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VEILLE SUD-CAUCASE – du 24 septembre au 30 septembre 2022

25/09/2022 : L’Arménie accusée d’avoir livré deux prisonniers kurdes à la Turquie

Suite à l’annonce par des médias turcs de l’arrestation de deux combattants du PKK ( Parti des Travailleurs du Kurdistan), Attila Cicek et Hussein Yildirim, et l’accusation de «trahison» adressée par les médias kurdes au gouvernement arménien, ou de «kidnapping illégal» par le député d’opposition appartenant à la FRA, Gegham Manoukian, les services de sécurité arménien ont nié leur implication dans le transfert présumé de ces deux personnes en expliquant que cela «ne [relevait] pas de la compétence de [leur] service» de même que le ministère de la Justice. Le KCK (Union des communautés du Kurdistan) a sévèrement critiqué le gouvernement Pachinian en déclarant L’attitude du gouvernement Pashinyan porte un grand préjudice à la cause du peuple arménien et à sa lutte pour l’existence… En tant que Mouvement kurde pour la liberté, nous appelons le gouvernement Pachinian à renoncer immédiatement à ses relations de collaboration avec l’État turc colonialiste génocidaire et à présenter ses excuses aux peuples arménien et kurde pour cet incident».

26/09/2022 : Rencontre du Premier ministre arménien avec le président français.

Suite à la rencontre entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian à Paris le 26 septembre, la vidéo de l’Élysée fait part de la déclaration conjointe des deux responsables. Emmnuel Macron a déclaré : «l‘Arménie a été une nouvelle fois endeuillée par des affrontements armés les 13 et 14 septembre et la situation demeure très critique sur le terrain. […] Le territoire de l’Arménie a été visé, des infrastructures civiles ont été détruites. Face à cette situation inacceptable, la France a pris ses responsabilités. Alors qu’elle en assurait la présidence, elle a saisi le Conseil de sécurité où la situation à la frontière a été évoquée à deux reprises, les 14 et 15 septembre derniers. Les membres du Conseil ont demandé l’arrêt immédiat des hostilités et le respect du cessez-le-feu. Puisque des positions ont été conquises, la France a demandé que les forces azerbaïdjanaises reviennent à leurs positions initiales. Je l’ai dit dès le 14 septembre au Président Aliyev: le fait que la frontière ne soit pas délimitée ne saurait justifier des avancées sur le territoire de l’autre pays. […] . Ces négociations,d’ailleurs, ont lieu dans différents formats, notamment sous les auspices de l’Union européenne, elles doivent reprendre. Je n’oublie pas qu’il y a tout juste deux ans, le 27 septembre 2020, a débuté une guerre terrible, qui a ensanglanté la région. Elle a abouti à un nouvel état de fait, avec une présence accrue de l’armée russe dans la région. Je veux ici, tout en condamnant très fermement ce qui s’est passé ces derniers jours, et en appelant donc au retour au calme, à la situation ante, à la reprise des négociations, je veux saluer ici le courage du Premier Ministre Pashinyan, qui a proposé une nouvelle approche concernant l’avenir de la région. Le Président Aliyev, auquel je reparlerai dans les prochaines heures, dit vouloir lui aussi mettre fin à l’instabilité régionale et faire émerger des solutions. Toutefois, on ne peut bâtir la paix tout en faisant planer la menace du recours à la force. […] Nous évoquerons […] les moyens de consolider le cessez-le-feu pour empêcher toute nouvelle escalade, les moyens du retour au statu quo ante, et d’une reprise des négociations. Nous ferons le point sur les différents sujets en discussion afin de voir comment la France, aux côtés de l’Union européenne, aux côtés aussi des autres puissances impliquées, peut contribuer à des progrès dans l’intérêt d’une paix durable. Je pense notamment, et nous l’avions évoqué il y a quelques mois ensemble à Bruxelles, à la délimitation de la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Nous évoquerons également l’action de l’ONU et de l’OSCE».

