FrançaisEnglish
  
     
         
Blog

VEILLE UNION EUROPEENNE – Du 9 juillet au 15 juillet 2022

Equipe de veille Union européenne : Amandine Paillette, Yanis Kourrad, Léo Caget, Antoine Bézier, Etienne Mathieu

11/07/2022 : Des investissements records au sommet « Choose France » à Versailles. -Léo Caget-

La 5ème édition des sommets « Choose France » avait lieu à Versailles, lundi 11 juillet. Ces événements ont pour but d’attirer les grandes entreprises étrangères afin de mettre en avant l’attractivité française et capter des investissements étrangers sur le territoire.

Le sommet de lundi est celui qui a enregistré le montant global le plus élevé des dernières années, avec une somme annoncée à 6,7 milliards d’euros, pour plus de 4000 emplois créés, selon l’Elysée. Au total, 14 projets devraient être mis en œuvre dans les années à venir. Parmi eux, un investissement record de 5,7 milliards d’euros est avancé par les sociétés américaine GlobalFoundries, et franco-italienne STMicroelectronics, avec pour objectif la construction d’une usine de semi-conducteurs, à proximité de Grenoble. Ce projet s’ancrerait dans le plan européen « Chips Act », devant permettre à l’UE de redevenir un des leaders mondiaux de la production de semi-conducteurs, tout en renforçant son indépendance vis-à-vis des importations étrangères de ces composants.

Parmi les projets annoncés, les autres concernent des entreprises du secteur des nouvelles technologies (Amadeus, Qualcomm, Ericsson), mais aussi de l’aéronautique (Collins Aerospace, AkzoNobel), de la logistique (Fedex), de l’emploi (Randstad), de la santé (GSK), ou encore du conseil (Accenture). De nombreux dirigeants de grandes entreprises étaient aussi présents (JP Morgan, Coca-Cola, Siemens, …), ainsi que des représentants des fonds souverains des pays du Golfe, du Canada, ou de Corée du Sud.

12/07/2022 : La Croatie signe son entrée dans la zone euro à compter du 1er janvier 2023 -Amandine Paillette-

Le 12 juillet, le Conseil de l’Union européenne adoptait les derniers actes juridiques validant ainsi l’entrée de la Croatie dans la zone euro pour janvier 2023. Une cérémonie de signature a été organisée à Bruxelles, devant la presse internationale. Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission et Paolo Gentiloni, commissaire à l’Economie étaient présents pour l’occasion. Boris Vujčić, Gouverneur de la Banque nationale de Croatie a déclaré lors d’une conférence de presse se tenant à Zagreb dans le même temps «C’est un jour historique pour la Croatie. Cinq années de travail acharné ont porté leurs fruits».

Début mai, la Banque centrale européenne et la Commission s’étaient accordées, jugeant que la Croatie remplissait les conditions nécessaires à l’adoption de la monnaie unique contrairement à son homologue, la Bulgarie. La Croatie est le 21ème État à changer sa monnaie pour l’euro. Jusqu’alors, la devise nationale du pays était la kuna, l’échange se fera au taux de 7,5345 kunas pour 1 euro. Ce changement intervient alors que la devise croate s’était considérablement affaiblie, atteignant la parité avec le dollar.

12/07/2022 : Le Conseil de l’Union européenne débloque un fond supplémentaire d’un milliard d’euros en faveur de l’Ukraine. -Yanis Kourrad-

À la suite de longues négociations, le Conseil de l’Union européenne a approuvé, ce mardi 12 juillet, le versement d’une aide supplémentaire à hauteur d’un milliard d’euros pour l’Ukraine, en raison du contexte de guerre dans laquelle celle-ci est enlisée depuis février dernier. Cette assistance financière s’ajoute à une première effectuée en début d’année, à hauteur de 1,2 milliards d’euros, élevant désormais le montant du soutien macro financier octroyé par l’UE à 2,2 milliards d’euros.

Se caractérisant comme la forme d’un prêt à long terme, afin d’éviter contrecoup sur le budget ukrainien, cette forme d’aide financière permettra ainsi à l’Ukraine de faire face aux nécessités de financement et de reconstruction nécessaires avant de procéder, par la suite, au remboursement complet de cette assistance. Le ministre tchèque des finances, Zbyněk Stanjura, s’est félicité de ce soutien européen en soulignant que « la poursuite de l’aide matérielle et financière n’est pas une option, mais notre devoir ». L’Union européenne a, cependant, rappelé que le versement de cette somme était soumis à l’exigence de transparence quant à l’usage qui sera fait de ces fonds.

