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VEILLE UNION EUROPEENNE – Du 8 octobre au 14 octobre 2022

Equipe de veille Union européenne : Audrey Moisan, Léo Caget, Yanis Kourrad, Antoine Bézier, Etienne Mathieu

10/10/2022 : Le président sortant écologiste, favoris du scrutin réélu en Autriche. -Audrey Moisan-

Ce dimanche 9 octobre 2022, se sont tenues en Autriche les élections présidentielles fédérales. Celles-ci ont permis une réélection dès le premier tour du président sortant écologiste Van der Bellen, qui a obtenu 56,2% des voix, soit une majorité absolue (ambassade de France à Vienne, die Wiener Zeitung).

Selon les données du Wiener Zeitung, le taux de participation lors des élections s’est élevé à 65,2%, soit un résultat en baisse par comparaison aux précédentes élections de 2016. Le quotidien autrichien, cité par l’ambassade de France et Euronews souligne également le score de 17,9% de Walter Rosenkranz, candidat de l’extrême droite autrichienne, et la force d’opposition qui pourrait se mettre en place face à la coalition réélue ce 10 octobre. 

Der Standard corrobore cette analyse en ajoutant qu’une certaine insatisfaction s’est fait sentir concernant les actions du président nouvellement réélu lors de son précédent mandat. 

Un autre candidat, Dominik Wlazny, arrivé troisième des suffrages, et particulièrement populaire auprès de la jeunesse autrichienne selon die Wiener Zeitung, est fortement analysé par les médias, en raison de cette popularité et de la perspective d’une force d’opposition à la coalition. Dominik Wlazny représente le «Parti de la Bière».

12/10/2022 : Annonces du Président français Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine, la situation tendue entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les manifestations en Iran et les ruptures de livraisons de carburants en France. -Léo Caget-

Lors d’une émission politique diffusée sur la chaîne de télévision française France 2, le Président français Emmanuel Macron s’exprimait sur les grands sujets politiques qui secouent l’actualité internationale.

Une grande partie de son intervention était centrée sur la guerre en Ukraine. Il confirmait à cette occasion la livraison de six canons Caesar supplémentaires, initialement dédiés aux forces danoises, qui s’ajouteraient aux dix-huit canons déjà livrés à l’Ukraine au cours des derniers mois. Il ajoutait que ces livraisons s’accompagneraient de radars et de batteries anti-aériens, confiant aussi que la France fournissait du renseignement à l’Ukraine, sans ajouter de précisions sur ce sujet sensible. Il rappelait aussi le rôle des forces françaises dans la formation de l’armée ukrainienne, et dans le déploiement de forces stratégiques au sein des Etats frontaliers de l’Ukraine membres de l’OTAN, la France étant nation-cadre d’une mission de l’organisation en Roumanie. Interpellé par la journaliste qui l’interviewait sur le risque de menace nucléaire, il indiquait que la France était elle aussi une puissance dotée, insistant toutefois sur l’importance de maintenir une doctrine de dissuasion au sujet de ces armes de destruction massive. Il dénonçait en outre, le rôle déstabilisateur que joue la Biélorussie depuis le début du conflit pour l’Ukraine et l’Union européenne, celle-ci ayant récemment annoncé un groupement militaire commun avec la Russie. En référence à la situation politique tendue en Biélorussie depuis les dernières élections de 2020, il déclarait : «Il y a des fragilités. Et donc à chaque fois que le président Loukachenko décide de s’engager encore davantage dans cette guerre, il le fera contre l’avis d’une bonne partie de son peuple». Enfin, il condamnait de manière plus large les agissements russes dans cette guerre, invitant les protagonistes à revenir à la table des négociations dès que possible.

Dans cette émission était aussi abordée la reprise des violences à la frontière de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Interrogé par la journaliste à ce sujet, Emmanuel Macron rappelait son soutien à l’Arménie dans le conflit qui l’oppose à son voisin : «L’Arménie est un pays avec lequel nous avons un lien unique». Il ajoutait cependant vouloir jouer un rôle de médiation, citant la première rencontre organisée quelques jours plus tôt à Prague entre un Président arménien et un Président turc. Lors de ce premier sommet de la Communauté politique européenne, il avait aussi permis, accompagné du président du Conseil européen Charles Michel, aux présidents azerbaïdjanais et arménien, d’échanger sur le sujet des frontières entre les deux pays, tout en les invitant à accepter une mission de l’Union européenne devant renseigner les infractions commises dans cette zone de tension. Il dénonçait aussi le rôle de déstabilisation que jouaient la Turquie et la Russie dans ce conflit.

Concernant les récentes manifestations en Iran et la répression violente des autorités du pays, il déclarait : «La France condamne les répressions menées par le régime iranien.» Le Président français annonçait apporter tout son soutien aux manifestantes et manifestants qualifiant leur combat d’«universel», pour «les droits des femmes».

Seul sujet de politique intérieure de cette émission, il abordait les ruptures des livraisons de pétrole dans les stations essences des groupes TotalEnergies et ExxonMobil se disant prêt à «réquisitionner» si le dialogue social ne permettait pas de débloquer la situation.

