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VEILLE UNION EUROPEENNE – Du 23 juillet au 29 juillet 2022

Equipe de veille Union européenne : Audrey Moisan, Sara Brouwers, Yanis Kourrad, Antoine Bézier, Etienne Mathieu

26/07/2022 : La Grèce plaide pour un nouveau modèle de marché européen de l’électricité -Yanis Kourrad-

En raison de la corrélation entre les prix du gaz et ceux de l’électricité et face au contexte européen de flambée des prix de l’électricité, la Grèce a présenté, ce mardi 26 juillet, sa proposition ambitionnant de diviser en deux le marché de l’électricité : d’une part les énergies renouvelables, l’hydroélectricité et le nucléaire, d’autre part, les énergies fossiles. Cette proposition fait suite au souhait des dirigeants européens qui, en mai dernier, ont annoncé vouloir travailler rapidement quant à l’optimisation des marchés de l’électricité. 

Cependant, cette annonce depuis Athènes a attisé une tension, scindant les Européens entre les partisans et les sceptiques. Ainsi, l’Italie soutient l’initiative qu’elle estime essentielle, encore plus pour ce qui concerne « ce type de découplage ». De même, Chypre perçoit la solution grecque comme une mesure qui « mérite d’être prise en considération ». Dans la même lignée, la France ne s’est pas opposée au projet et la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, s’est même estimée « très intéressée par cette proposition ». 

En revanche, d’autres États européens craignent une fragilité du marché intérieur de l’électricité que le luxembourgeois, Claude Turmes, ministre de l’Énergie, perçoit comme un « atout considérable » et dont il ne faut pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Pareillement, Copenhague s’est montrée réticente quant à cette initiative et le ministre de l’Énergie, Dan Jorgensen, a d’ailleurs défendu que « nous devons vraiment nous assurer que nous ne prenons pas de décisions qui auront des conséquences négatives à long terme et qui ruineront un système qui est crucial pour la transition écologique ». 

Ouverte à la discussion, la Commission européenne envisage le lancement d’une analyse d’impact dont les résultats seront présentés en octobre prochain avant de pouvoir déboucher sur une éventuelle proposition législative qui pourrait poindre début 2023.

26/07/2022 : Le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohammed ben Salmane entame sa première tournée en Europe depuis l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. -Antoine Bézier-

Mardi 26 juillet, Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie Saoudite, se rendait en Grèce et entamait sa première tournée européenne depuis l’assassinat du journaliste  Jamal Khashoggi par un commando saoudien en octobre 2018. Il a ensuite été reçu à Paris par le président français Emmanuel Macron ce jeudi 28 juillet. Depuis le meurtre du journaliste saoudien dissident, qui s’était déroulé dans d’atroces conditions au sein du consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul en Turquie, le dirigeant de facto du royaume jouissait d’un statut relatif de paria sur la scène internationale, et les services de renseignement américains avaient mis en exergue sa responsabilité dans l’opération. 

Le contexte de la guerre russo-ukrainienne et de la crise énergétique mondiale a accéléré la «réhabilitation» progressive de Mohammed ben Salmane, qui avait débuté auparavant, alors que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et le président français Emmanuel Macron s’étaient par exemple rendu en Arabie Saoudite, respectivement en octobre et en décembre 2021. L’invasion russe de l’Ukraine ayant entraîné une hausse considérable des prix du pétrole alimentant l’inflation, Ryad est en effet un des rares acteurs internationaux susceptibles de pouvoir augmenter sa production pétrolière et ainsi stabiliser les cours mondiaux. Les Occidentaux souhaiteraient que le royaume augmente sa production journalière d’or noir d’environ trois millions de barils. Avant Emmanuel Macron, le président des États-Unis Joe Biden avait déjà plaidé cette cause auprès du prince héritier, manifestement sans succès, lors de sa visite en Arabie Saoudite il y a deux semaines.  Ryad est soucieux de ménager ses relations avec Moscou et invoque ses engagements à l’égard des autres pays de l’Opep+, auquel appartient la Russie. Pour l’instant, les autorités saoudiennes avaient seulement annoncé en mai dernier un plan pour augmenter la production pétrolière de 7% d’ici 2026, et le projet nécessite des investissements structurels.

La visite de Mohammed ben Salmane en Grèce s’est soldée par la conclusion d’une série de contrats, notamment dans les domaines de l’énergie et de la défense. Cette relation s’inscrit dans les tensions persistantes entre la Grèce et la Turquie ainsi que la rivalité entre Ryad et Ankara pour la direction du monde musulman sunnite, et Athènes avait notamment fourni des missiles Patriot au royaume en 2021. 