Nikol Pachinian a déclaré : «Je tiens à souligner que notre position est sans équivoque : les forces armées azerbaïdjanaises doivent se retirer du territoire souverain de l’Arménie, et je tiens à remercier la France, personnellement le président Macron, d’avoir consigné cette position. […] les spéculations selon lesquelles il n’y a pas de frontière précise entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, parce que la frontière n’est pas démarquée et délimitée, n’ont rien à voir avec la réalité. Les frontières administratives entre l’Arménie soviétique et l’Azerbaïdjan soviétique sont devenues des frontières d’État dans les premiers mois de l’indépendance des deux pays, puisque l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont signé et ratifié l’Accord du 8 décembre 1991 sur l’établissement de la Communauté des États indépendants. De plus, les deux pays sont membres de la CEI jusqu’à présent. Je tiens à souligner que cela fait partie intégrante de cet accord que les frontières administratives, les frontières existantes, deviennent essentiellement des frontières d’État et que les pays qui ont adhéré à l’accord reconnaissent ces frontières. Cela signifie que les actions de l’Azerbaïdjan ne peuvent être évaluées autrement que comme une agression délibérée. Du fait de l’occupation azerbaïdjanaise, la situation dans notre région reste tendue. Je pense que l’envoi d’une mission d’observation internationale dans les régions affectées par l’occupation azerbaïdjanaise et la zone frontalière aidera la communauté internationale à recevoir des informations directes».

Suite au coup de téléphone entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le président français Emmanuel Macron du 27 septembre, durant laquelle, selon l’Élysée, le président français a appelé «au respect du cessez-le-feu et à maintenir les forces sur leurs positions initiales» et a rappelé «son exigence du respect de l’intégrité territoriale de l’Arménie», une délégation conduite par Isabelle Dumont, conseillère Europe continentale – Turquie du cabinet du président français, a été reçue en Azerbaïdjan. Les parties, selon la présidence azerbaïdjanaise, ont «échangé des vues sur les questions relatives à la normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, le processus de négociation sur le traité de paix, la délimitation des frontières et l’ouverture des communications».

26/09/2022 : Soutien sud-ossète aux referendums de Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson.

Le 26 septembre, le «président sud-ossète» Alan Gagloev a prononcé un discours de soutien aux référendums organisés à Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson en déclarant : «Les dirigeants et le peuple de la République d’Ossétie du Sud soutiennent pleinement la tenue de référendums du 23 au 27 septembre 2022 sur la question de l’adhésion à la Fédération de Russie dans les régions des Républiques populaires de Louhansk et de Donetsk, de Zaporijia et de Kherson. Nous appuyons également fermement l’opération militaire spéciale menée dans la région. […] Ce sont les seules mesures correctes dans la situation politique internationale actuelle visant à mettre fin aux effusions de sang massives, à la discrimination à long terme et aux violations des droits de l’homme dans la région, et à empêcher le déploiement de l’infrastructure militaire de l’OTAN près des frontières immédiates de la Fédération de Russie. Réaliser la paix dans la région est une tâche des plus difficiles, mais je suis sûr qu’elle sera réalisée».

27/09/2022 : Un citoyen géorgien libéré d’Ossétie du sud

Le 27 septembre, les services de sécurité de Géorgie ont annoncé la libération du citoyen géorgien Noukri Kalashnikov, détenu en Ossétie du sud depuis le mois de juin. Les mêmes services ont néanmoins signalé un processus illégal en cours de «délimitation frontalière» sur le territoire adjacent au village de Knolevi marqué par l’installation de poteaux et de barbelés par les forces armées russes.

27/09/2022 : Visite du représentant spécial de l’OTAN pour le Caucase et l’Asie centrale en Géorgie.

Le lendemain du retour de la délégation géorgienne conduite par le Premier ministre géorgien, Irakli Garibashvili, de la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le représentant spécial du secrétaire général de l’OTAN pour le Caucase et l’Asie centrale, Javier Colomina, a rencontré, le 27 septembre, le Premier ministre ainsi que la présidente Salome Zurabishvili, afin de s’entretenir des «mesures de soutien adaptées à la Géorgie, qui visent à accroître encore les capacités de défense du pays». Une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Ilia Darchiashvili a également eu lieu ainsi qu’une autre avec le ministre de la Défense Juansher Burchuladze. Ces rencontres ont souligné le  concept stratégique 2022 de l’OTAN, la perspective européenne accordée à la Géorgie, la mise en œuvre des 12 recommandations de la Commission européenne comme celle des décisions prises lors du sommet de Madrid, ou encore le rôle du paquet substantiel OTAN-Géorgie.

