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VEILLE UNION EUROPEENNE – Du 12 novembre au 18 novembre 2022

Equipe de veille Union européenne : Audrey Moisan, Florent Guichard, Yanis Kourrad, Antoine Bézier, Etienne Mathieu

13/11/2022 : Lors du second tour des élections présidentielles la Slovénie a élu sa première femme au poste de présidente. -Florent Guichard-

 Le 13 novembre se déroulait le second tour des élections présidentielles en Slovénie. Ce dernier a vu Natasa Pirc Musar qui se présentait sous l’étiquette indépendante avec le soutien des Verts européens et du parti de la jeunesse être élue avec 53,88% des suffrages exprimés. Elle avait recueilli 26,88% des voix au premier tour. 

Face à elle se présentait Anze Logar, ancien ministre des Affaires étrangères qui était le candidat du Parti Démocrate slovène. Le représentant du parti présidentiel en place s’est vu être défait malgré son large avantage au premier tour (33,95% des suffrages exprimés) avec 46,14% des voix au second tour.

Ce résultat devrait engendrer de lourdes conséquences pour le Parti conservateur qui avait déjà essuyé une lourde défaite lors des élections législatives d’avril. 

L’autre fait majeur de ce scrutin historique est qu’il porte une femme pour la première fois à la présidence de la République de Slovénie. Ce résultat est d’autant plus fort que Natasa Pirc Musar, s’est présentée sans le soutien de quelconque parti établi. Interrogée par l’AFP et Euronews, l’ancienne candidate indiquait également durant la campagne vouloir renforcer le rôle du président en indiquant que “Le président ne peut pas être neutre, il doit avoir une opinion”, et être “une autorité morale” alors que jusqu’à présent ce dernier avait un rôle symbolique.

14/11/2022 : Le Conseil de l’Union Européenne continue ses mesures restrictives face à l’Iran. -Audrey Moisan-

Le 14 novembre 2022, lors du G20 de Bali, l’Union Européenne a pris la décision d’ajouter sur une liste restrictive 29 personnes et 3 entités iraniennes dans le cadre du non-respect des droits de l’Homme par le régime iranien en place.  Cette liste vient s’ajouter à celle publiée le 17 octobre par l’Union, qui nommait 11 personnes et 4 entités pour des mesures restrictives sur le territoire européen. Parmi les sanctionnés, le ministère iranien de l’intérieur (Euractiv, Euronews). 

Ces mesures visant l’Iran sont en réaction trois éléments différents. Le premier concerne les évènements autour de Mahsa Amini et de la question du droit des femmes dans le pays. Le deuxième, se rapportant aux mêmes événements, se positionne vis-à-vis des droits de l’Homme dans leur globalité. Enfin le troisième adopte une approche différente puisqu’il concerne l’envoi des drônes iraniens en soutien à l’armée russe dans le cadre du conflit avec l’Ukraine. (Conseil de l’Union Européenne, Euractiv).

En outre, le G20 a également été pour le conseil de l’Union Européenne l’occasion de rappeler sa position face à l’utilisation d’armes chimiques lors de conflits, et de réaffirmer ses sanctions face aux pays en ayant fait une utilisation manifeste (conseil de l’Union Européenne).

Ces mesures restrictives comprennent notamment une interdiction des visas pour certains des prévenus, ainsi qu’un gel des avoirs.

15/11/2022 : L’explosion d’un missile en Pologne interroge sur l’auteur de cet incident. -Yanis Kourrad-

Le 15 novembre dernier, deux personnes ont perdu la vie à la suite d’un missile qui s’est abattu en Pologne, dans le village de Przewodów, à moins de dix kilomètres de la frontière ukrainienne. Après avoir avancé qu’il s’agissait d’un missile de fabrication russe, le Ministère des affaires étrangères polonais s’est finalement rétracté en demandant aux Polonais de rester calmes et d’annoncer, quelques heures plus tard, qu’il s’agissait peut-être d’un missile issu d’un système de défense S-300 lancé par l’Ukraine sur un missile russe en approche. C’est tout cas ce qui a été rapporté des premières constatations par l’Associated Press et quelques responsables américains qui évoquent le fait qu’il serait « hautement probable » que l’Ukraine soit à l’origine de ce missile.

