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VEILLE SUD -CAUCASE – du 16 avril au 22 avril 2022

16/04/2022 : Visite de la délégation parlementaire géorgienne en Ukraine

La délégation géorgienne multipartite qui s’est rendue à Boutcha et à Irpin le 16 avril était dirigée par le président du Parlement Shalva Papouashvili qui a déclaré à cette occasion « Aucun mot ne peut décrire la souffrance et la misère à Boutcha et Irpin – une tragédie indescriptible et choquante au cœur de l’Europe au 21ème siècle […] La Russie doit mettre fin à ces atrocités. Il n’y a pas d’alternative à la paix ». Il a également déclaré : « Nous avons également vécu cela. Nos villes et nos espoirs ont également été bombardés et anéantis. Donc, nous, Géorgiens, comprenons très bien votre chagrin » ce à quoi Ruslan Stefanchuk, président de la Verkhovna Rada, a répondu : « la Géorgie n’aidera en aucune façon [la Russie]. Ainsi a dit [Shalva Papouashvili] quand il a vu Boutcha et Irpin de ses propres yeux ». Le 18 avril, le président du Parlement a déclaré que cette visite avait permis de « régler de nombreux problèmes » et qu’il avait signifié à son homologue que la Géorgie n’avait « aucun instrument en matière de sanctions bilatérales qui pourrait de manière réaliste avoir un effet sur les décisions de la Russie ». Cette visite a été également considérée comme un tournant dans les relations entre les deux pays par l’ensemble des participants à savoir : les vice-présidents du Parlement Archile Talakvadze et David Sergeenko, le président du Comité aux Questions de la Diaspora et du Caucase, Beka Odisharia, , le vice-président du « Parti des citoyens », Levan Ioseliani ainsi qu’Ana Natsvlishvili du parti « Lelo », Giorgi Khojevanishvili du parti « Pour la Géorgie », Vakhtang Megrelishvili du parti « Nouveau centre politique – Girchi » et Khatuna Samnidze du « Parti républicain ».

Les dirigeants du parti « Mouvement National Uni » ont quant à eux opté pour une visite séparée à partir du 15 avril, son président Nika Melia déclarant : «Le but de venir à Boutcha n’est pas seulement de dire que ce que fait la Russie est un génocide, mais aussi de renforcer cette foi, ce sentiment d’unité et d’émotion que l’Ukraine gagnera définitivement ». L’ancien président géorgien, Giorgi Margvelashvili, qui faisait partie de la délégation, a déclaré  que ce voyage était motivé par « l’esprit commun, l’émotion commune qui unit la société géorgienne, qui se tient aux côtés de l’Ukraine » dans un contexte politique de « génocide ».

17-22/04/2022 : Manifestations anti-gouvernementales à Erevan

Le 17 avril, le membre de la coalition d’opposition « J’ai l’Honneur » et dirigeant du parti « Mère Patrie », Arthur Vanetsian, a entamé une manifestation de sit-in sur la place de la Liberté d’Erevan à laquelle se sont joint deux anciens soldats de la « guerre de 44 jours » pour une grève de la faim. L’autre grande coalition d’opposition « Hayastan » ne s’est pas jointe à cette initiative, son dirigeant et vice-président du Parlement déclarant : « Nous avons un plan d’action du début à la fin, nous ferons une annonce dans un avenir proche et commencerons à agir. Le peuple arménien doit se battre pour l’Arménie et l’Artsakh, et je vous assure que ce gouvernement sera de courte durée » et un autre membre déclarant, quant à lui « des mesures actives sont déjà prises, tous les outils possibles seront utilisés ». Le 20 avril, c’est le « Mouvement 5165 » qui a rejoint le mouvement et qui a manifesté devant le ministère des Affaires étrangères. Les manifestations demandant la démission de Nikol Pachinian se sont poursuivies toute la semaine sur la place de la Liberté.

Le 22 avril, Nikol Pachinian a tenté d’apaiser les tensions lors de la séance du gouvernement en soulignant que « les évaluations sur la dissolution du groupe de Minsk [n’étaient] pas fondées », qu’ »aucun projet ou plan de règlement du conflit du Haut-Karabakh [n’était] sur la table ou [n’avait] été mis en circulation » et que la tâche de l’Arménie était de fournir une telle solution au règlement de l’Artsakh que « le peuple d’Artsakh [vive] en Artsakh et [vive] de telle manière qu’il se sente et se considère comme des Arméniens d’Artsakh ».

18 –20/04/2022 : Arrestations de militants des droits humains en Azerbaïdjan

Le 18 avril, Elkhan Aliev, membre du parti du « Front Populaire » a été arrêté le jour même de sa libération d’un mois de détention administrative depuis le 19 mars, accusé pour une affaire civile sans plus de précision. Le 20 avril, Samir Achourov, militant des droits humains, expulsé d’Allemagne avec sa femme, suite au rejet de leur demande d’asile, a été arrêté par la police azerbaïdjanaise accusé d’avoir poignardé un homme. Il a été placé en détention pour une durée de 4 mois et il risque une peine de 6 à 11 ans de prison. Il aurait déjà fait l’objet de torture et aurait entamé une grève de la faim. Il avait été arrêté plusieurs fois avant son départ en Allemagne en 2018 pour avoir participé à des manifestations anti-gouvernementales.