27/09/2022 : Déclaration du ministre de l’Intérieur géorgien concernant les flux de réfugiés provenant de Russie

Le ministre de l’Intérieur géorgien, Vakhtang Gomelauri, a annoncé le chiffre de 10 000 réfugiés russes passant la frontière géorgienne quotidiennement lors d’une conférence de presse le 27 septembre tout en précisant que 60% d’entre eux se rendaient dans des pays tiers. Le vice-Premier ministre d’Ossétie du Nord, Irbek Tomaev, a fait état, quant à lui, du passage de 37 000 véhicules et de plus de 115 000 personnes en une semaine.

28/09/2022 : Visite du président biélorusse en Abkhazie et accord de double nationalité avec la Russie.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko s’est rendu en visite en Abkhazie le 28 septembre pour rencontrer son «président» Aslan Bzhania, dans la station balnéaire de Bichvinta, après être passé par Sotchi pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine. Il a ainsi déclaré, selon l’agence de presse «d’État» Apsnypress : «Je suis une personne expérimentée, je suis en politique depuis de nombreuses années. Parlons, réfléchissons à comment vivre. L’essentiel est que les gens vivent ici avec dignité, car c’est un paradis sur terre et les gens ici sont des saints. Je m’en souviens de l’époque soviétique, quand j’étais ici. Par conséquent, nous voulons établir non seulement un pont d’amitié, mais des relations très sérieuses». Aslan Bzhania a, selon le même média, exprimé sa confiance que cette visite «donnerait un nouvel élan aux relations entre les deux peuples».

Cette rencontre a eu lieu alors que l’inquiétude monte au sein de la population abkhaze suite à la mobilisation en cours en Russie et que la Russie et l’Abkhazie ont signé un accord de double nationalité le 27 septembre, qui selon le «ministre des Affaires étrangères» abkhaze lancerait dans un proche avenir un mécanisme qui permettrait aux Abkhazes d’obtenir la citoyenneté russe sans renoncer à leur passeport abkhaze. En effet, le 21 septembre, le commissaire militaire du territoire chargé du recrutement, Beslan Tarba, avait déclaré : «Probablement environ 90 % d’entre nous sont des citoyens russes» expliquant que cette mobilisation concernait également «les habitants de [leur] république» ajoutant «Nous le ferons [une mobilisation partielle] bien sûr, lorsque nous recevrons une directive formelle distincte de nos supérieurs directs». Des déclarations qui ont été qualifiées de «point de vue privé» par le ministère de la Défense. RIA Novosti a publié une interview avec le «ministre des Affaires étrangères» abkhaze Inal Ardzinba qui a déclaré : «Nous ne menons aucune mobilisation. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que les volontaires abkhazes depuis 2014 ont pris les armes et défendent la liberté du Donbass, leur nombre est en augmentation. Malheureusement, il y a des victimes. Il est important pour nous que nos gars soutiennent la région non seulement depuis le début de l’opération militaire spéciale, mais depuis 2014, depuis le début des affrontements dans le Donbass. La liberté du Donbass est vraiment importante pour eux. L’histoire de l’Abkhazie est liée au fait que nous avons défendu notre indépendance au prix de grandes souffrances et d’effusions de sang. Et nos gars comprennent que les habitants du Donbass ressentent exactement la même chose. À mon avis, il s’agit d’un soutien sérieux et important pour les habitants du Donbass».

