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VEILLE SUD-CAUCASE – du 18 juin au 24 juin 2022

17-24/06/2022 : Réponses arméniennes aux déclarations d’Ilham Aliev au 9ème Forum mondial de Bakou.

Suite au discours du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, le 16 juin, le ministre des Affaires étrangères arménien a déclaré le 17 juin : « Le gouvernement arménien a démontré à plusieurs reprises sa volonté de faire des efforts pour établir une stabilité et une paix à long terme dans le Caucase du Sud. Dans le même temps, il est évident que ces efforts ne peuvent être à sens unique. […] Dans ce contexte, les déclarations des officiels de Bakou sur le règlement du conflit du Haut-Karabakh […] remettent en cause la sincérité de l’intention des autorités azerbaïdjanaises de parvenir à la paix. Quelles que soient les déclarations faites, la question du Haut-Karabakh continue d’exister jusqu’à ce que des garanties adéquates soient garanties pour les questions de sécurité des Arméniens d’Artsakh et de protection de tous leurs droits, et par conséquent, le statut dérivé du Haut-Karabakh n’est pas abordé. […] L’affirmation selon laquelle il n’y a pas du tout de Haut-Karabakh du fait de l’usage de la force démontre l’esprit constructif de l’Azerbaïdjan. Inutile de dire que cela ne correspond pas à la réalité factuelle, dont l’élément le plus important est l’existence d’Arméniens en Artsakh ainsi que la présence du contingent russe de maintien de la paix pour assurer leur sécurité. […] Il en va de même des déclarations des autorités azerbaïdjanaises sur l’inexistence de la coprésidence du Groupe de Minsk de l’OSCE. Tout d’abord, personne ne peut suspendre le mandat international de la coprésidence. […] Nous avons toujours affirmé notre intérêt à ouvrir toutes les infrastructures de transport et économiques de la région. […] le processus aurait été beaucoup plus fluide et plus rapide si l’Azerbaïdjan n’avait pas présenté de déclarations sur le corridor extraterritorial, qui ne correspondent pas à la déclaration trilatérale du 9 novembre 2020. […] En ce qui concerne les efforts de l’Azerbaïdjan pour établir des parallèles entre le corridor de Lachin et le déblocage des infrastructures de transport régionales, ils ne peuvent évidemment pas avoir le même statut, compte tenu du moins des dispositions de la déclaration trilatérale signée le 9 novembre 2020, qui définit clairement le statut du corridor Lachin. De plus, le Haut-Karabakh et la République autonome du Nakhitchevan ont des statuts différents, des quartiers différents et des environnements de sécurité différents. Dès lors, leurs relations via-à-vis de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ne peuvent être identiques ». Le 24 juin, il a déclaré lors d’ne interview : « la partie arménienne a déclaré à plusieurs reprises à des niveaux élevés et élevés que nous sommes cohérents dans notre programme de paix, que nous ne considérons rien d’inacceptable dans les propositions de l’Azerbaïdjan pour un futur traité de paix., bien entendu, en complétant ces propositions par nos idées. […] Nous avons transmis à l’Azerbaïdjan, par l’intermédiaire des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, notre proposition d’un programme de paix global, mais jusqu’à présent nous n’avons entendu aucune réponse officielle. […] Dans le même temps, nous avons proposé à l’Azerbaïdjan d’entamer des consultations entre les ministres des affaires étrangères sur l’accord de paix, mais jusqu’à présent nous n’avons pas reçu de réponse. […] Oui, la déclaration trilatérale du 9 novembre n’a pas encore été pleinement mise en œuvre. L’Azerbaïdjan, violant non seulement ses obligations en vertu de la déclaration tripartite, mais aussi le droit international humanitaire, continue de détenir illégalement des prisonniers de guerre arméniens, des civils, les utilisant comme otages, marchandant et trafiquant des êtres humains. Non seulement l’Arménie, mais le monde civilisé tout entier présente cette demande à l’Azerbaïdjan. […] De plus, l’Azerbaïdjan, en fait, nie l’un des protocoles de base de la déclaration trilatérale, déclarant qu’il n’y a pas de Haut-Karabakh, il n’y a pas de problème du Haut-Karabakh. Entre-temps, le président azerbaïdjanais a confirmé l’existence de l’entité du Haut-Karabakh avec sa propre signature dans une déclaration trilatérale. Et tant qu’il y a un énoncé tripartite, l’existence de ce sujet ne peut être niée. […] Le processus aurait pris fin beaucoup plus rapidement s’il n’y avait pas eu les déclarations continuelles sans fondement des autorités azerbaïdjanaises sur le corridor extérieur, qui n’ont rien à voir avec les accords conclus en présence d’un certain nombre de partenaires internationaux ».

