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VEILLE UNION EUROPEENNE – du 22 janvier au 28 janvier 2022

24/01/2022 : Vers un nouveau soutien financier de l’U.E  à l’Ukraine.

Dans une déclaration en date du 24 janvier, Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne a annoncé un «nouveau paquet d’aide financière» à l’Ukraine. Le 21 janvier, elle rencontrait le président ukrainien, Volodimir Zelenskyy afin d’affirmer le soutien plein et entier de l’Union à l’Ukraine face au comportement de la Fédération de Russie qu’elle estime constituer des « actions agressives ».

A l’issue de cette rencontre, sont prévues différentes mesures d’aides financières qui nécessiteront l’approbation duale du Parlement européen et le Conseil. En premier lieu, une aide macrofinancière à hauteur de 1,2 milliards d’euros est prévue afin de répondre aux besoins de financement ukrainiens liés au conflit perdurant dans la région. Il est primordial de rappeler que depuis 2014, l’Ukraine est en proie à un soulèvement séparatiste dans la région russophone du Donbass à l’Est du pays, et la Crimée, façade stratégique sur la mer Noire a fait l’objet d’une intégration à  la Fédération de Russie. Dans un second temps, l’Union européenne procédera à un versement immédiat de 600 millions d’euros afin de soutenir la modernisation du pays. L’Union, par le biais de la Banque européenne d’investissement (BEI), est un acteur important dans la modernisation de l’Ukraine, plus particulièrement dans l’amélioration son réseau de distribution d’électricité en partenariat avec Ukrenergo, et dans le milieu de la sécurité routière avec des investissements dans de nombreuses villes (Odessa, Dnipro, Kharkiv) permettant notamment un meilleur accès aux transports publics.

Ce seront aussi 120 millions d’euros de subventions que souhaite allouer la Commission, dans le cadre de son aide bilatérale, afin de permettre le renforcement des efforts de l’Ukraine dans la consolidation de son «appareil étatique de même que ses efforts de résilience». Sur le long terme, le soutien financier européen souhaité à l’égard de l’Ukraine devrait s’élever à hauteur de 6 milliards d’euros d’investissements.

25/01/2021 : Devant les commissions parlementaires, les ministres français présentent leurs priorités environnementales pour la présidence française du Conseil

Dans le cadre de la présidence française du Conseil, la France, représentée par ses ministres, a présenté ses ambitions et projets environnementaux devant les eurodéputés du Parlement à Strasbourg le 25 janvier. Lors des questions posées aux différents ministres et face à la crainte des eurodéputés français de l’influence qu’exercent de nombreux lobbies financiers sur l’élaboration des législations financières et fiscales européennes, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire a déclaré qu’une «reprise économique verte et socialement équitable ainsi qu’une meilleure intégration de l’innovation dans le modèle économique de l’UE étaient des priorités absolues». Des priorités importantes puisque la transformation de l’Union européenne en une économie verte est l’un des principaux objectifs du huitième «Programme d’Action pour l’Environnement» guidant l’action de l’Union  en matière environnementale.

De son côté, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, a priorisé la réciprocité des normes de production environnementale et sanitaire pour les produits importés depuis les pays tiers. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de crise majeure du secteur porcin européen se caractérisant notamment par une chute des prix quant aux mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19 sur les services d’alimentation, ainsi que par une baisse des exportations vers les marchés chinois s’expliquant par la propagation de la peste porcine africaine.  De nombreux députés ont demandé la mise en place d’aides européennes à destination des agriculteurs et éleveurs, mais du côté de l’exécutif européen, Janusz Wojciechowski, commissaire européen chargé de l’Agriculture, avait souligné la semaine dernière qu’«avec la reprise qui se profile, il ne faut pas créer l’espoir que les mesures de l’UE peuvent résoudre tous les problèmes».                               

Il est important de rappeler l’existence de nombreux outils mis en place afin de répondre à une telle crise tant au niveau national qu’européen. Les Etats ont la possibilité de mettre en œuvre des mesures nationales ciblées pour le secteur concerné. Sur le plan européen, il s’agit des fonds du Programme de Développement Rural (Feader) de la Politique agricole commune s’élevant à hauteur de 95,5 milliards d’euros pour la période 2021-2027 dont un apport de 8,1 milliards d’euros dans le cadre de l’instrument temporaire de relance NextGenerationEU.

26/01/2022 : La défense de l’espace extra-atmosphérique, nouvelle stratégie de l’Union ?

C’est dans un contexte de course effrénée à l’espace entre grandes puissances que s’est déroulée la 14e conférence spatiale européenne à Bruxelles le 26 janvier. Se projeter par la transformation technologique et contrecarrer une militarisation grandissante de l’espace extra-atmosphérique sont les objectifs de l’Union en la matière. En novembre 2021, la Russie avait procédé à un tir de missile contre un de ses satellites provoquant l’inquiétude quant à la multiplication des débris orbitant autour de la Terre, mais aussi un regain des tensions dans une zone caractérisée par la « Space dominance » des Etats-Unis que la Fédération de Russie comme la Chine, souhaitent affaiblir. Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur a défendu l’espace extra-atmosphérique comme «un domaine qui est de plus en plus contesté. C’est un espace stratégique». Il a ainsi estimé que c’est un espace qui «doit être protégé, qui doit être défendu, aussi pour nous, Européens».

