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VEILLE SUD-CAUCASE – du 7 mai au 13 mai 2022

07/05/2022 : L’Azerbaïdjan dément les accusations russes de présence de laboratoires de recherche sur les armes biologiques sur son territoire.

Le service de sécurité de l’Azerbaïdjan a publié le 7 mai un communiqué de presse réfutant les accusations russes de présence de laboratoire de recherche sur des armes biologiques sur son territoire en déclarant : « Ces déclarations, faites sans indiquer aucun fait, suscitent une certaine inquiétude dans la société de notre république. À cet égard, nous notons que de tels centres scientifiques n’ont jamais fonctionné en Azerbaïdjan, aucune recherche n’a été menée qui pourrait nuire à la santé de la population du pays ou des citoyens des États voisins. Il est regrettable que de telles informations, sans demander la position de la partie azerbaïdjanaise, aient été diffusées lors d’événements internationaux, y compris dans une organisation aussi influente que l’ONU. Dans le même temps, compte tenu de nos relations de partenariat, nous exprimons notre volonté de mener des enquêtes pertinentes, au cas où des faits spécifiques sur la question susmentionnée seraient fournis par la partie adverse ». Le 9 mai, Ned Price, porte parole du département d’État américain a déclaré à ce sujet : « Je ne veux pas non plus donner de l’importance à ces mensonges. Nous savons que ce sont des mensonges ».

08/05/2022 : Victoire de Alan Gagloev aux « élections présidentielles » d’Ossétie du sud.

Le second tour des « élections présidentielles » d’Ossétie du sud qui s’est déroulé le 8 mai avec un taux de participation de 73 ,93 % s’est soldé par la victoire d’Alan Gagloev, président du parti d’opposition Nykhas, avec 54,2 % des voix contre le « président » sortant Anatoli Bibilov qui n’a obtenu que 43,30 % des voix, selon les chiffres non encore définitifs en fin de semaine. Le vainqueur a déclaré : « Je suis fier du peuple, du fait que le peuple ait exprimé son opinion et du fait qu’Anatoli Ilitch [Bibilov] ait reconnu [la défaite] aux élections.  Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au peuple pour son soutien et sa confiance.[…] Nous allons former une nouvelle équipe ».

Andreï Rudenko, le vice-ministre des Affaires étrangères russe s’est exprimé sur cette élection en déclarant : « Nous espérons que tout ira bien, y compris en terme de continuité » tandis que Vladimir Dzhabarov, le premier vice président de la commission des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie a déclaré « je pense que le changement de direction n’affectera pas les relations entre l’Ossétie du Sud et Moscou. Les deux candidats sont pro-russes. Le peuple d’Ossétie du Sud a fait son choix ». Le président russe Vladimir Poutine a adressé ses félicitations au vainqueur en déclarant : « J’espère que votre activité à ce poste élevé contribuera au renforcement ultérieur des relations entre nos pays, fondées sur les principes d’alliance et de partenariat stratégique. Pour sa part, la Russie continuera d’apporter un soutien global à ses amis sud-ossètes dans la résolution des problèmes urgents de développement socio-économique, ainsi que dans la garantie de la sécurité nationale ». Selon le député russe Leonid Kalachnikov, président de la commission de la Douma d’État sur les affaires de la CEI, l’intégration eurasienne et les relations avec les compatriotes, l’Ossétie du sud ne devrait pas précipiter le référendum sur la « réunification du pays ». Il a ainsi déclaré : « Quant au référendum, cela reste leur volonté. Cela dit, je pense que Gagloev va attendre maintenant, contrairement au [leader sortant Anatoli] Bibilov […]   Même s’il [Alan Gagloev] a annoncé qu’il était prêt à organiser un tel référendum, cela ne dépend même pas d’eux, mais de la Russie, de la volonté de la Russie et de la Biélorussie d’étendre l’État de l’Union ».