La partie azerbaïdjanaise a dénoncé des violations du cessez-le-feu de la part de l’Arménie le 17, dans la région de Kelbadjar, le 21, dans les régions de Kelbadjar, de Latchin, de Garakilsa et de Basarkechar et le 24 juin dans la région de Latchin et de Garakilsa, ce qui a été démenti systématiquement par les autorités arméniennes.

Une nouvelle manifestation a eu lieu le 21 juin sur la place de France à Erevan suite à la mort de deux personnes et une personne dans un état critique dans le village de Nigavan dans la province d’Aragatsotn suite à une fusillade que la police a décrit comme une altercation entre automobilistes et qui a nié toute implication politique de ce drame. L’opposition politique de Nikol Pachinian a dénoncé « la participation de membres du parti au pouvoir » et a engagé les manifestants à marcher vers le département de la police, le bâtiment du service de sécurité nationale et le bureau du parti « Contrat civil ». Le 24 juin, les manifestants ont tenté de bloquer l’entrée du ministère des Affaires étrangères.

17/06/2022: Nouvelles critiques du premier ministre arménien au Conseil de sécurité de l’OTSC.

Lors du comité des secrétaires du Conseil de sécurité de l’OTSC qui s’est tenu le 17 juin à Erevan, le Premier ministre arménien a fait de nouveau part de ses critiques vis à vis du fonctionnement de l’OTSC en ces termes : « Pourquoi est-ce que je parle de ça ? Vous savez que les forces armées azerbaïdjanaises ont envahi notre territoire en mai de l’année dernière, et nous avons fait une demande auprès de l’OTSC. J’en ai parlé à maintes reprises et, en tant que président, je tiens à souligner que cette question doit être débattue correctement. Pourquoi? Parce que nous voyons que les déclarations agressives de l’Azerbaïdjan se poursuivent, nous devrions discuter de cette question, d’autant plus que l’Arménie a déposé une demande auprès de l’OTSC, car c’est une question très fondamentale pour nous et pour l’Organisation. Je voudrais également mentionner ce qui suit : après l’invasion de notre territoire par les troupes azerbaïdjanaises, certains ont dit qu’il n’y avait pas de frontière délimitée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Franchement, c’est une formulation très dangereuse, car nous faisons précisément référence au domaine de responsabilité de l’Organisation du Traité de sécurité collective. Si nous disons que les frontières le long desquelles les processus de démarcation et de délimitation ont été menés doivent être prises en compte, cela peut apporter une confusion dans la notion de zone de responsabilité de l’OTSC, car la question se pose : où commence la zone de responsabilité de l’OTSC, où s’arrête-t-il ? Notre position est qu’il existe une frontière concrète entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, car en 1991, lors de la création de la Communauté des États indépendants, un accord interétatique a été signé, qui stipule clairement que les pays reconnaissent mutuellement leurs frontières existantes. Cela fait référence aux limites administratives de la période soviétique, et je pense que nous devrions avoir cela comme point de départ. »

18/06/2022 : Les États-Unis se disent prêts à travailler avec la Russie dans le cadre du groupe de Minsk.

Karen Donfried, la sous-secrétaire d’État états-unienne, a assuré que les Etas-Unis étaient prêts à travailler avec la Russie dans le cadre du groupe de Minsk, le 18 juin, lors de sa visite en Arménie, en déclarant :  « Les États-Unis ont continué à dire que nous soutenions le processus de coprésidence du groupe de Minsk […] Nous continuons à croire que c’est un format très important, en particulier sur le Haut-Karabakh, et il est essentiel que nous gardions différents formats en jeu pour essayer de faire avancer la paix. Et nous continuerons à le faire à l’avenir », ce qu’elle a réaffirmé le 23 juin en avançant : « les États-Unis sont ouverts aux discussions avec les autres coprésidents du groupe de Minsk, la Russie et la France, sur la meilleure façon pour la communauté internationale d’aider l’Arménie et l’Azerbaïdjan à trouver la paix ». « Les États-Unis sont prêts à s’engager avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan sous n’importe quel format, y compris via les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, dans lequel des progrès vers une résolution peuvent être forgés ».