Néanmoins, ce cas de force à majeure a conduit les ambassadeurs de l’OTAN à se réunir le lendemain, à Bruxelles, à la demande de la Pologne et en vertu de l’article 4 du traité qui donne l’opportunité aux membres de l’organisation politico-militaire de « soulever toute question préoccupante, notamment en ce qui concerne la sécurité d’un pays membre » pour reprendre les termes d’un article publié à ce sujet par le média européen Euractiv

Désireux d’éviter toute confrontation directe, le gouvernement polonais a préféré rappelé dans un discours de presse que « rien n’indiquait qu’il s’agissait d’une attaque personnelle à l’encontre de la Pologne » et qu’il s’agissait probablement d’un « incident isolé ». S’il s’avérait que le missile soit d’origine russe, cela impliquerait une mise en action de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord qui invoque le principe de défense commune et collective qui « reconnaît qu’une attaque armée contre ou un plusieurs pays membres sera considérée comme une attaque dirigée contre tous les pays de l’alliance ». 

À l’échelle européenne, les pays de Visegrad – Hongrie, République tchèque, Slovaquie et la Pologne elle-même – n’ont pas manqué d’afficher un soutien à l’égard de Varsovie. À cet égard, le Premier ministre slovaque, Eduard Heger, a d’ailleurs exprimé, sur Twitter, « la solidarité profonde et le soutien total » de son pays ou encore la Première ministre tchèque Petr Giala, qui s’est dit prête à soutenir « l’allié de l’UE et de l’OTAN » selon un tweet de sa part. 

De même, cet incident n’a pas manqué de faire réagir la communauté internationale conduisant le président américain, Joe Biden, a réunir les dirigeants mondiaux pour évaluer la situation. Alors que le rassemblement du Groupe des 20, plus communément surnommé G20, avait justement lieu les 15 et 16 novembre, le président du Conseil européen, Charles Michel, a invité les dirigeants européens présent à ce sommet de tenir une réunion de coordination. 

Finalement, cet événement a été l’occasion, une fois de plus, de raviver les tensions entre Kiev et Moscou, se rejetant mutuellement la culpabilité de cet incident. Seules les conclusions des enquêtes toujours encore en cours permettront de statuer définitivement.

17/11/2022 : l’UE lance IRIS², un projet de constellation de satellites destiné à sécuriser Internet et les communications. -Antoine Bézier-

Ce 17 novembre, l’Union européenne a donné le coup d’envoi du programme IRIS² (Infrastructure de Résilience et d’Interconnexion Sécurisée par Satellites), qui consiste en une constellation de satellites destinée à la sécurisation de l’Internet et des communications, et qui devra être pleinement opérationnelle en 2027 (Euractiv).  Dans un tweet, le commissaire européen à l’Industrie et à l’Espace Thierry Breton a salué cette information en parlant d’IRIS² comme d’«un grand pas pour notre résilience, et un pas de géant pour notre souveraineté technologique». Dans un article publié sur LinkedIn et présentant le projet en détail, ce dernier a précisé qu’IRIS² devra compléter les constellations existantes Galileo (système de positionnement par satellites) et Copernicus (système d’observation de la Terre) et être au service des citoyens, de la résilience des économies et des armées. Le programme est aussi une réponse à l’influence croissante de la constellation Starlink développée par Elon Musk et son entreprise SpaceX, et le député européen Christophe Grudler, membre du groupe politique d’inspiration libérale Renew Europe, a mis en avant le caractère éthique et durable d’IRIS² par rapport aux autres projets : «Les nouveaux satellites européens IRIS² arrivent ! Face à d’autres constellations, ces satellites seront exemplaires en termes de durabilité spatiale et environnementale.» (Twitter) Thierry Breton a parlé d’un «environnement géostratégique de plus en plus contesté […] dans laquelle l’Union européenne doit garantir ses intérêts essentiels» (LinkedIn), faisant ainsi allusion aux ambitions américaines et chinoises en matière d’espace. Un accord a été trouvé entre la Commission européenne, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen, et le coût du projet a été estimé à 6 milliards d’euros : 2,4 milliards d’euros doivent venir du budget de l’UE, 750 millions de l’Agence spatiale européenne, et le reste devra être pris en charge par le secteur privé (Euractiv).

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