Dans ce cadre, la Commission européenne n’a cessé d’encourager le développement, au niveau européen, de petits lanceurs européens pouvant «apporter de la flexibilité, mais aussi de la réactivité et un coût abordable» a estimé Thierry Breton qui a prédit une augmentation de la demande institutionnelle malgré le scepticisme de certaines industries spatiales et gouvernements européens.

C’est dans cette dynamique que Isar Aerospace a remporté 10 millions d’euros dans le cadre d’un concours du Conseil européen de l’innovation (prix Horizon du Conseil européen de l’innovation – Lanceur spatial à faible coût) affirmant alors le rôle croissant de l’Union dans le soutien à l’industrie européenne du lancement spatial. En effet, la compagnie munichoise a développé un lanceur de petite taille appelé Spectrum dont le premier lancement est prévu au plus tôt fin 2022, et dès lors ouvre la voie à la concurrence européenne dans le domaine des lanceurs spatiaux à bas coût, marché actuellement dominé par les deux géants américains SpaceX et Blue Origin.

Lors de cette 14e conférence, Paraskevi Papantoniou, directrice adjointe pour l’espace à la direction générale de la défense, de l’industrie et de l’espace de la Commission européenne a indiqué que l’exécutif européen a mis à disposition un budget de 65 millions d’euros pour les programmes spatiaux en 2021 et 2022, principalement pour soutenir le développement de technologies de propulsion et de lanceurs réutilisables. Des négociations sont actuellement en cours afin de demander des fonds supplémentaires.

Un proposition a suscité un intérêt particulier à Bruxelles, à savoir la création d’une alliance européenne de lanceurs rassemblant les fournisseurs de services de lancement européens. Thierry Breton a lui-même déclaré que l’annonce officielle de la création de cette alliance européenne serait faite prochainement «afin de définir une feuille de route technologique et une approche européenne globale des lanceurs».  Cette déclaration vient rassurer les partenaires de l’Union, notamment l’Agence spatiale européenne, qui coopérera afin d’élaborer une feuille de route pour le développement des lanceurs à long terme.

27/01/2021 : L’Union européenne met en garde les Etats du Sahel quant à la présence de mercenaires russes sur leurs territoires

A la suite des coups d’Etat permettant l’accès de la junte militaire au pouvoir au Mali et, plus récemment, au Burkina Faso,  l’Union européenne met en garde les pays du Sahel quant à l’emploi de mercenaires russes sur leurs territoires.

L’Union s’est dit prête à imposer des mesures restrictives à l’encontre de quiconque viendra interférer dans le processus de transition démocratique au Mali et dans tout Etat du Sahel. Cette annonce intervient à la suite de la présence confirmée de mercenaires russes du groupe Wagner au Mali peu après la prise du pouvoir par les militaires mutins. Dans le pays voisin, le Burkina Faso, des drapeaux russes ont été vus lors d’une manifestation en faveur de la junte militaire laissant planer la possibilité d’un déploiement des mercenaires russes. Les pouvoirs politiques maliens et burkinabés se sont vus affaiblis face à la colère populaire quant à la gestion de la crise sécuritaire et sociale dont sont victimes les Etats du Sahel, mais aussi par l’accroissement d’une hostilité populaire vis-à-vis des forces européennes et françaises déployées dans le cadre des opérations MINUSMA et Barkhane.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a souligné la «profonde inquiétude de l’Union européenne à la suite du déploiement confirmé de mercenaires russes au Mali et du grand danger que cela représente pour les populations civiles. Les méthodes de ce groupe sont incompatibles avec nos efforts collectifs en matière de sécurité et de développement».

Lors d’un entretien avec son homologue malien Abdoulaye Diop, Josep Borrell a insisté sur le fait que «l’Union européenne veut rester engagée au Mali et au Sahel, mais pas à n’importe quel prix». Rappelons que le mois dernier, l’Union européenne avait imposé des mesures restrictives, en vertu de l’article 215 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, à huit personnes et à trois compagnies pétrolières liées à Wagner, qui est accusé de violations des droits de l’homme en République centrafricaine, en Libye et en Syrie.

28/01/2022 : L’Union européenne vient en aide à la Lituanie face à la Chine en saisissant l’OMC

Suite à son retrait du forum « 17+1 » dans le cadre des nouvelles routes de la soie, et en permettant à Taïwan l’ouverture récente d’un bureau de représentation officiel, la Lituanie s’est vu sanctionnée de mesures de rétorsion par la Chine, le 25 novembre 2021. Ces mesures constituent principalement en une interruption des importations chinoises vers l’Etat balte, bien qu’il réalise moins de 1 % de ses échanges commerciaux avec Pékin.

Cependant, cette crise diplomatique bilatérale a impacté certaines industries européennes se fournissant auprès d’industriels lituaniens, se voyant empêcher d’exporter en Chine. Face à l’inquiétude grandissante de la création d’un potentiel précédent, et d’une perturbation de certains marchés intérieurs, la Commission européenne (avec le plein soutien des Etats membres) a symboliquement saisi l’OMC, jugeant les pratiques chinoises «discriminatoires et illégales» quant aux règles du commerce international.

Afin de réagir à cette décision, Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a estimé qu’«affirmer que la Chine exerce une prétendue coercition contre la Lituanie ne repose sur aucun fondement», et que cette situation relève plutôt d’un contentieux bilatéral, et non «pas une affaire entre la Chine et l’Union européenne».

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