La réponse de Maria Zakharova, porte parole du ministère des Affaires étrangères russe, s’est faite le 22 juin en ces termes : « Permettez-moi d’avoir des doutes sur la sincérité de la déclaration de Karen Donfried. Si Washington et Paris avaient considéré comme important le format de médiation unique des coprésidents du groupe de Minsk, ils ne se seraient pas permis de négliger le mandat approuvé par tous les États participants. Ils ont rompu de manière démonstrative les contacts avec le coprésident russe du groupe de Minsk le 24 février sans aucune consultation. […] Maintenant, ils disent ces choses. Nous n’avons toujours pas reçu d’explication claire sur les raisons de cette mesure scandaleuse. De même, rien ne garantit que de tels actes irresponsables ne se reproduiront pas à l’avenir. Prétendre que rien ne s’est passé ne fonctionnera tout simplement pas, il faudra tenir compte des nouvelles réalités. Je pense qu’ils ont, comme toujours, parié sur le fait que nous sombrerions dans l’isolement. Mais, encore une fois, ils ont mal calculé, ils ont encore échoué, et, avec ce concept, ils se sont isolés de nous, et le monde extérieur ne se limite pas seulement à l’espace euro-atlantique.La partie russe est intéressée comme personne d’autre par la normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et ne peut pas permettre que des mesures politisées d’acteurs extérieurs individuels sapent les efforts déjà difficiles pour rétablir la paix et la stabilité dans la région. Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour la mise en œuvre inconditionnelle des engagements et des objectifs énoncés dans les déclarations des dirigeants de la Fédération de Russie, de la République d’Azerbaïdjan et de la République d’Arménie du 9 novembre 2020, du 11 janvier 2021 et du 26 novembre. 2021 » Elle a, par ailleurs, confirmé, la tenue d’une deuxième réunion des commissions de délimitation frontalières le 24 juin à Moscou et s’est félicité de « l’intensification des activités du groupe de travail trilatéral coprésidé par les vice-premiers ministres sur le déblocage des liens économiques et de transport dans le Caucase du Sud » en informant qu’il avait tenu leur 10ème réunion ordinaire le 3 juin à Moscou et que les discussions s’étaient poursuivies les 16 et 17 juin en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Concernant le blocage de l’accès par les autorités azerbaïdjanaises du site de l’agence de presse russe RIA Novosti” et le refus de Bakou d’étendre les permis de séjour aux employés de l’agence de presse russe Spoutnik, elle s’est contenté de répondre que les problèmes des médias et leurs activités devaient être « résolus sur la base des points fondamentaux suivants : le respect de la loi, le respect de la liberté d’expression et des droits des journalistes inscrits à la fois dans le droit national et international ».

Le 24 juin, c’est Sergueï Lavrov en visite à Bakou qui ajoutait : « la question du groupe de Minsk n’a pas été discutée avec le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères car il a cessé ses activités à l’initiative des États-Unis et de la France […] Les événements sur le terrain de septembre-octobre 2020 ont laissé derrière eux tous les documents qui avaient été discutés pendant de nombreuses années  sans résultats visibles. […] C’est juste une réalité objective ».

20-21/06/2022 : Nikol Pachinian en Biélorussie pour le Conseil intergouvernemental eurasien.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, s’est rendu en Biélorussie les 20 et 21 juin où il a rencontré le Premier ministre russe, Mikhaïl Mishutin qui a précisé que le chiffre d’affaire du comerce bilatéral entre les deux pays avait augmenté de 30 % entre janvier et avril atteignant 890 millions de dollars, et qui a souligné la présence de nombreuses entreprises russes en Arménie notamment dans les secteurs du pétrole et du gaz, des transports et des technologies digitales. Il a ainsi déclaré : «  La pression de l’Occident collectif sur les États individuels des « cinq » s’intensifie. Cela concerne tous les membres de l’union. Nos économies sont étroitement liées, nous ne pouvons donc répondre efficacement qu’ensemble aux mesures hostiles. La tâche principale est de minimiser l’impact des sanctions sur les citoyens, de renforcer la stabilité macroéconomique ».

Nikol Pachinian a prononcé un discours le lendemain lors de la réunion élargie spécifiant : «  L’Union économique eurasienne franchit progressivement l’étape de son accomplissement, et passe à l’étape de la révélation de son potentiel d’intégration au profit de la création un espace économique commun, une croissance économique durable de nos pays, un renforcement de la compétitivité, une promotion efficace de ses intérêts économiques sur la scène internationale. Compte tenu des nouvelles réalités, la nécessité de renforcer la coordination étroite de nos actions augmente comme base pour que les États membres s’adaptent aux conditions modernes de l’économie mondiale ».