Ces élections ont fait l’objet des critiques du ministère des Affaires étrangères géorgien dénonçant un « soi disant second tour des élections présidentielles » et affirmant : «  ces actions illégales violent les principes et normes fondamentaux du droit international et portent gravement atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Sous l’occupation russe et le contrôle effectif du terrain, aucune élection n’aura de conséquences juridiques tant que des centaines de milliers de réfugiés et de personnes déplacées expulsés d’Abkhazie et de Tskhinvali à la suite du nettoyage ethnique des Géorgiens seront toujours privés de la possibilité de rentrer chez eux en toute sécurité et avec les droits fondamentaux et les libertés qui sont gravement bafouées. Le contrôle effectif de la Russie sur les régions occupées de Géorgie et sa responsabilité dans les violations des droits de l’homme sont clairement confirmés par la décision de la Cour européenne des droits de l’homme du 21 janvier 2021 ».

Le 10 mai, Alan Gagloev a annoncé la date de son investiture après le 20 mai prochain « car le 20 mai, nous commémorons la tragédie de Zar. Ce serait une erreur de tenir une inauguration un jour tragique » a-t-il précisé. La « Commission électorale centrale » d’Ossétie du sud a approuvé le 13 mai le paquet de documents soumis par « le groupe d’initiative soutenant le référendum » comme étant « en conformité […] avec les exigences de la loi constitutionnelle ».

09/05/2022 : Célébrations de la fin de la 2nde guerre mondiale dans le sud-Caucase.

A l’occasion du 77ème anniversaire de la « Grande guerre patriotique », Nikol Pachinian, Premier ministre arménien, a prononcé un discours le 9 mai dans il a rappelé le chiffre de 300 000 morts arméniens et l’engagement d’un demi million de soldats au sein de l’armée soviétique. Il a ainsi déclaré : «Avec la victoire dans la guerre, l’humanité civilisée a dit non à l’un des plus grands maux, le fascisme » tout en établissant un parallèle avec la dernière guerre contre l’Azerbaïdjan : « C’était l’esprit héroïque de nos grands-pères et pères dans la Grande Guerre patriotique, la Seconde Guerre mondiale, qui a fusionné avec l’esprit de volontariat au début des années 1990, devenant le garant de la victoire dans la lutte pour la survie de l’Artsakh, la Première Guerre d’Artsakh, la libération de Shushi. […] Le sang de nos martyrs qui ont donné leur vie à la Patrie ne doit pas être oublié ; la plus grande reconnaissance de leur travail devrait être le renforcement de l’État arménien, la pleine réalisation des droits des Arméniens d’Artsakh, le développement pacifique de nos générations et la coexistence régionale pacifique, qui est la seule garantie de sécurité fiable de l’Artsakh et de l’Arménie […] Nous n’avons pas toujours été capables de transformer des victoires sur le champ de bataille en victoires dans la vie. Nous devons être capables de transformer nos échecs sur le champ de bataille en victoires dans les domaines de l’éducation, de la science, de l’industrie, de l’économie, de la politique étrangère, dont le résultat ultime doit être une paix durable et stable, un règlement global du conflit du Haut-Karabakh ».

De son côté, Arayik Haroutiounian, « président du Nagorno-Karabakh » a déclaré : « Au nom des autorités de la République d’Artsakh et en mon nom propre, j’adresse mes sincères félicitations pour ces célébrations précieuses et chéries et je rends hommage à la mémoire de tous nos martyrs qui ont consacré leur vie à la défense de la patrie, à leur familles et proches. Pour le bien de la mémoire sacrée de nos héroïques grands-pères, pères et fils, et pour le bien des générations à venir, l’Artsakh doit toujours être arménien et imprenable ».

En Géorgie, le même jour, les dirigeants géorgiens parmi lesquels, le Premier ministre, Irakli Garibashvili, le ministre de la Défense, Juansher Burchuladze, et le ministre de l’Intérieur Vakhtank Gomelauri, se sont réunis avec plusieurs anciens combattants à Tbilissi (qui sont au nombre de 172 dans tous le pays) où ils ont déposé des  couronnes au mémorial de Meliton Kantaria, un soldat géorgien ayant hissé le drapeau soviétique au sommet du Reichstag en 1945. Si le Premier ministre a évité d’aborder le sujet des nombreuses demandes de déplacement de cette cérémonie au 8 mai, les vétérans se sont largement répandus en propos en faveur de l’Ukraine auprès des médias.

