FrançaisEnglish
  
     
         
Blog

VEILLE UNION EUROPEENNE – Du 22 octobre au 28 octobre 2022

Equipe de veille Union européenne : Mathieu Gotteland, Yanis Kourrad, Antoine Bézier, Etienne Mathieu

22/10/2022 : Les ministres allemandes des Affaires étrangères (Verts) et de la Défense (SPD) demandent au ministre des Finances (FDP) de tripler l’aide militaire à l’Ukraine. -Mathieu Gotteland-

Dans une lettre confidentielle dévoilée par l’agence de presse allemande DPA et datée du 22 octobre, les ministres allemandes des Affaires étrangères Annalena Baerbock (Verts) et de la Défense Christine Lambrecht (SPD) ont demandé le triplement de l’aide militaire à l’Ukraine telle qu’elle est prévue dans le budget 2023 actuellement en cours d’élaboration. Ce dernier, qui pour l’instant prévoit à ce titre 697 millions d’euros, devrait être finalisé à la mi-novembre. Christian Lindner, ministre des Finances et président de la FDP (libéraux), avait conditionné sa participation à la coalition gouvernementale à la promesse de ne pas instaurer de nouvelles taxes, de maintenir un budget à l’équilibre et de respecter le frein à la dette. Il avait déjà dû recourir à des «fonds spéciaux» pour respecter les engagements du chancelier Olaf Scholz sur le financement de l’armée et de l’énergie. Cette révélation est intervenue deux jours avant la rencontre entre le ministre ukrainien des Affaires étrangères Denys Shmyhal et le chancelier allemand à Berlin, lors de laquelle a été promise la livraison de trois nouveaux systèmes de défense anti-aériens IRIS-T, pour une enveloppe totale de 500 millions d’euros.

24/10/2022 : Démission du ministre roumain de la Défense, suite à ses commentaires sur la guerre en Ukraine. -Mathieu Gotteland-

Le ministre roumain de la Défense Vasile Dîncu (PSD) a annoncé via Facebook, ce 24 octobre, sa démission. À la tête du ministère depuis novembre 2021, il a dit s’être résolu à cette décision en raison de désaccords récurrents avec le président de la République Klaus Iohannis. Il était cependant sous pression après avoir confié lors d’une intervention télévisée, deux semaines auparavant, que d’après lui la seule chance de paix résidait pour l’Ukraine dans des négociations avec la Russie sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN. Attaqué par l’USR (libéraux), principal parti d’opposition, il avait aussi été critiqué publiquement par le président Iohannis, Marcel Ciolacu, à la tête du PSD (sociaux-démocrates), et le Premier ministre Nicolae Ciucă (PNL, centre-droit). Ce dernier assure l’intérim en attendant que le PSD choisisse un remplaçant plus en phase avec la position officielle du gouvernement, qui est que seule l’Ukraine est en mesure de décider quoi, quand et comment négocier avec la Russie pour mettre fin à la guerre.

25/10/2022 : L’Union européenne lève les sanctions à l’égard de trois fonctionnaires burundais. -Yanis Kourrad-

Ce 25 octobre a été marqué par la déclaration du haut représentant au nom de l’Union européenne d’une levée de sanctions à l’égard de trois fonctionnaires burundais, dont le Premier ministre.

Peuplé de 11 millions d’habitants, ce pays d’Afrique de l’Est avait été au cœur des préoccupations européennes en 2015 quand l’UE avait imposé des mesures restrictives à l’égard de certains politiques burundais qui auraient été responsables d’activités visant à saper la démocratie. Depuis cette période, l’UE avait notamment imposé des restrictions de voyage et un gel des actifs de plusieurs hauts placés burundais. Face aux efforts du gouvernement burundais pour tenter d’assurer l’État de droit, l’UE avait décidé de libérer Gervais Ndirakobuca, Godefroid Bizimana Léonard Ngendakumana, respectivement Premier ministre, conseiller principal au bureau du président et ancien haut fonctionnaire militaire.

Toutefois, un communiqué de presse du Conseil de l’UE a rappelé que l’Union européenne demeurait encore «préoccupée par le fait que les défis majeurs restent non résolus», notamment en ce qui concerne la préservation des droits humains et appelé «le gouvernement burundais à traduire ses engagements en actions efficaces et concrètes». C’est la raison pour laquelle, après réexamen des mesures restrictives à l’égard du Burundi, l’UE a décidé de «renouveler pour un an le régime de mesures restrictives» peut-on lire dans le communiqué de presse et rappelle que ce régime de restrictions peut être amené à évoluer à tout moment.

26/10/2022 : Rencontre entre Emmanuel Macron et Olaf Scholz, sur fond de crise de la relation franco-allemande. -Antoine Bézier-

Ce 26 octobre, le président français Emmanuel Macron a reçu le chancelier allemand Olaf Scholz à l’Élysée, alors que la relation franco-allemande traverse une crise inédite. Cette dernière avait été symbolisée par l’annonce le 19 octobre du report du conseil franco-allemand initialement prévu le 26 octobre à Fontainebleau. Dans un tweet, le chancelier allemand s’est montré satisfait de son entrevue avec le président français : «Ce fut une très bonne et importante discussion aujourd’hui – sur l’approvisionnement énergétique européen, la hausse des prix et les projets d’armement communs».

Des divergences sur différents sujets ont conduit à une détérioration des relations entre Paris et Berlin. Dans le domaine de l’énergie, Paris a mal digéré qu’Olaf Scholz annonce sans concertation avec ses partenaires européens un plan d’aide de 200 milliards d’euros aux particuliers et entreprises face à l’envolée des prix du gaz et de l’électricité, et craint notamment une distorsion de la concurrence en Europe. La France est aussi opposée au projet de gazoduc MidCat entre l’Espagne et la France et soutenu par l’Allemagne. Un communiqué conjoint entre la France, le Portugal et l’Espagne datant du 20 octobre annonce une alternative constituant en la création d’un corridor énergétique vert reliant le Portugal, l’Espagne et la France.

Concernant la défense, Paris a mal vécu la décision allemande d’acquérir une trentaine d’avions de chasse américains F-35 (s’inscrivant dans le plan de réarmement allemand consécutif à l’invasion russe de l’Ukraine), alors que l’industrie française produit le Dassault Rafale et que les deux pays coopèrent dans le cadre du projet SCAF (système de combat aérien du futur). La France s’oppose aussi à un projet de bouclier antimissile à composante israélienne (European Sky Shield Initiative) supervisé par l’Allemagne et soutenu par plus de dix pays européens de l’OTAN ainsi que par la Finlande.

Enfin, en ce qui concerne la vision de l’UE, Olaf Scholz est favorable à un élargissement rapide de l’Union européenne vers l’Est, tandis qu’Emmanuel Macron voit une réforme du mode de fonctionnement de l’UE comme un préalable à tout élargissement.

Previous Article

VEILLE CHINE – Du 22 octobre au 28 octobre 2022

Next Article

VEILLE IRAN – Du 22 Octobre au 28 Octobre 2022