Le 24 juin, s’est tenue une réunion trilatérale des procureurs généraux d’Arménie, d’Azerbaïdjan et de Russie à Minsk, « à l’initiative de la Russie », en marge de la 32e réunion du Conseil de coordination des procureurs généraux des États membres de la CEI. Le procureur général d’Azerbaïdjan, Kamran Aliyev, en a profité pour insister sur « des efforts conjoints pour retrouver les personnes disparues à la suite des première et deuxième guerres du Karabakh », la « délivrance de cartes de mines pour la protection de la vie et de la santé des personnes », et « l’inadmissibilité des visites illégales au Karabakh ». Le même jour, se tenait en Russie une réunion ordinaire du Conseil des ministres de la Défense de la CEI à laquelle a assisté le le premier vice-ministre de la Défense, Karim Valiyev, ainsi que le ministre de la Défense arménien, Suren Papikian.

20/06/2022 : Discussions sur la reprise des Discussions Internationales de Genève.

Lors des discussions entre les co-présidents des Discussions Internationales de Genève et le vice ministre des Affaires étrangères russe, Andreï Rudenko, au sujet des « perspectives de reprise des discussions de Genève » celui-ci a déclaré : « Les travaux de ce format restent « gelés » suite aux décisions unilatérales prises par les coprésidents – sans concertation avec les Etats participants – de reporter le 56e cycle initialement prévu fin mars 2022. La partie russe a souligné le caractère destructeur des démarches entreprises par les États-Unis, l’Union européenne, l’OSCE ainsi que la Suisse, qui entravent sérieusement le fonctionnement normal du format de Genève. Dans les conditions actuelles, une véritable question se pose quant à la nécessité de déplacer la réunion de Genève vers un lieu plus neutre et acceptable pour tous les participants. Compte tenu de l’émergence d’une nouvelle situation géopolitique et des tentatives des pays occidentaux d’importer la logique de confrontation dans le Caucase du Sud, la conclusion d’un accord juridiquement contraignant sur le non-recours à la force par Tbilissi avec Tskhinval et Soukhoum, ainsi que le lancement de le processus de délimitation des frontières étatiques entre la Géorgie et l’Abkhazie et entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, avec leur démarcation ultérieure, doit rester une priorité absolue ».

20/06/2022 : Réunion conjointe du « groupe de travail abkhaze-russe chargé de simplifier les procédures de passage au point de contrôle d’Adler.

Le « vice-ministre des Affaires étrangères », Irakli Tuzhba, et le « chef du département consulaire du ministère des Affaires étrangères », Lasha Avidzba, et le « ministre conseiller de l’ambassade de la République d’Abkhazie » en Russie, Alkhas Barzania. ont assisté le 20 juin, à une réunion conjointe en visioconférence avec  des représentants des départements concernés de la Fédération de Russie afin d’aborder des questions techniques et l’élaboration de mesures globales visant à simplifier le franchissement de la frontière abkhaze-russe au point de contrôle d’Adler. Ils ont ainsi évoqué l’ouverture d’une ligne supplémentaire au poste de contrôle des bus touristiques ainsi que la possibilité d’utiliser le trafic maritime et ferroviaire, la reprise du trafic aérien, ainsi que la question de la levée des restrictions imposées aux ressortissants de pays tiers précédemment introduites par la Fédération de Russie en raison de la pandémie de COVID-19.

20/06/2022 : Nomination du « Premier ministre » d’Ossétie du sud.

Alan Gagloev, le nouveau « président de la République d’Ossétie du sud » a nommé par décret le nouveau Premier ministre en la personne de Konstantin Dzhussoev après l’approbation de sa candidature par le « Parlement » local à l’unanimité des 33 « députés » présents sur 34, le 17 juin.

Celui-ci a tenu sa première réunion de travail avec une délégation russe conduite par le directeur du Département des programmes et projets spéciaux du ministère russe du Développement économique, Vitaly Gudin, sur la mise en œuvre du programme d’investissement pour la promotion du développement socio-économique de la République d’Ossétie du Sud en 2020-2022, ainsi que sur les questions relatives à l’élaboration du programme d’investissement pour 2023- 2025 portant sur l’harmonisation de la législation douanière et fiscale de la « République d’Ossétie du Sud » avec la législation de la Fédération de Russie.