En Azerbaïdjan, le président Ilham Aliev s’est  rendu sur la tombe du héros de l’Union soviétique et général de division des forces blindées, Hazi Aslanov, pour y déposer une gerbe de fleurs. Le site de la présidence déclare que « Le peuple azerbaïdjanais a apporté une contribution significative à la victoire historique sur le fascisme. Le peuple azerbaïdjanais, qui a joué un rôle énorme dans l’obtention de cette victoire, a envoyé 600 000 de ses fils et filles au front. Plus de 300 000 d’entre eux sont morts héroïquement dans des batailles […] Pour la deuxième année consécutive, le peuple azerbaïdjanais célèbre la victoire sur le fascisme dans la guerre de 1941-1945 avec une double fierté après la victoire dans la guerre patriotique de 44 jours. La justice à laquelle notre peuple aspirait depuis 30 ans a finalement triomphé et l’Azerbaïdjan a restauré son intégrité territoriale à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues […] La mémoire de tous nos fils et filles qui sont morts dans la lutte pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et dans la guerre de 1941-1945 vivra à jamais dans le cœur du peuple ».

10/05/2022 : Commentaires du ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais sur le processus de résolution du conflit avec l’Arménie.

Djeyhoun Bayramov, le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais s’est exprimé le 10 mai sur le processus de résolution du conflit avec l’Arménie. Il a ainsi décrit les manifestations anti-gouvernementales arméniennes : « Ceux qui organisent des manifestations en Arménie […] sont connus de la société arménienne, […] ce sont les gens qui ont fait de fausses promesses au peuple arménien pendant de nombreuses années, près de 30 ans, vivant dans des illusions, ce sont eux qui ont amené l’Arménie dans l’abîme aujourd’hui ». Il a abordé la volonté arménienne d’organiser des pourparlers de paix avec l’implication du groupe de Minsk en expliquant que « cela se [produisait] à un moment où, sur fond d’événements autour de l’Ukraine, il n’y a aucun lien entre les coprésidents du groupe de Minsk, et ses activités sont paralysées ».

Par ailleurs, il a annoncé que la dernière réunion qui s’est tenue à Bruxelles le 6 mai avait mené à la décision de la création d’une commission sur la délimitation des frontières dont la première réunion devrait être tenue fin avril et qui devrait, sur proposition azerbaïdjanaise acceptée par la partie arménienne, être organisée au niveau du vice-Premier ministre.

Concernant l’annonce le 5 mai dernier du secrétaire du Conseil de sécurité arménien, Armen Grigorian, selon laquelle l’Arménie aurait proposé 6 points (en réponse à la proposition en 5 points de l’Azerbaïdjan, jugée par l’Arménie comme « n’étant pas inacceptable »), et que l’Arménie proposait de réunir les deux paquets en 5+6 points de façon à démarrer les négociations pour un traité de paix, Djeyhoun Bayramov a répondu « Tout le monde a vu le document présenté par l’Arménie. En regardant le document, il semble que celles-ci ne peuvent pas être qualifiées de propositions. Lorsque ce document a été présenté, le document de la partie arménienne se présentait sous la forme d’une réaction aux propositions de l’Azerbaïdjan. Je peux énumérer certains des points de ces 6 propositions, et vous pouvez juger vous-même à quel point cela peut être appelé une proposition ».

Le vice-ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, Khalaf Khalafov, a annoncé le même jour que « La restitution des sept villages du district de Qazax [frontalier de la province arménienne de Tavoush] et de Karki [frontalier du Nakhitchevan] [serait] effectuée dans le cadre du processus de délimitation ». Il a ainsi déclaré : « L’Arménie ne peut pas dire que ces territoires ne sont pas le territoire de l’Azerbaïdjan. Ces territoires sont les territoires de l’Azerbaïdjan. Étant donné que la restitution de ces territoires à l’Azerbaïdjan nécessite un processus de délimitation, la question sera examinée dans ce contexte. Le retour de ces territoires à l’Azerbaïdjan sera discuté et résolu ».

