires étrangères géorgien, David Zalkaliani, le soutien des États-Unis à l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Géorgie tout en assurant que son pays continuerait à faire pression sur la Russie pour le retrait de ses forces des républiques autoproclamées abkhaze et sud-ossète.

03/01/2022 : Manifestations à Gori pour demander la libération des Géorgiens emprisonnés en Ossétie et nouvelle arrestation pour « franchissement illégal de la frontière ».

Le 3 janvier, une manifestation d’habitants de la ville de Gori, a eu lieu pour demander des efforts plus soutenus de leur gouvernement et un surcroît de transparence dans les actions menées concernant la libération de Mamuka Chkhivadze, arrêté par les forces d’occupation russes en Ossétie du sud le 12 décembre dernier. Le 5 janvier, un autre citoyen géorgien, Lasha Khetereli, a été arrêté pour la sixième fois en Ossétie du sud pour « franchissement illégal de la frontière ».

03/01/2022: Discussion téléphonique entre les dirigeants iranien et arménien et lancement d’une nouvelle ligne aérienne Téhéran – Erevan

Le 3 janvier a eu lieu une conversation téléphonique entre le dirigeant iranien, Ibrahim Raïssi, et son homologue arménien, Nikol Pashinian, durant laquelle le soutien iranien à l’intégrité territoriale arménienne a été renouvelé ainsi que l’attachement de l’Iran au règlement du conflit dans le cadre du droit international. Le premier ministre arménien a, quant à lui, félicité, le régime iranien pour sa politique de préservation de l’identité des Arméniens d’Iran. Tous deux se sont accordés sur le renforcement de leur coopération et de leurs échanges économiques. Au 1er janvier, ont notamment été lancés les vols aériens de la compagnie AirTour entre Téhéran et Erevan qui opèrent deux fois par semaine.

04/01/2022 : la Géorgie déclare qu’elle ne participera pas au format 3+3 en Turquie

L’ambassadeur de Géorgie en Turquie, Giorgi Janjgava, a déclaré le 4 janvier que son pays ne participerait pas à la deuxième réunion du format 3+3 sur la résolution du conflit du Karabakh prévu en Turquie, en raison de la présence russe sur cette plate forme de négociations.

05-07/01/2022 : Mobilisation de Nikol Pashinyan sur la crise au Kazakhstan et critique de la société civile arménienne

Suite à une conversation téléphonique de Nikol Pashinian avec le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaiev, qui demandait une intervention de l’OTSC pour lutter contre la « menace terroriste » à laquelle il fait face, qualifiant ainsi les manifestations de masse et les affrontements violents qui ont donné lieu à la démission de son gouvernement le 5 janvier, le premier ministre arménien, lui même parvenu au pouvoir en 2018 à la suite de manifestations de rue, a annoncé le même jour qu’il entamait, en tant que président du Conseil de Sécurité Collective de l’OTSC, des négociations avec les autres membres de l’organisation. Le 6 janvier, il a ainsi signé la décision du gouvernement arménien de participer à l’opération de maintien de la paix de l’OTSC au Kazakhstan, soit une centaine de soldats, dédiés à la protection de sites stratégiques, sur les 2500 prévus au total pour ce déploiement (l’OTSC comprend 3600 soldats de maintien de la paix au total) dirigé par le commandant des troupes aéroportées russes, Andreï Sierdukov.

Cette mobilisation a fait l’objet de vives critiques de la part des partis d’opposition « Parti National Démocratique » et « Décision citoyenne », comme de la société civile arménienne dont les organisations ont dénoncé « un comportement à courte vue », « nuisible à la réputation de l’Arménie » et dommageable aux Arméniens du Kazakhstan dans une déclaration commune le 6 janvier. Armen Grigoryan, secrétaire du conseil de sécurité arménien, a répondu à ces critiques le 7 janvier en expliquant que les États membres de l’OTSC avaient « pour la première fois utilisé les mécanismes existants pour répondre aux situations de crise », en déclarant « nous espérons que, si l’Arménie se trouve dans une telle situation, elle recevra une assistance appropriée » et en précisant qu’au moment de la prise de décision de l’Arménie « il n’y avait pas d’actions révolutionnaires mais des actions terroristes en cours au Kazakhstan ».