21-22/06/2022 : Visite du président azerbaïdjanais en Ouzbékistan

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, s’est rendu en Ouzbékistan les 21 et 22 juin, accueilli par son homologue Shavkat Mirziyoyev, avec lequel il a assisté à l’inauguration d’une rue rénovée portant le nom de Heydar Aliyev et d’un mémorial commémoratif en l’honneur du père du président, dans le quartier Mirabad du centre ville de Tachkent peuplé d’une importante diaspora azerbaïdjanaise. Ils ont également visité ensemble le monument de l’indépendance. Le lendemain, ils étaient ensemble dans la ville d’Urgench à l’ouest du pays. Lors d’une réunion au format élargi, le président ouzbek a déclaré : « Nos pays sont liés par une religion commune, des valeurs spirituelles, des traditions, une langue et une culture similaires, dont nous avons parlé en détail aujourd’hui en privé. En Ouzbékistan, nous sommes toujours sincèrement heureux des succès impressionnants de l’Azerbaïdjan. Vos réalisations sont aujourd’hui reconnues dans le monde entier. Mon frère, l’estimé Ilham Heydarovich, poursuit l’œuvre de son grand père Heydar Aliyev et a restauré la justice historique en restituant les terres ancestrales du peuple azerbaïdjanais. Aujourd’hui, beaucoup de travail créatif se fait sous votre direction. Votre pays redevient une terre florissante. Nous serons heureux de contribuer à cette noble cause, dont nous avons également parlé en privé ».

21/06/2022 : Déclaration d’Alan Gagloev concernant l’unification de l’Ossétie du sud à la Russie.

Lors d’une conférence de presse à Tskhinvali suite aux consultations tenues à Moscou, Alan Gagloev, le nouveau « président » sud-ossète a déclaré le 21 juin : « La partie russe n’a pas été informée de l’intention d’organiser un référendum en Ossétie du Sud sur la question de l’unification avec la Fédération de Russie. Nous avons un traité d’alliance et d’intégration avec la partie russe, dont le premier article prévoit la coordination de toutes les étapes dans le domaine de la politique étrangère. Et nous nous sommes retrouvés dans une situation où nous nous unissons à la Fédération de Russie, sans qu’ils en soient conscients. […] Nous avons convenu de développer des formulations spécifiques, parce que nous pouvons rejoindre la Russie en tant qu’entité distincte ou une entité distincte avec une réunification ultérieure avec l’Ossétie du Nord.Par conséquent, nous discuterons de la question au Parlement de la République, avec la participation de la société, après quoi nous entamerons des consultations avec la partie russe. […] Pour nous, le plus important n’est pas la tenue d’un référendum, mais les conséquences juridiques qu’il entraînera. […] la délégation d’Ossétie du Sud s’est retrouvée dans une position embarrassante lors des consultations en raison des actions des anciens dirigeants de la République d’Ossétie du Sud. On nous a dit : montrez-nous au moins une lettre que vous avez envoyée… Cela n’a pas été fait, ni par l’administration du président d’Ossétie du Sud, ni par le ministère des Affaires étrangères de la République ».

Tandis que le le « chef de l’administration présidentielle sud-ossète », Alan Dzhioyev, a déclaré : « « Tout notre travail doit repartir de zéro, mais d’une manière juridiquement saine et conformément à l’article premier du traité d’alliance et d’intégration. […] En fait, notre position était la suivante : nous sommes prêts à organiser un référendum avec cette formulation, à condition que la partie russe la juge acceptable. […] Selon la loi sur les garanties fondamentales des droits électoraux des citoyens, la formulation de la question doit être telle qu’elle ne permette pas diverses interprétations, une réponse claire doit être donnée. […] La partie russe a déclaré que, pour le moment, tant le système législatif de la République d’Ossétie du Sud que d’autres paramètres de développement, l’économie, […] n’ont pas encore atteint le niveau requis. Par conséquent, il nous faut du temps pour harmoniser la législation et élever le niveau de développement dans divers domaines ».

Par ailleurs, l’ « administration présidentielle » sud-ossète a publié la « Déclaration suite aux consultations russo-sud-ossètes» tenues le 14 juin 2022 à Moscou sur la question du « référendum » déclarant : « « Sur la base des résultats des consultations, il a été établi que le référendum annoncé par […] le président Anatoly Bibilov était programmé sans étude préalable et coordination de cette question avec la partie russe. […] la mauvaise nature juridique du libellé de la question soumise au référendum exclut toute possibilité d’exécution. […] Tenant compte des circonstances susmentionnées, respectant le désir d’intégration et de réunification de la République d’Ossétie du Sud avec la Russie, les participants aux consultations sont parvenus à l’avis unanime que le groupe d’initiative soutenant le référendum devrait formuler une solution juridiquement valable question (ou questions) à soumettre au référendum, et assurer un large débat public sur la question ».