La Géorgie qui fêtait le 29ème anniversaire de la chute de Sokhoumi le 27 septembre a fermement condamné cette visite biélorusse par la voix de sa présidente Salome Zurabishvili qui a déclaré : «C’est une chose très cynique lorsque le président de la Biélorussie se rend en Abkhazie, en violation de la loi sur les territoires occupés, en violation de toutes les règles et principes du droit international, en violation de nos soi-disant liens amicaux». Tandis que l’ambassadeur de Biélorrusie, Anatoly Lis, aurait, selon JamNews, été convoqué au ministère des Affaires étrangères géorgien demandant des éclaircissements. L’Union européenne a également condamné ce déplacement par la voix de son porte-parole principal pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Peter Stano, qui a déclaré : «Outre le fait que Loukachenko n’a aucune légitimité pour agir en tant que chef d’État, cette visite a été entreprise sans le consentement du gouvernement géorgien, qui est la seule autorité légitime sur la région d’Abkhazie».

Le lendemain 29 septembre, Aslan Bzhania a rencontré des volontaires du Caucase du Nord, «anciens combattants de la guerre patriotique du peuple d’Abkhazie 1992 – 1993» en les félicitant pour la fête de la Victoire et en déclarant, selon Apsnypress : «La contribution que vous avez apportée à notre grande lutte commune est inestimable. Nous apprécions beaucoup cela et sommes fiers de vous. Je suis absolument sûr qu’à l’avenir l’histoire de nos relations sera de mieux en mieux. Merci beaucoup d’être vous».

28/09/2022 : Tensions frontalières entre l’ Arménie et l’Azerbaïdjan – 3 morts et un blessé – et médiation états-unienne

Le 28 septembre, le ministère des Affaires étrangères arménien a fait état de violations du cessez-le-feu par la partie azerbaïdjanaise ayant provoqué la mort de trois soldats arménien en déclarant : «la récente provocation menée par l’Azerbaïdjan, dans le prolongement de son agression à grande échelle contre l’intégrité territoriale de l’Arménie, lancée le 13 septembre, est un manque évident de respect envers les appels de la communauté internationale et des États membres du Conseil de sécurité de l’ONU à maintenir le cessez-le-feu», accusations démenties par le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais qui a évoqué des attaques arméniennes dans la région de Kelbadjar ayant blessé un soldat azerbaïdjanais en déclarant : «Il ne fait aucun doute que les provocations de la partie arménienne, qui ont déjà acquis le caractère de «tradition», étaient délibérées à la veille de la prochaine réunion de haut niveau. Nous rappelons que l’Arménie a violé le cessez-le-feu conclu à 9 heures le 13 septembre de cette année à la veille du sommet de l’Organisation du Traité de sécurité collective et a poursuivi ses provocations pendant 36 heures en augmentant délibérément la tension. Aujourd’hui encore, alors que les contacts entre les deux États reprennent, les prochaines rencontres se préparent, et à la veille de la visite des médiateurs internationaux dans la région, l’Arménie joue le même jeu, faisant des peuples les victimes de sa politique maladroite. Il est clair que c’est un autre prétexte de l’Arménie pour perturber le processus de négociation».

Toivo Klaar, le représentant spécial de l’UE pour le sud-Caucase a déclaré via Twitter : «Ces victimes et bien d’autres insensées alimentent la haine et l’instabilité. La sécurité n’est vraiment possible que si les frontières sont respectées et que les troupes ne se font pas face à distance rapprochée. La paix ne peut être forcée». Tandis que Nikol Pachinian, le Premier arménien, a appelé via le même média au retrait des forces armées azerbaïdjanaises et au déploiement d’une mission d’observation «sur les territoires arméniens affectés par l’occupation azerbaïdjanaise».