De leur côté les ministres des affaires étrangères de l’Organisation des États turciques ont prévu une réunion d’urgence le 11 janvier prochain.

06/01/2021 : Libération sous caution de l’ancien chef d’état major géorgien Giorgi Kalandadze en Allemagne

L’ancien chef d’état major géorgien, Giorgi Kalandadze, arrêté en Allemagne le 19 décembre dernier et pour lequel le Procureur général de Géorgie compte demander l’extradition, pour des charges retenues contre lui d’«emprisonnement illégal » et de « torture » commis en juillet 2012, a été libéré sous caution en Allemagne le 6 janvier.

01-07/01/2021 : Droit de l’Homme en Azerbaïdjan : un ancien prisonnier politique tente de s’immoler vif devant le bâtiment de l’administration présidentielle, un journaliste entame une grève de la faim en prison, et la mère d’un général tué durant la guerre accuse l’État.

Le 1er janvier, Samaya Hashimova, la mère du général Polad Hashimov mort en juillet 2020, a formellement accusé Karim Valiyev, actuel chef d’état major des forces armées azerbaïdjanaises, d’avoir tué son fils durant la dernière guerre contre l’Arménie afin d’obtenir son poste et a pointé également la responsabilité du ministre de la défense, Zakir Hasanov.

Le 6 janvier, le journaliste azerbaïdjanais et rédacteur en chef des sites « xeberman.com » et « press-az.com », emprisonné depuis novembre 2020 pour « haute trahison »a entamé une grève de la faim suite au retard pris dans l’examen de sa plainte auprès de la Cour Suprême.

Le 7 janvier, l’ancien prisonnier politique Giyas Ibrahimov, a tenté de s’immoler devant le bâtiment de l’administration présidentielle à Bakou. Il a été arrêté puis relâché le même jour. Condamné à dix ans de prison avec Bayram Mammadov pour détention de drogue (alors qu’il était connu qu’ils avaient tagué le monument à la gloire de Heydar Aliev à Bakou, le jour de son anniversaire le 10 mai 2016), puis gracié en 2019, il attend depuis deux ans le paiement d’une indemnité de 36 000€ de l’État, montant fixé par la CEDH le 13 février 2020. Le corps de Bayram Mammadov a, quant à lui, été retrouvé le 5 mai dernier dans la mer, à Istanbul avant d’être rapatrié en Azerbaïdjan.

07/01/2021 : Publication du rapport d’autopsie du cameraman géorgien Alexandre Lashkarava suite à son inscription sur la liste de l’UNESCO des journalistes tués en 2021

Suite à la publication, le 6 janvier, de la liste de l’UNESCO des journalistes tués en 2021, sur laquelle figureAlexandre Lakashvara, cameraman, décédé le 11 juillet 2021 des suites de ses blessures, le ministère de l’intérieur géorgien a publié un rapport d’autopsie de 37 pages qui était en sa possession depuis une semaine et visant a prouver que celui ci était décédé d’une overdose d’héroïne, et ce avant même de l’avoir communiqué à la famille du journaliste ou à ses avocats. Après sa mort, plusieurs sites web liés au gouvernement avait déjà évoqué cette piste alors que la famille a rappelé que ce journaliste avait un traitement à base de morphine. Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, a appelé les autorités géorgiennes à « veiller à ce que l’enquête annoncée sur sa mort soit transparente et complète ».

Alexandre Lashkarava couvrait une manifestation LGBT lors de la Tbilissi Pride Week du 5 juillet dernier, lorsqu’il a été attaqué dans les locaux de l’organisation Shame avec une consœur par une vingtaine de personnes, dont des ecclésiastiques selon des témoins oculaires. Les violences de cette journée, exercées par des groupes d’extrême droite anti-homosexuels, et notamment l’agression de 53 journalistes, sont attribuées par de nombreux observateurs aux déclarations ambiguës du premier ministre Irakli Garibashvili avant l’événement accusant les organisateurs de cette « Marche de la Dignité » de « compliquer la situation dans le pays ». L’insuffisance de protection policière du cortège a été largement dénoncée à la suite de ces événements.

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