Les accusations réciproques de violation du cessez-le feu se sont succédées toutes la semaine depuis le 7 mai, quand le ministre de la défense arménien a accusé la partie azerbaïdjanaise de violation du cessez-le feu, notamment en direction de la mine d’or de Sotk, information démentie par le ministère de la Défense azerbaïdjanais. A son tour, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a dénoncé la violation du cessez-le-feu par l’Arménie le 10 mai et des tirs en direction de la colonie de Yukhari Ayrim dans le district de Kelbajar, information également démentie par la partie arménienne, puis a réitéré ces accusations le 12 mai, concernant des tirs dans la même direction ainsi que vers la colonie de Zaylik dans le même district.

10/05/2022 : Déclarations polémiques du président du parti « Rêve géorgien » au sujet de retard de paiement des dommages et iintérêts du Crédit Suisse à l’ancien Premier ministre Bidzina Ivanishvili.

Les retards signalés dans le paiement des dommages-intérêts s’élevant à 600 millions de dollars par le Crédit Suisse au milliardaire Bidzina Ivanishvili, ancien Premier ministre géorgien et fondateur du parti au pouvoir « Rêve géorgien » ont été qualifié le 10 mai par l’actuel président de ce parti de « résultat de la coordination de certaines forces, qui veulent que la Géorgie s’implique dans la guerre ». « Si quelqu’un essaie de ramener Bidzina Ivanishvili dans la politique géorgienne contre son gré, afin que le pays s’implique dans une guerre, je considère cela pour le moins inacceptable et fondamentalement faux. Si quelqu’un fait une telle tentative, c’est qu’il ne connaît pas bien Bidzina Ivanishvili » a-t-il déclaré. Plusieurs figures géorgiennes soutenant le parti au pouvoir ont plus directement désigné les États-Unis. L’ambassadrice des États-Unis en Géorgie, Kelly Gegnan, a réagi le lendemain en déclarant : « Je pense que les commentaires qui n’ont aucun fondement dans les faits, qui sont dits d’une manière qui crée la confusion dans le public, sont très inutiles […] C’est le genre de désinformation qui, je pense, finit par créer de la confusion et finalement diviser les gens ».

11/05/2022 : Commentaires du Premier ministre arménien sur le processus de résolution du conflit avec l’Azerbaïdjan.

Nikol Pachinian, Premier ministre arménien, s’est exprimé au sujet du processus de résolution du conflit avec l’Azerbaïdjan, le 11 mai depuis l‘Institut néerlandais des relations internationales de Clingendale aux Pays Bas. Après avoir abordé la question du retour des prisonniers de guerre en déclarant : « Soit dit en passant, la dernière fois, le président azerbaïdjanais a promis en présence du président du Conseil européen de libérer un autre groupe de prisonniers, mais jusqu’à présent, cela ne s’est pas produit […] lorsque j’ai personnellement pris la décision politique de ne pas tenir ce type de marchandage et que nous avons remis à l’Azerbaïdjan toutes les cartes des mines que nous avions, en espérant qu’une étape humanitaire serait suivie d’une étape humanitaire» et vivement critiqué la diplomatie azerbaïdjanaise en ces termes : « la tâche principale de la diplomatie azerbaïdjanaise ces derniers mois est la suivante : déclarer dans l’UE que l’Arménie est un pays pro-russe, et déclarer en Russie que l’Arménie est un pays pro-occidental. Parfois, ils disent même qu’il y a en Arménie un gouvernement nommé par l’Occident à travers une révolution de couleur, qui agit contre la Russie », Nikol Pachinian a décrit l’approche azerbaïdjanaise des négociations en déclarant: « l’Azerbaïdjan a adopté une politique […] qui peut être formulée comme suit : « le Karabakh sans les Arméniens » » en dénonçant des méthodes telles que « l’utilisation de haut-parleurs par les forces armées azerbaïdjanaises près des villages arméniens du Haut-Karabakh appelant leurs habitants à quitter leurs maisons, […] éclairant les maisons des villages arméniens du Karabakh avec de fortes lumières la nuit, ou jouer avec des haut-parleurs l’appel musulman à la prière, l’azan musulman, […] qui, en fait, est un simple exemple de terrorisme religieux […] et une autre tentative de réintroduire le facteur religieux dans la zone de conflit du Haut-Karabakh ». Il a ainsi tenu à clarifier son approche : « Notre perception est complètement différente : la question du Haut-Karabakh n’est pas du tout une question territoriale, comme l’Azerbaïdjan a essayé de la présenter, la question du Haut-Karabakh concerne […] la protection des droits des Arméniens du Haut-Karabakh ».