L’ambassade sud-ossète en Russie a publié un texte pour le 102ème anniversaire du génocide des sud-Ossètes : « les forces politiques nationalistes qui sont arrivées au pouvoir dans certaines parties des anciennes provinces de Tbilissi et de Kutaisi de l’Empire russe, dans le cadre de la soi-disant République démocratique de Géorgie, ont commis en 1920 un génocide contre la population ossète, dont une partie vit historiquement sur le versant sud des montagnes du Caucase. […] Presque tous les villages d’Ossétie du Sud ont été incendiés et dévastés, des masses de la population ossète, principalement des femmes, des enfants, des personnes âgées, ont été massacrées. […] Plus de 5 000 civils de nationalité ossète ont été victimes de cette politique criminelle. Les Sud-Ossètes qui ont survécu ont été contraints de fuir en Ossétie du Nord. Plus de 50 000 personnes (qui représentaient à l’époque plus de 75% de la population de l’Ossétie du Sud) se sont rendues en Ossétie du Nord par des cols de montagne difficiles et une partie importante d’entre elles sont mortes de faim, de froid, de typhoïde et de choléra. Dans le même temps, une commission gouvernementale géorgienne a été créée, chargée d’expulser les Ossètes survivants et de répartir leurs biens entre les colons géorgiens de différentes régions de Géorgie, principalement des districts de Dusheti et Kazbegi. Le journal officiel de la soi-disant République démocratique de Géorgie « Ertoba » écrivait alors : « Notre république déporte les Ossètes vers les endroits auxquels ils aspiraient : vers le paradis socialiste ». La terreur contre les Ossètes et les autres « non-Géorgiens » était la politique d’État des autorités géorgiennes de l’époque ».

22/06/2022 : Le remboursement d’un prêt de 1,2 milliard de roubles de la Russie à l’Abkhazie prolongé jusqu’en 2034.

Les membres du « Parlement d’Abkhazie » ont procédé le 22 juin à la ratification du protocole n° 3 sur les amendements à « l’Accord entre le gouvernement de la République d’Abkhazie et le gouvernement de la Fédération de Russie relatif à l’octroi d’un prêt d’État à l’exportation au gouvernement de la République d’Abkhazie  en date du 24 décembre 2010 ». Le prêt destiné à restaurer les installations ferroviaires de l’Abkhazie, et représentant 1,2 milliards de roubles, est ainsi prolongé jusqu’en 2034.

23/06/2022 : Décisions de l’UE concernant la demande de statut de candidat de la Géorgie.

Alors que des dizaines de milliers de Géorgiens se sont réunis le 20 juin dans le centre de Tbilissi à l’appel de l’organisation « Shame », ainsi que d’autres dans les villes de Batoumi, Zougdidi et Kutaisi ainsi que dans 8 villes européennes, pour réclamer leur adhésion à l’UE, les dirigeants de l’UE ont décidé de suivre le 23 juin les recommandations de la Commission européenne en accordant le statut de candidat à l’Ukraine et à la Moldavie. Concernant la Géorgie, le Conseil européen s’est dit prêt à « accorder le statut de pays candidat à la Géorgie une fois que les priorités énoncées dans l’avis de la Commission sur la demande d’adhésion de la Géorgie auront été prises en compte » tout en reconnaissant la perspective européenne des trois pays du « Trio associé ». Un autre grand rassemblement a eu lieu sur l’avenue Rustaveli le 24 juin au soir, réunissant des milliers de personnes pour réclamer la démission du Premier ministre.

Le Premier ministre géorgien, Irakli Garibashvili, s’est exprimé le 21 juin sur les recommandations faites par la Commission européenne alors qu’il était au Qatar pour le Forum économique de Doha les 20 et 21 juin, où il a rencontré l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani Sheikh Tamim,  le Premier ministre et ministre de l’Intérieur du Qatar, Khalid bin Khalifa bin Abdulaziz Al Thani, avec lequel il a signé deux accords sur la promotion et la protection mutuelle des investissements et sur la coopération économique, commerciale et technique entre les deux gouvernements, ainsi que le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, le président de l’Association des hommes d’affaires du Qatar, le cheikh Faisal bin Qassim Al Than. Le PDG de la Qatar Investment Authority, le fonds souverain du Qatar, Mansoor Bin Ebrahim Al-Mahmoud, et le PDG de Vitol, la plus grande société indépendante de négoce d’énergie au monde, Russel Hardy.