Cette nouvelle aide s’inscrit dans la continuité des mécanismes de soutiens financiers menés par l’UE auprès de l’Ukraine sur la période 2014-2021 pendant laquelle Bruxelles a versé près de 5 milliards d’euros sous la forme de prêts.

13/07/2022 : L’Union européenne et le Royaume-Uni commandent 75 millions de doses du futur vaccin Sanofi-GSK. -Yanis Kourrad-

Alors que la septième vague de Covid-19 s’abat en Europe, les laboratoires pharmaceutiques français, Sanofi, et britanniques, GSK, pourraient bientôt pouvoir livrer quelques millions de doses de vaccin aux Européens. En effet, en avril dernier, les deux laboratoires s’étaient associés pour développer un nouveau vaccin destiné à lutter contre la nouvelle forme de coronavirus. Le mois dernier, le fleuron français Sanofi avait communiqué les résultats prometteurs concernant sa dose de rappel à l’égard des variants Bêta et Omicron. Aujourd’hui, l’Union européenne comme le Royaume-Uni ont annoncé une commande de 75 millions de vaccins. Le porte-parole du laboratoire Sanofi a notamment affirmé que « s’il s’avère que le vaccin Sanofi-GSK est le plus efficace contre les nouveaux variants, l’UE pourrait commander plus de doses ». Si les résultats des essais cliniques fixés à début septembre se révèlent concluants, et que ceux-ci sont validés par l’Agence européenne du médicament (EMA), Sanofi et GSK pourraient voir leur campagne de commercialisation débuter à l’automne prochain.

14/07/2022 : La démission du chef du gouvernement italien Mario Draghi est refusée par le président Sergio Mattarella. -Antoine Bézier-

Ce jeudi 14 juillet, le président du Conseil des ministres d’Italie Mario Draghi a annoncé sa démission, mais cette dernière a été refusée par le président de la République italienne Sergio Mattarella. La décision de l’ancien président de la Banque centrale européenne faisait suite au boycott d’un vote de confiance au Sénat par le Mouvement 5 étoiles (M5S), membre de la coalition au pouvoir. Le vote de confiance portait sur un décret-loi dans lequel il était question d’aides adressées aux familles et aux entreprises dans le contexte de la forte inflation, et s’élevant au total à près de 23 milliards d’euros. Le texte prévoyait également des pouvoirs extraordinaires au maire de Rome Roberto Gualtieri pour construire un incinérateur de déchets dans cette ville sinistrée par les problèmes d’ordures. Ce transfert de pouvoirs était inacceptable pour le M5S, qui s’oppose par ailleurs à un projet qu’il estime coûteux et polluant.

Mario Draghi, qui n’avait jusque-là jamais sollicité de mandats électifs, était arrivé au pouvoir au début de l’année 2021 pour constituer une coalition d’unité nationale, à vocation apolitique et censée permettre au pays de faire face à l’urgence pandémique et la crise économique qui s’ensuivit, alors qu’un «scénario grec» était envisagée pour l’économie italienne. Cette coalition rassemble toutes les forces politiques représentées au Parlement italien, à l’exception du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia. Alors même que le président du Conseil italien dispose d’une majorité pour gouverner sans le Mouvement 5 étoiles, il estime ne pas avoir été mandaté pour diriger un gouvernement qui deviendrait «politique» sans le soutien du M5S, et a ainsi présenté sa démission.

Au-delà du désaccord politique, certains analystes prêtent des arrières-pensées électoralistes au M5S, qui chercherait à récupérer de la visibilité après avoir perdu près de 20 % des intentions de votes depuis sa victoire aux dernières élections législatives en 2018. Le parti, fragilisé par les rivalités personnelles et les désaccords internes, notamment à propos de la guerre russo-ukrainienne et de la question des livraisons d’armes, est divisé entre les partisans de Giuseppe Conte, ancien chef du gouvernement et gardien de la ligne originelle du parti incarnée par son fondateur Beppe Grillo, et ceux de Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, qui s’est totalement rallié à Mario Draghi et a fait scission avec environ 50 députés pour créer son propre parti Ensemble pour l’avenir (IPF).

Au lieu d’accepter la démission du chef du gouvernement, le président italien Sergio Mattarella a invité l’ancien patron de la BCE à se présenter devant le Parlement pour un vote de confiance fixé au 20 juillet. Alors que les forces de gauche ont assuré qu’elles lui voteront la confiance, la Ligue de Matteo Salvini pourrait préférer des élections anticipées et la position du Mouvement 5 étoiles demeure imprévisible.

Previous Article

Entretien avec Oliver Wolleh – Berghof Foundation – Dialogue Historique sur le conflit Géorgiens – Abkhazes

Next Article

VEILLE EUROPE DE L’EST – Du 9 juillet au 15 juillet 2022