La veille, le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais avait publié une déclaration pour le «Jour du Souvenir» dans laquelle on peut lire : «Aujourd’hui, deux ans se sont écoulés depuis les mesures de représailles prises par les forces armées de la République d’Azerbaïdjan en 2020 pour contrer une autre provocation militaire des forces armées de la République d’Arménie […] Ces mesures, qui ont marqué le début de la guerre patriotique de 44 jours, ont été menées dans le cadre du droit à l’autodéfense et dans le plein respect du droit international humanitaire […] La guerre patriotique a mis fin à l’agression militaire de près de 30 ans de l’Arménie contre les terres souveraines de l’Azerbaïdjan, a assuré l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et a rétabli les droits fondamentaux de près d’un million d’Azerbaïdjanais. L’Azerbaïdjan s’est battu seul pour assurer la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU de 1993 […] Mettre fin à l’occupation des territoires azerbaïdjanais a révélé l’ampleur des activités illégales massives de l’Arménie sur ces terres au cours des trois dernières décennies. Des preuves évidentes de l’exploitation minière généralisée des terres azerbaïdjanaises, de la destruction délibérée et de l’appropriation illicite du patrimoine historique, culturel et religieux de l’Azerbaïdjan, du pillage des ressources naturelles, de la destruction des infrastructures et d’autres violations du droit international ont été dûment documentées et partagées avec la communauté internationale. Afin de tenir l’Arménie responsable de ses violations de ses obligations internationales, ainsi que du droit international humanitaire et des droits de l’homme, l’Azerbaïdjan a déposé des requêtes interétatiques contre l’Arménie devant la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour internationale de justice (CIJ) . Le 7 décembre 2021, […] Au contraire, l’Arménie ne respecte pas les obligations qu’elle a assumées en faisant preuve d’une position de revanchard, en créant une grave menace pour la sécurité en retenant les restes de ses formations armées de la région et en posant de nouvelles mines terrestres dans la région. De plus, l’Arménie ne prend presque aucune mesure pratique pour ouvrir les communications dans la région et poursuit ses provocations militaires, sapant ainsi sérieusement les efforts de normalisation post-conflit. L’Azerbaïdjan est l’initiateur de la normalisation des relations avec l’Arménie sur la base du strict respect des principes du droit international, en particulier la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières internationales. Nous appelons l’Arménie à respecter ces principes fondamentaux pour assurer la paix, la sécurité et la prospérité dans la région et à se conformer à ses obligations internationales».

Dans le même temps, le ministère des Affaires étrangères arménien déclarait à l’occasion de cette date anniversaire : «Il y a deux ans, le 27 septembre, l’Azerbaïdjan, négligeant de manière flagrante la Charte des Nations Unies et l’Acte final d’Helsinki, a déclenché une guerre à grande échelle contre l’Artsakh et son peuple. […] La guerre déclenchée par l’Azerbaïdjan contre le Haut-Karabakh est une manifestation criminelle de la politique d’État azerbaïdjanaise de nettoyage ethnique des Arméniens d’Artsakh […] Cela est démontré par les déclarations bellicistes, maximalistes et arménophobiques continues des hauts dirigeants de l’Azerbaïdjan […] Inspirées par la réponse inadéquate de la communauté internationale à l’agression déchaînée et aux crimes commis contre le peuple du Haut-Karabakh, les 24 mai et 16 novembre 2021 et le 13 septembre 2022, les forces armées azerbaïdjanaises ont eu recours à agression militaire à grande échelle contre le territoire souverain de la République d’Arménie. […] Aujourd’hui encore, avec l’usage de la force et la menace de l’usage de la force, l’Azerbaïdjan tente de mettre en œuvre ses aspirations maximalistes, rejetant même le fait de l’existence du Haut-Karabakh».

Le 28 septembre également, le conseiller du président azerbaïdjanais et chef du département des affaires étrangères de l’administration présidentielle, Hikmet Hadjiyev a rencontré le secrétaire du Conseil de sécurité de l’Arménie Armen Grigoryan, et le conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis Jake Sullivan qui a déclaré sur Twitter : «Aujourd’hui, j’ai accueilli Hikmat Hajiyev et Armen Grigoryan pour des entretiens directs et constructifs Nous avons discuté de l’importance d’éviter de nouvelles violences et de poursuivre des négociations ciblées et limitées dans le temps. Nous avons également identifié des avancées concrètes en faveur d’une paix stable et durable». Tandis que Ned Price, le porte parole du département d’État, a déclaré le même jour «Nous nous engageons à plusieurs niveaux, sur plusieurs canaux, pour améliorer la désescalade et le désengagement». Le 26 septembre, il a également déclaré lors d’une conférence de presse : «Notre message est cohérent depuis un certain temps. Nous appelons l’Azerbaïdjan à ramener les troupes à leurs positions initiales. Nous appelons au désengagement des forces militaires et travaillons à résoudre tous les problèmes en suspens entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan par des négociations pacifiques. L’usage de la force n’est pas une voie acceptable. Nous l’avons précisé en privé. Nous l’avons également dit publiquement, et nous sommes heureux que notre engagement continu, y compris à des niveaux élevés, y compris la semaine dernière à New York, avec les deux pays ait contribué à mettre fin aux hostilités, et nous continuerons à nous engager et à encourager le travail nécessaire pour parvenir à une paix durable car il peut y avoir et il n’y a pas de solution militaire à ce conflit».