Il a déclaré à cette occasion : « C’est en effet un autre monde. Nous assistons au changement d’un ordre international fondé sur des  nouvelles règles. Et vous avez mentionné qu’avant l’Ukraine, il y avait la Géorgie. […] personne au monde n’a prêté suffisamment d’attention – soyons très ouverts et francs – au fait qu’une nation souveraine, le pays indépendant de la Géorgie, a été envahie par la Russie. […] et il n’y a pas eu de réaction, pas de réaction adéquate, appropriée de la part de la communauté internationale. Aucune sanction n’a été imposée à la Russie. Rien! […] Politiquement, bien sûr, nous soutenons l’Ukraine, à toutes les plateformes internationales, que ce soit l’ONU, l’UE, l’OSCE – nous avons rejoint plus de 260 résolutions et déclarations, tout ce que nous pouvions faire. […] Je tiens à répéter que moi, en tant que chef du gouvernement, je dois penser à la sécurité de notre peuple. […] Nous sommes en pleine coordination avec nos partenaires internationaux, partenaires américains et européens. C’est notre position. Par exemple, la Moldavie, un autre membre du Trio associé, n’a pas imposé de sanctions économiques à la Russie pour des raisons très évidentes – ils ont peut-être encore plus de problèmes de sécurité. La décision de la Commission européenne est injuste. Mais, bien sûr, nous comprenons. Nous avons entendu des dirigeants européens dire qu’ils avaient décidé d’accorder le statut à l’Ukraine parce que l’Ukraine est en guerre. Et la Moldavie, en tant que pays très proche de l’Ukraine, est dans une situation très difficile : économie, défis sécuritaires, etc. Bien sûr, si vous comparez les performances de la Géorgie, nos réformes et tout, et si cela avait été une approche basée sur le mérite, la Géorgie aurait été le premier pays à obtenir le statut de candidat. […] Mais, bien sûr, les trois nations, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine ont obtenu des perspectives européennes, ce qui est une décision historique de l’UE, car les perspectives européennes signifient que le pays deviendra membre de l’UE. Et, bien sûr, le statut de candidat suivra sous certaines conditions. Mais je tiens à ce qu’il soit bien clair que des conditions ont été imposées aux trois nations, ce qui est une pratique tout à fait normale pour d’autres pays qui ont été associés, puis plus tard des pays candidats. Quant à l’adhésion à l’OTAN, c’est notre détermination. En 2017, nous avons apporté plusieurs amendements constitutionnels pour inscrire dans la Constitution que la voie de la politique étrangère géorgienne est euro-atlantique ». Le 24 juin, il essayait de positiver en ces termes : « Dans notre cas, ils ont dit que nous ne recevrions pas de cadeau tant que nous ne remplirions pas ces conditions.  […] il est peut-être préférable pour nous que nous n’ayons pas encore reçu de cadeau à l’avance et qu’on ne nous ait pas demandé de remplir les conditions plus tard. Pourquoi? Il n’y aurait pas autant de motivation pour achever la polarisation, et cela devrait être fait non seulement par nous, mais aussi par l’opposition. Maintenant, le parti au pouvoir et l’opposition ont plus de motivation pour remplir cette condition »

Le 22 juin, Salome Zurabishvili a annoncé avoir utilisé son droit de veto contre un projet de loi sur la surveillance en déclarant également : « J’opposerai mon veto à chaque projet de loi qui sera adopté dans la mauvaise direction au cours des six prochains mois. […] Parce que de nos jours aucune loi ne peut être adoptée en Géorgie qui restreindrait davantage les droits de l’homme, alors qu’on nous demande de donner plus de garanties dans ce sens, d’être plus démocratiques et plus européens ». En effet, l’avis de la commission européenne relative à l’accès de la Géorgie à un statut de candidat relevait : « Le respect de la confidentialité des communications a été remis en question par l’écoute clandestine et la surveillance illicite des politiciens, des journalistes, des militants de la société civile et de la communauté diplomatique, y compris des enregistrements de la vie privée et de la correspondance ». Les amendements adoptés le 7 juin ayant pour but d’étendre le champ des crimes pour lesquels les enquêtes peuvent utiliser des techniques de surveillance secrètes font suite à un scandale en 2021 relatif à une fuite des  fichiers des services de sécurité révélant que le gouvernement géorgien avait systématiquement écouté les conversations du clergé, des médias et des diplomates étrangers.