12/10/2022 : Les eurodéputés souhaitent la mise en place d’un cadre cohérent pour l’hydrogène décarboné à l’échelle européenne. -Yanis Kourrad-

Ce mercredi 12 octobre, une lettre signée par plusieurs députés européens réclament à la Commission européenne l’intégration de l’hydrogène bas-carbone dans les objectifs de production d’hydrogène décarboné ainsi que l’accélération de la production domestique. Estimant que le plan RePowerEU de la Commission européenne n’intègre pas suffisamment l’hydrogène bas-carboné, 19 eurodéputés socialistes, centristes et de droite plaident en faveur de l’édition d’un véritable statut pour ce type d’hydrogène. Cette position, partagée par de nombreux États membres de l’UE, est notamment appuyée par la France dont la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, rappelle, dans une lettre adressée à la Commission européenne, que compte tenu de « la priorité absolue de la prochaine décennie pour l’hydrogène, seul compte le contenu carbone de l’hydrogène produit et non le vecteur de production ». 

Par ailleurs, la lettre invite à renforcer le développement de la production d’énergie bas-carbone au sein de l’UE plutôt que d’en importer. Effectivement, la lettre rappelle que « l’UE devrait d’abord s’attacher à développer la capacité nécessaire de production nationale d’hydrogène propre, qu’il provienne de sources renouvelables ou à faible teneur en carbone, avant d’importer toute autre molécule supplémentaire ». 

14/10/2022 : L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qualifie la Russie de régime «terroriste». -Etienne Mathieu-

Le 13 octobre, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une résolution qualifiant le gouvernement russe de régime «terroriste». L’organisation internationale, dont la Russie a été exclue en mars 2022, condamne ainsi la récente escalade dans l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie – notamment l’annexion de quatre oblasts et le bombardement massif par missiles des villes ukrainiennes.

La résolution a été adoptée à l’unanimité, avec 99 voix pour et une abstention – celle du représentant de la Turquie. Le texte rappelle en outre que les Etats membres du Conseil ne reconnaissent pas les référendums d’annexion dans les oblasts en partie occupés par l’armée russe.

L’Assemblée parlementaire affirme en outre que la Douma, la chambre basse du Parlement fédéral russe, n’est plus un partenaire fiable en tant qu’institution parlementaire, pour avoir validé à plusieurs reprises la politique contraire au droit international du président Vladimir Poutine.

14/10/2022 : Suède : accord pour un nouveau gouvernement soutenu par l’extrême droite. -Antoine Bézier-

Les trois partis de la droite suédoise (le Parti modéré de rassemblement de Ulf Kristersson, les Chrétiens-démocrates d’Ebba Busch et les Libéraux de Johan Pehrson) se sont mis d’accord ce 14 octobre pour former un nouveau gouvernement, avec l’appui inédit de l’extrême-droite (les Démocrates de Suède de Jimmie Åkesson).  Un vote pour désigner le nouveau Premier ministre doit avoir lieu lundi, et la nouvelle équipe s’installerait le lendemain.

Au terme d’un rapprochement inédit avec l’extrême droite, grande vainqueur des élections du 11 septembre dernier avec 20,5 % des voix et désormais deuxième majorité du pays avec 73 sièges au Parlement suédois (le Riksdag), la droite revient ainsi au pouvoir en Suède après huit ans de gouvernance sociale-démocrate (France 24). En ajoutant le Parti modéré de rassemblement (68 sièges), les Chrétiens-démocrates (19 sièges) et les Libéraux (16 sièges), la droite détient une majorité absolue étriquée de 176 fauteuils (Euronews). Les Libéraux s’y étant fermement opposés, les Démocrates de Suède ne font pas partie du gouvernement, mais bénéficieront d’un bureau au sein du Rosenbad (bâtiment où siègent le Premier Ministre et le gouvernement à Stockholm) – avec un accès privilégié à un certain nombre de dossiers (RFI). « Nous aurions volontiers aimé voir un gouvernement de majorité dans lequel nous aurions participé. Il est donc très important pour nous que nous ayons une entente globale sur les questions politiques. », a déclaré Jimmie Åkesson (France 24).  

Le nouveau pouvoir a présenté un accord de coalition de 62 pages, le plus détaillé de l’histoire politique de la Suède (RFI). La proposition la plus commentée est la construction de nouveaux réacteurs nucléaires pour faire face à la crise énergétique actuelle et aux besoins croissants du pays en électricité. Six des douze réacteurs suédois avaient été fermés ces dernières années, et ceux encore en activité produisent environ 30 % de l’électricité utilisée aujourd’hui dans le royaume scandinave. De nombreuses mesures présentées par l’extrême droite pendant la campagne sont aussi présentes : extension des pouvoirs de la police dans des quartiers jugés sensibles, durcissement des peines, expulsion des étrangers soupçonnés d’être membres d’un gang, etc. Concernant l’immigration, le nouveau gouvernement souhaite restreindre l’accès au droit de résidence et à la citoyenneté, ainsi que faire baisser drastiquement le nombre de demandeurs d’asile admis en Suède (limité à 900, contre 6400 en 2021).

L’opposition, menée par la première force parlementaire du pays, les sociaux-démocrates de la Première ministre sortante Magdalena Andersson (107 fauteuils),  totalise 173 sièges. Magdalena Andersson espèrerait revenir au pouvoir en cas d’implosion de la coalition de droite (France 24).

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