Il a ainsi déclaré au sujet de la création d’une commission de délimitation des frontières : « En examinant ces propositions [les 5 points azerbaïdjanais], nous avons vu qu’elles n’avaient rien d’inacceptable pour nous, mais nous avons constaté que ces points ne couvraient pas tout l’ordre du jour de nos relations. Et nous avons complété l’ordre du jour en incluant les questions des droits de sécurité des Arméniens du Haut-Karabakh et du statut final du Haut-Karabakh. […] De retour de Bruxelles, j’ai dit que nous étions parvenus à un accord et, en fait, la partie azerbaïdjanaise l’a également annoncé. Mais plus tard, il y a eu des déclarations de l’Azerbaïdjan qui ont donné l’impression que seules les propositions de l’Azerbaïdjan seraient sur la table, […] ce qui ne correspond pas aux accords auxquels nous sommes parvenus à Bruxelles ». Le même jour, le vice-Premier ministre arménien, Mher Grigorian, a confirmé que des discussions étaient en cours pour placer les vice-premiers ministres à la tête de la commission sur la délimitation des frontières.

Le même jour, Ilham Aliev, le président azerbaïdjanais s’est entretenu avec Anthony Blinken, le secrétaire d’État américain. Suite à cette conversation, l’administration présidentielle a avancé que le président avait déclaré que « l’Arménie avait accepté les cinq principes présentés par l’Azerbaïdjan pour normaliser les relations avec l’Arménie et que l’Azerbaïdjan était prêt à entamer des négociations sur un accord de paix basé sur ces principes ».

La veille, le vice-président de l’Assemblée nationale, et représentant de l’opposition “Fédération révolutionnaire arménienne”, Ishkhan Saghatelian, avait déclaré dans les manifestations à Erevan : « Nous avons déjà dit que ce n’est pas seulement une question relative à l’Artsakh, c’est une lutte existentielle. Nous avons dit qu’après la perte de l’Artsakh, nous perdrions Siounik, Gegharkunik et l’État. Par conséquent, nous disons que nous irons jusqu’au bout. Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan a répété exactement la même chose que Nikol et son régime. Selon eux, pas plus de 5 000 personnes participent aux manifestations, nous nous battons prétendument pour le pouvoir, etc. Leurs textes sont écrits au même endroit, ils poursuivent les mêmes buts. Nous enverrons Nikol et Aliev en enfer. L’Artsakh ne fera jamais partie de l’Azerbaïdjan ! ».

Le 12 mai, les déclarations de Nikol Pachinian concernant les sujets humanitaires ont fait l’objet de mises au point de la part de la partie azerbaïdjanaise en ces termes : « Les allégations sans fondement faites par le Premier ministre arménien contre l’Azerbaïdjan […] montrent que les dirigeants arméniens sont loin d’être sincères sur la question de la normalisation des relations entre les deux pays. Tout d’abord, […] lorsque la question a été portée à l’attention de la communauté internationale […], la partie arménienne a nié l’existence de cartes de mines dans leur ensemble. Ensuite, face à la position de la communauté internationale sur la question, l’Arménie a présenté les cartes des mines à l’Azerbaïdjan en paquets, et la précision des cartes était d’environ 25 %. D’une manière générale, il serait erroné de qualifier le transfert de cartes de mines par l’Arménie de geste humanitaire, car il s’agissait d’une obligation de l’Arménie en vertu du droit international humanitaire à la suite de la signature de la déclaration tripartite. Depuis la signature de la déclaration trilatérale le 10 novembre 2020, 219 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées ou blessées par des mines terrestres. Malheureusement, nos concitoyens sont régulièrement victimes de mines terrestres, y compris après le transfert de cartes par la partie arménienne, ainsi qu’après la rencontre des deux dirigeants à Bruxelles ».

12/05/2022 : Déplacement des ministres des Affaires étrangères azerbaïdjanais et arménien à Douchanbé pour le Conseil des ministres de la Communauté des États Indépendants (CEI).