Le 21 avril, des émigrés politiques azerbaïdjanais ont manifesté devant le ministère allemand des Affaires étrangères ainsi que devant les bureaux d’Amnesty International et de Human Rights Watch afin d’attirer l’attention sur plusieurs répressions de militants des droits humains expulsés d’Allemagne comme Mutallim Orudzhev, Malik Rzayev, Jafar Mirzoyev et Pyunkhan Karimli dont ils demandent qu’ils soient reconnus comme prisonniers politiques.

19/04/2022 : Déclaration commune en 30 points du Premier ministre arménien et du président russe

Les 19 et 20 avril, Nikol Pachinian, Premier ministre d’Arménie, s’est rendu en Russie à l’invitation du président russe, Vladimir Poutine, visite durant laquelle une déclaration commune en 30 points a été publiée. Celle ci rappelle l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays à partir du 3 avril 1992 et affirme la volonté d’approfondissement des relations entre les deux pays conformément au Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle entre la Fédération de Russie et la République d’Arménie du 29 août 1997 et à la Déclaration sur la coopération alliée entre la Fédération de Russie et la République d’Arménie du 26 septembre 2000.

Le haut niveau de coopération militaire et a été souligné, de même que « la nécessité d’une nouvelle augmentation progressive du volume et de la diversification de l’éventail des échanges, du développement de la coopération dans divers secteurs de production et de la participation active des mécanismes de l’Union économique eurasiatique ». La déclaration fait aussi état de la préoccupation des deux dirigeants concernant : « le recours à des mesures restrictives unilatérales par un certain nombre de pays » et exprime leur intention de « relever ensemble les défis engendrés par ces mesures, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire et énergétique des deux pays, de la logistique, etc ».

La déclaration préconise ainsi « la promotion progressive des processus d’intégration au sein de l’Union économique eurasiatique, la mise en œuvre d’orientations stratégiques pour le développement de l’intégration, y compris la création d’un marché intérieur sans restrictions, barrières et exemptions, et une augmentation de la part des règlements en monnaies nationales ».

La coopération entre les deux pays doit également s’étendre aux domaines de la sécurité internationale de l’information et à la biosécurité. Un accent a aussi été mis sur la « lutte contre la révision des résultats de la Seconde Guerre mondiale et la falsification de l’histoire » et la déclaration prévoit d’« intensifier les efforts pour lutter contre toute manifestation de racisme, de xénophobie, de néonazisme, ainsi que de discrimination fondée sur la nationalité, la langue ou la religion, y compris celles qui affectent les droits et les intérêts légitimes des citoyens et compatriotes vivant en Russie et en Arménie ».

Exprimant l’ inquiétude des deux dirigeants concernant « l‘aggravation de la situation dans le domaine de la sécurité internationale » la déclaration pose le principe selon lequel « aucun État, syndicat ou coalition ne peut ou ne doit assurer sa sécurité aux dépend de la sécurité des autres États » et note « l’inadmissibilité d’actions visant à détruire l’architecture de la maîtrise des armements et à obtenir des avantages militaires unilatéraux au détriment de la sécurité d’autrui, ce qui porte atteinte au principe fondamental de sécurité égale et indivisible, conduit à des contradictions et à des affrontements ».

Concernant la situation au sud-Caucase, les parties ont souligné «  la contribution décisive du contingent russe de maintien de la paix pour assurer la sécurité, créant des conditions favorables et sûres pour la vie de la population du Haut-Karabakh », la « nécessité d’une solution rapide des tâches humanitaires urgentes » et « l’importance d’intensifier les activités du groupe de travail trilatéral pour débloquer tous les liens économiques et les communications de transport dans le Caucase du Sud, coprésidé par les vice-premiers ministres d’Azerbaïdjan, d’Arménie et de Russie ». Ils ont ainsi prévu « d’accélérer la mise en place d’une commission bilatérale sur les questions de délimitation et de sécurité dans la zone de la frontière arméno-azerbaïdjanaise ». Elles ont également salué «  le processus de normalisation des relations arméno-turques lancé avec l’aide de la Russie ». et la réussite du lancement de la plateforme consultative régionale 3+3.

le 22 avril, le président du Conseil européen, Charles Michel, qui a déclaré à Kiev le 20 avril que l’UE ferait « tout son possible » pour que  l’Ukraine « gagne la guerre » contre la Russie  et que Vladimir Poutine ne réussirait « ni à détruire la souveraineté de l’Ukraine, ni à diviser l’Union européenne » et qui s’est déplacé à Borodianka près de Kiev où il a dénoncé des « crimes de guerre », s’est entretenu au téléphone avec ce dernier concernant à la fois la situation en Ukraine et le processus de paix au Karabakh. Vladimir Poutine a ainsi informé le dirigeant européen des «  mesures prises pour rétablir les liens économiques et de transport, ainsi que du lancement de la démarcation de la frontière arméno-azerbaïdjanaise et des négociations sur un accord de paix entre les deux pays ». Charles Michel s’était entretenu par téléphone à ce sujet le 18 avril avec Nikol Pachinian qui avait rencontré le coprésident américian du groupe de Minsk, Andrew Schofer, la veille, après sa rencontre avec le coprésident français, Brice Rocquefeuil le 14 avril.