En France, l’accueil du prince héritier d’Arabie Saoudite par Emmanuel Macron, qui s’est caractérisé par un «dîner de travail», a divisé la classe politique. Au-delà de l’affaire Khashoggi, les forces de gauche ont évoqué la situation générale des droits de l’homme dans le royaume. Dans un message rédigé en français et adressé à l’AFP, la fiancée du journaliste tué, Hatice Cengiz, s’est dite «scandalisée» de la décision du président français d’accueillir le dirigeant saoudien. Deux ONG étrangères, dont DAWN, qui avait été fondée par le journaliste sadoudien dissident, ont saisi la justice française et souhaiteraient que le dirigeant du pays comparaisse devant une juge français pour l’assassinat de Jamal Khashoggi. La présidence française a invoqué une «immunité pénale» dont bénéficieraient les personnalités étrangères en visite officielle, ainsi qu’une approche pragmatique et réaliste des relations internationales, justifiée par une conjoncture mondiale exceptionnelle, et a affirmé ne faire aucune concession sur le terrain des droits de l’homme.

26/07/2022 : L’Europe trouve un compromis autour du gaz russe. -Audrey Moisan-

Ce 26 juillet 2022, alors que les sanctions face à la Russie se maintiennent, l’Union européenne est parvenue à trouver un accord entre ses membres vis-à-vis de l’importation de gaz sur son territoire; alors que Gazprom a annoncé ne pas reprendre ses livraisons vers le territoire européen.

Après de longs pourparlers, les 27 sont arrivés à s’accorder sur une réduction  coordonnée de 15% de leur consommation de gaz dans les huit prochains mois. Accord cependant à nuancer, puisqu’il compte de nombreuses exemptions à faire valoir, notamment pour Malte, Chypre, et l’Irlande,trois Etats non-reliés au réseau de gaz russe et bénéficiant d’une dérogation totale automatique de fait, mais également pour l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, la Belgique et la France, qui pourront bénéficier d’une dérogation sous conditions.

Le but de cette réduction est d’économiser 45 milliards de mètre-cube de gaz pour l’hiver et ainsi éviter une pénurie en Europe, alors que la Russie à annoncé réduire encore ses exportations. 45 milliards de mètre-cube équivaudrait à la quantité manquante en cas de fermeture totale du gazoduc par la Russie si l’Europe fait face à un hiver particulièrement rude.

27/07/2022 : Le populisme de nouveau au bord de l’Italie, les candidats aux élections présidentielles conviennent d’un accord. Sara Brouwers-

Ce 27 juillet, la droite représentée par Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi et l’extrême droite, représentée par la Ligue du tribun populiste anti migrants Matteo Salvini et Fratelli d’Italia ont convenus d’un accord relevant des élections législatives prévues en septembre.

Le 14 juillet 2022, Mario Draghi déposait sa démission après le refus du vote de confiance au Parlement du Mouvement 5 étoiles estimant que « le pacte de confiance fondant l’action de ce gouvernement (avait) disparu ». Celle-ci est refusée puis acceptée le lendemain du 20 juillet, lorsqu’il perdait le soutien de la Ligue, du M5S et de Forza Italia, ces derniers s’étant abstenus lors d’un vote de confiance au Sénat. Le gouvernement a été disloqué. De fait, à la suite de l’implosion de la coalition d’unité nationale au Parlement, le président italien a annoncé la dissolution du Sénat et de la Chambre des députés.

Ainsi l’accord passé entre les trois partis reposait sur le fait que « le parti membre de la coalition de centre droit en Italie qui obtiendra le plus de votes lors des élections législatives prévues à l’automne décidera de l’identité du chef de gouvernement si l’alliance remporte le scrutin », a déclaré Giorgia Meloni, dont le parti postfasciste Fratelli d’Italia, le plus extrémiste de tous, est donné en tête des sondages avec 22 %. Selon le politologue Paolo Natale, Giorgia Meloni pourrait être récompensée par l’électorat pour être restée dans l’opposition (notamment par rapport à son refus de rejoindre le gouvernement d’unité nationale créé en février 2021 par Mario Draghi, et celui de Giuseppe Conte, auparavant).

29/07/2022 :  Gaz, des élus français demandent à Bruxelles de renoncer à l’accord avec l’Azerbaïdjan. -Sara Brouwers- 

Une soixantaine d’élus français ont signé une tribune le 29 juillet dans le journal Le Monde pour dénoncer un accord passé entre l’UE et l’Azerbaïdjan le 18 juillet. Afin de pallier la dépendance au gaz de Moscou, 20 milliards de mètres cubes par an seraient ainsi acheminés depuis le pays du Caucase pour approvisionner l’Europe. Mais des voix s’élèvent contre Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, accusant le régime d’Ilham Aliyev de ne pas être démocratique. Certains élus craignent également de tomber dans une nouvelle dépendance, celle au gaz azéri cette fois-ci, et non plus russe.

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