Les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais, Ararat Mirzoyan et Djeihoun Bayramov, se sont rendus les 12 et 13 mai à Douchanbé pour le Conseil des ministres de la Communauté des États Indépendants (CEI). A cette occasion, des réunions bilatérales séparées et une réunion trilatérale a eu lieu entre les deux ministres et leur homologue russe, Sergueï Lavrov. Ararat Mirzoyan aurait ainsi déclaré à son homologue russe : «  Je voudrais vous informer que nous avons discuté avec nos collègues azerbaïdjanais de la question de la création d’une commission sur la délimitation et la sécurité des frontières. Et il semble qu’il y ait un accord avec le vice-Premier ministre Overchuk selon lequel il y aura une réunion à Moscou les 16 et 17 mai sur les communications, et il y a également un accord selon lequel une réunion bilatérale sur la délimitation et la sécurité des frontières sera organisée en même temps à Moscou », information démentie par la partie azerbaïdjanaise. Djeyhoun Bayramov a déclaré à cette occasion que les présidents et le format des commissions nationales pour la délimitation des frontières entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie avaient été déterminés

Sergueï Lavrov a déclaré lors d’un point presse à la suite de la réunion : « Nous ne pouvions pas éviter de parler des conséquences négatives des actions absolument inacceptables de l’Occident dans ce qui se passe en Ukraine dans le cadre de notre opération militaire spéciale. Nous avons fait un compte rendu détaillé de la situation. Avec nos collègues biélorusses, kazakhs et autres, nous avons exprimé notre rejet des actions unilatérales visant à l’effondrement des liens économiques, commerciaux, logistiques et de transport existants. Tous ont souligné l’inadmissibilité d’adopter des sanctions unilatérales en contournant le Conseil de sécurité de l’ONU ».

Le 12 mai, Alexeï Overchuk, vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, et Andreï Rudenko, vice-ministre des Affaires étrangères, étaient en visite à Erevan pour rencontrer le Premier ministre Nikol Pachinian et le vice-Premier ministre Mher Grigorian avec lesquels ils ont discuté de la « nécessité de résoudre tous les problèmes juridiques, les questions de procédure » dans le cadre du groupe de travail trilatéral.

12/05/2022 : Un citoyen géorgien condamné à 5 an et demi de prison en Ossétie du sud.

Le service de sécurité de l’État géorgien a fait état le 12 mai de la condamnation en Ossétie du sud de Mamuka Chkhikvadze, citoyen géorgien et ancien militaire arrêté le 12 décembre dernier près du village de Zemo Nikozi, à 5 ans et 6 mois de prison.

13/05/2022 : le “ministère des Affaires étrangères” abkhaze met fin à un projet de l’ONG Action contre la Faim

Suite à une réunion à Gali le 13 mai entre les représentants des ONG travaillant en Abkhazie avec le « ministre des Affaires étrangères », Inal Arzinba, le « ministre de la Justice », Anri Bartsits, le «président du service de sécurité de l’État », Robert Kiut, et le « chef de l’administration du district de Gali » Konstantin Pilia, la décision a été prise de mettre fin à la mise en œuvre du projet d’Action contre la Faim « Améliorer la gouvernance locale par des approches de développement inclusif », ce qui a été justifié dans la déclaration suivante : « le questionnaire soumis au ministère pour l’approbation du projet […] contenait des informations incomplètes, ce qui constitue une violation des règles de soumission des questionnaires pour l’approbation du projet. […] Le ministère des Affaires étrangères considère cela comme une dissimulation de données exactes. […] cela concerne une partie du projet qui prévoit l’implication de représentants de la jeunesse d’Abkhazie et de Géorgie dans le soi-disant dialogue interculturel par le biais de formations et de séminaires conjoints en Moldavie, Autriche et Arménie. […] De telles initiatives sont de nature purement politique et visent à promouvoir les buts et objectifs déclarés par le gouvernement géorgien dans les programmes officiels concernant la République d’Abkhazie. […] Nous appelons toutes les organisations non gouvernementales internationales à respecter le principe de transparence dans la mise en œuvre des projets et à s’abstenir d’aller au-delà d’une approche humanitaire ».

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