Le 29 septembre, Nikol Pachinian a rencontré le secrétaire général de l’OTSC Stanislav Zas qui a, selon le communiqué de presse du Premier ministre arménien, «fourni des informations sur le travail du groupe opérationnel de la mission de surveillance de l’OTSC en Arménie». Il a également déclaré lors d’une réunion gouvernementale le même jour : «Vous savez aussi que dans tous les domaines où il y a une opportunité – malheureusement, ils [l’Azerbaïdjan] ont également obtenu certains succès, y compris en termes de relations avec nos alliés -, ils essaient d’empêcher la fourniture d’armes et de munitions à l’Arménie. Nous avons des cas où des centaines de millions de dollars ont été payés, mais les obligations de livraison à l’Arménie ne sont pas remplies, y compris par les pays alliés», critique à peine voilée adressée à la Russie. Selon le média indien The Economist Times en date du 29 septembre, relayé par Jam News, d’importants contrats auraient été signés entre les deux pays notamment en matière de livraison de drones, de missiles et de roquettes.

Les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais devraient se rencontrer à Bruxelles le 2 octobre.

28/09/2022: Mise à jour de la liste des prisonniers politiques en Azerbaïdjan par l‘Institut des droits de l’homme pour la paix et la démocratie.

Le 28 septembre, l’Institut des droits de l’homme pour la paix et la démocratie a mis à jour sa liste des prisonniers politiques en Azerbaïdjan consultable sur son site internet comprenant 99 personnes soit une personne de moins que dans la liste publiée le 5 juin dernier. Cette liste comprend les journalistes et blogueurs (4 personnes), les membres de partis et mouvements d’opposition (4 personnes), les émigrés politiques expulsés d’Allemagne (cinq personnes), les croyants (dix-neuf personnes), les condamnés dans «l’affaire Terter». (27 personnes), les condamnés dans «l’affaire Ganja» (27 personnes), et plusieurs condamnés à perpétuité (treize personnes).

Le 29 septembre la Cour Européenne des Droits de l’Homme a annoncé 5 décisions sur les 26 plaintes en cours envoyées depuis l’Azerbaïdjan. Deux plaintes ont été jugées irrecevables. Les trois autres affaires ont donné lieu à des accords à l’amiable: 15 requérants se plaignant d’une violation de leur droit de réunion se sont vus octroyer un total de 39 000 euros en réparation du préjudice moral et 6 000 euros pour les frais de justice; 8 requérants se plaignant pour les mêmes motifs se sont vus octroyer un  total de 20 800 euros en réparation du préjudice moral et un total de 1 000 euros en remboursement de frais; et enfin Eltchin Rashidov se plaignant de non exécution d’une décision de justice s’est vu octroyer une somme de 3250 euros.

29/09/2022 : Manifestation azerbaïdjanaise devant l’ambassade d’Iran

Selon Turan.az, le 29 septembre, une manifestation de plusieurs dizaines de personnes contre les violations des droits des citoyens et les répressions contre les femmes en Iran aurait eu lieu devant l’ambassade d’Iran à Bakou sans intervention policière. Ce rassemblement de personnes scandant les slogans de «Liberté au sud de l’Azerbaïdjan!», «A bas le régime des mollahs! » ou «Mort à l’Iran!» a fait suite à des premières manifestations dans le sud du pays réclamant la sécurité des droits nationaux et culturels.

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