23-24/06/2022 : Visite du ministre des Affaires étrangères russe en Azerbaïdjan.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov était en visite en Azerbaïdjan les 23 et 24 juin, pour rencontrer le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev qui a déclaré : « La signature de la déclaration sur l’interaction alliée à Moscou au début de cette année a donné un bon départ à nos relations en 2022, une nouvelle étape dans nos relations. , une harmonie positive et une dynamique. […] Je voudrais une fois de plus exprimer ma satisfaction quant à l’évolution de nos relations politiques, un dialogue constant au plus haut niveau, des relations commerciales et économiques qui ont montré une bonne dynamique cette année, une coopération dans les domaines des transports, de l’énergie et, bien sûr, la sphère humanitaire. […] notre proposition de commencer à travailler sur un accord de paix reste sans réponse, mais nous espérons toujours que cette proposition sera acceptée. Parmi les aspects positifs, je voudrais noter l’intensification des travaux du groupe de travail trilatéral présidé par les vice-premiers ministres de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie. Une autre réunion s’est tenue récemment à Saint-Pétersbourg. Nous espérons que […] des mesures pratiques seront prises dans le cadre de l’ouverture des liaisons de communication, garantissant le transit sans entrave des marchandises et des citoyens azerbaïdjanais vers la République autonome du Nakhitchevan. C’est une obligation légale de la partie arménienne. Malheureusement, malgré le fait que plus d’un an et demi se sont écoulés depuis la fin de la Seconde Guerre du Karabakh, ce paragraphe de la Déclaration n’a pas encore été mis en œuvre ».

Sergueï Lavrov a répondu à ces questions en ces termes: « Le groupe de travail trilatéral sur le déblocage des communications, à notre avis, fait des progrès. Nous discutons également des questions qui doivent être convenues avec la partie arménienne. Nous avons une compréhension commune de la manière de résoudre le problème de l’organisation de la circulation automobile de la manière la plus confortable, afin de ne pas créer d’obstacles artificiels. La Russie soutiendra ce travail jusqu’à ce qu’un résultat soit obtenu. J’espère que cela arrivera bientôt. Conformément à d’autres accords, nous sommes prêts à fournir des services consultatifs dans le cadre des travaux des deux commissions établies en Azerbaïdjan et en Arménie pour la délimitation et la démarcation des frontières. Il existe des propositions spécifiques à cet égard. Je serais heureux d’en discuter avec vous. […] Dans une semaine, le sommet Caspian Five aura lieu à Achgabat. Nous le préparons activement. Nous avons discuté avec mon collègue et ami Djeyhun Bayramov des documents qui pourraient être soumis aux dirigeants pour approbation ».

Le MAE russe a signé avec son homologue, Djeyhun Bayramov, un accord de coopération dans le domaine de la sécurité internationale de l’information. Selon le document, les menaces à la sécurité de l’information comprennent : «  les actions visant à violer la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale des États ; des attaques informatiques sur des objets importants de l’infrastructure informatique ; la propagande du terrorisme et les objectifs du terrorisme ; l’ingérence dans les affaires intérieures de l’Etat et atteinte à l’ordre public ; l’incitation à la haine interethnique, interraciale et interreligieuse, la propagande raciste et xénophobe qui engendre le séparatisme et l’extrémisme, la haine et la discrimination, l’incitation à la violence et à l’instabilité ; la diffusion d’informations délibérément fausses sous le couvert de rapports fiables sur des situations menaçant la vie et la sécurité des citoyens ou entraînant de graves conséquences, et d’autres cas ». Les parties se sont en gagées à «maintenir la sécurité et la stabilité dans l’espace de l’information, le respect mutuel de la souveraineté, l’intégrité territoriale, la sécurité et l’inviolabilité des frontières de l’État, le règlement pacifique des différends et des conflits, le non-recours à la force et aux menaces, la non-ingérence dans les affaires intérieures, respect des droits de l’homme et des libertés, agir conformément aux principes et normes généralement reconnus du droit international, y compris le respect des libertés fondamentales, ainsi que les principes de coopération bilatérale et de non-ingérence dans les ressources d’information des États ».

Il est à noter que l’agence de presse officielle russe RIA a récemment publié une interview d’un représentant du « gouvernement du Karabakh » et qu’en réponse l’accès à RIA Novosti a été bloqué en Azerbaïdjan. Cependant, selon Sergueï Lavrov : « cet accord sur la sécurité internationale de l’information ne concerne pas les activités des médias, mais les problèmes créés dans le cyberespace à la suite de tentatives d’utilisation du cyberespace à des fins militaires ».

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