19-21/04/2022 : Visite d’une délégation du service extérieur de l’UE pour le sud-Caucase en Azerbaïdjan et en Arménie

Toivo Klaar, représentant spécial de l’UE pour le sud-Caucase, s’est rendu à Bakou à la tête d’une délégation le 19 avril afin d’y rencontrer le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, qui a qualifié la réunion du 6 avril dernier à Bruxelles de « point de départ officiel » concernant le « lancement du processus de normalisation » des relations avec l’Arménie et qui aussi insisté sur la construction des voies de transport entre l’Azerbaïdjan et son exclave du Nakhitchevan. Il a également rencontré le ministre des Affaires étrangères, Djeyhun Bayramov. Le 21 avril, Toivo Klaar a rencontré le ministre des Affaires étrangères arménien, Ararat Mirzoyan et le secrétaire du Conseil de Sécurité en compagnie du chef de délégation de l’UE en Arménie, Andrea Victorin.

20/04/2022 : Le dirigeant sud-ossète en visite à Moscou

Anatoli Bibilov, le président sud-ossète en course pour le deuxième tour des élections présidentielles prévue le 28 avril et qui vient de nommer son nouveau ministre de la Défense, Vladimir Poukhaev, le 18 avril, était en visite à Moscou le 20 avril pour rencontrer le chef de l’administration présidentielle, Dimitri Kozak afin de discuter du « programme de développement socio-économique de la République d’Ossétie du Sud jusqu’en 2025 ». Ont ainsi été abordés la préparation des accords bilatéraux concernant « l’augmentation de salaire pour les employés du secteur public et les forces de l’ordre d’Ossétie du Sud » dont la signature est prévue pour la fin du mois de mai.

Suite à la 106ème réunion du Mécanisme de Prévention et de Réponses aux Incidents (MPRI) à Ergneti la semaine dernière, des points de passage ont été ouverts avec la Géorgie dans le contexte des vacances de Pâques à partir du 21 avril, qui devraient se prolonger jusqu’au 25 avril. Il s’agit de ceux d’Odzisi, de Karzmani et de Sinaguri. Ceux d’Ergneti et de Zardiantkari devraient rester fermés.

20/04/2022 : Signature de la Déclaration sur le Partenariat Stratégique par les dirigeants de l’Azerbaïdjan et du Kirghizistan.

Les présidents azerbaïdjanais et kirghize, Ilham Aliev et Sadir Japarov, se sont rencontrés le 20 avril à Bakou, visite élargie aux délégations des deux pays devant lesquelles le président kirghize a tenu à rappeler la « fondation des relations entre les deux pays » sous Heydar Aliev, le père de l’actuel président azerbaïdjanais, et leur coopération dans différences instances internationales : ONU, OSCE, Organisation des États turciques, Organisation de la coopération islamique, CEI et Mouvement des non-alignés. Il a notamment déclaré : « les profonds changements qui s’opèrent dans le monde aujourd’hui nous offrent une chance historique de construire un nouveau type de relation. La base de ces relations sont les anciennes valeurs turques telles que la dignité et l’honneur ». Il a également appelé les milieux d’affaires azerbaïdjanais à « étudier activement les opportunités d’investissement dans [leur] pays et à accorder plus d’attention à l’étude des zones de libre-échange, des régimes fiscaux et douaniers préférentiels ». A la suite de ces rencontres, une Déclaration sur le Partenariat Stratégique entre les deux républiques a été signé ainsi qu’un mémorandum sur la création du Conseil interétatique, un  protocole de coopération entre les Académies nationales d’administration des deux pays, un accord de coopération entre la société anonyme de radiodiffusion-télévision azerbaïdjanaise et la télévision publique et la corporation de radiodiffusion-télévision kirghize, un accord de coopération dans le domaine de l’agriculture entre les ministères de l’Agriculture des deux pays, un mémorandum sur la coopération entre le service d’État pour la surveillance anti-monopole et le contrôle du marché de consommation relevant du ministère de l’Économie azerbaïdjanais et le service de réglementation anti-monopole du ministère de l’Économie et du Commerce kirghize, un mémorandum sur le développement de la coopération dans le domaine des communications et des technologies de l’information et de la communication entre les ministères concernés, un accord sur les communications aériennes entre le gouvernement azerbaïdjanais et le cabinet des ministres kirghize, un protocole d’accord et de coopération dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle et enfin un protocole d’accord sur la coopération entre les ministère des Finances.

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