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VEILLE SUD-CAUCASE – du 12 novembre au 18 novembre 2022

14/11/2022 : Démantèlement d’un «réseau d’espionnage» iranien en Azerbaïdjan

Un communiqué de presse des services de sécurité de l’État azerbaïdjanais a annoncé le 14 novembre avoir arrêté un «réseau d’espionnage créé par les services spéciaux iraniens», soit 5 personnes inculpées pour «trahison» en vertu de l’article 274 du Code pénal azerbaïdjanais. Ces services ont également annoncé que d’autres citoyens azerbaïdjanais «se cachaient en Iran» et agissaient «sur les instructions de l’agence des services spéciaux iraniens».

Le 15 novembre, ce sont les services de sécurité géorgiens qui ont annoncé avoir arrêté plusieurs personnes ayant la double nationalité pakistanaise et irano-géorgienne pour avoir tenté de tuer un citoyen israélien. Le commanditaire serait un citoyen iranien.

15-16/11/2022 : Visite du commissaire européen au voisinage et à l’élargissement en Géorgie.

Le commissaire européen au voisinage et à l’élargissement, Oliver Varheli, s’est rendu en Géorgie les 15 et 16 novembre où il a rencontré le Premier ministre, Irakli Garibashvili, et la présidente Salomé Zourabishvili. Selon le média Civil.ge relayant le communiqué de presse de la présidence ainsi que celui du Premier ministre, Irakli Garibashvili aurait remercié son interlocuteur pour sa «contribution personnelle» à l’européanisation de la Géorgie le qualifiant de «véritable ami de notre pays, un ami de notre peuple» tout en annonçant travailler «méticuleusement» à la mise en œuvre des 12 recommandations de l’UE tout en déplorant que l’opposition «dont l’obligation directe est de mettre en œuvre ces recommandations, [et] la principale, première recommandation – qui est la dépolarisation», n’était pas impliquée dans le processus. Et Salomé Zourabishvili aurait souligné «l‘énorme potentiel de la Géorgie en termes de développement des corridors infrastructurels, énergétiques et de transport reliant l’Europe».

Il a également tenu de concert avec le Premier ministre des réunions avec plusieurs ministres et des institutions financières (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, Banque Européenne d’Investissement, Agence Française de Développement et Banque allemande de crédit pour la reconstruction) qui selon le communiqué de presse du gouvernement de Géorgie auraient donné lieu à des «discussions sur les questions de coopération dans les domaines de l’énergie, des communications et du commerce» ainsi que concernant les « projets prioritaires dans le sens de la connectivité en mer Noire». Il aurait ainsi été noté que «la Géorgie, en raison de son emplacement stratégique, [pouvait] jouer un rôle important dans la direction de la diversification des voies de transport et de la garantie de l’approvisionnement énergétique de l’Europe».

De son côité, le commissaire européen a déclaré selon le compte-rendu de la Commission européenne: «Nous constatons que la grande majorité de la population géorgienne est favorable à l’adhésion à l’UE. Il s’agit d’un mandat très fort, non seulement pour le gouvernement, mais pour toute l’élite politique du pays et pour tous ceux qui y travaillent activement. […] Cependant, je dois également souligner que, bien sûr, cela ne peut se réaliser que si tout le pays, toute la Géorgie et tous les Géorgiens – à l’intérieur ou à l’extérieur de la Géorgie – travaillent pour cet objectif commun. Parce que je suis convaincu que l’histoire n’offre jamais deux fois la même chance. Nous devons donc la saisir et la réaliser. […] Des décisions très importantes, des propositions sont en train d’être prises et préparées au parlement, et je vois que le gouvernement travaille également très activement pour terminer tout le travail lié à la réalisation des 12 priorités.Juste pour vous donner quelques exemples, nous constatons déjà des évolutions positives concernant la réforme judiciaire, nous constatons également des progrès dans la lutte contre la corruption où la Géorgie est en tête. […] Mais bien sûr, il reste encore beaucoup à faire et, par exemple, nous avons besoin d’une agence anti-corruption totalement indépendante, nous aurions besoin de la loi sur la désoligarchisation […] nous avons besoin de mesures pour intensifier le travail de lutte contre le crime organisé. […] cela contribuera également immédiatement à stimuler l’économie, à fournir de la croissance et des emplois au niveau local et à assurer la stabilité sociale des Géorgiens en Géorgie». Il a également déclaré sur Twitter après sa rencontre avec la présidente : «L’UE se réjouit d’accueillir la Géorgie dans notre famille européenne».

15/11/2022 : Le Sénat français adopte une proposition de résolution en faveur d’une reconnaissance de la «République du Haut-Karabakh»

Le 15 novembre, le Sénat français a adopté à 295 voix pour et 1 contre une proposition de résolution visant à appliquer des sanctions contre l’Azerbaïdjan et à exiger son «retrait immédiat du territoire arménien» et réaffirmant la nécessité de «reconnaître la République du Haut-Karabakh» et de faire de cette reconnaissance un «instrument de négociations en vue d’instaurer une paix durable». Cette proposition de résolution « invite le Gouvernement […] à envisager, avec ses partenaires européens, les réponses les plus fermes appropriées – y compris la saisie des avoirs des dirigeants azerbaïdjanais et un embargo sur les importations de gaz et de pétrole d’Azerbaïdjan» et «à manifester par tous moyens le soutien de la France à l’Arménie, en envisageant en particulier le renforcement des capacités de défense de l’Arménie en vue d’assurer son intégrité territoriale».

Le 12 novembre, le président français Emmanuel Macron s’était entretenu avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev, échange au cours duquel selon l’Élysée, «le président de la République a salué l’effet stabilisateur de la mission civile de l’Union européenne le long de la frontière avec l’Azerbaïdjan » tandis que le communiqué de presse de la présidence azerbaïdjanaise fait état de l’insistance de la partie azerbaïdjanaise à souligner «l’importance de faire preuve d’une approche neutre, impartiale et équilibrée dans le processus de normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan», le dirigeant azerbaïdjanais soulignant que «les déclarations faites par l’Arménie ces derniers jours [contredisaient] le processus de normalisation des relations entre les deux pays et l’agenda de paix».

Cette proposition de résolution a fait l’objet des critiques du ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais qui, par voie de communiqué de presse en date du 16 novembre a qualifié cette démarche de «complètement éloignée de la vérité» et reflétant des «dispositions fausses et calomnieuses, et ayant le caractère d’une provocation ouverte». Selon lui, «cette résolution adoptée par le Sénat, tout en étant juridiquement non contraignante, démontre une fois de plus la position politique partiale et unilatérale de la France en tant que pays ayant déclaré son intention de contribuer au processus de normalisation » et il déclare : «en général, toutes les revendications farfelues mentionnées dans la résolution sont un autre indicateur de l’ignorance de ses auteurs sur les faits historiques et la situation actuelle dans la région». Le chargé d’affaires français en Azerbaïdjan, Julien Le Lan, a été, selon le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais, convoqué afin de lui signaler que «la résolution adoptée par le Sénat français, qui contenait des dispositions totalement mensongères et calomnieuses, avait été fermement rejetée par l’Azerbaïdjan» et que «la France, qui prétend contribuer au processus de paix, [avait] une fois de plus clairement démontré sa position pro-arménienne, partiale et unilatérale» tout en spécifiant qu’«en plus de violer gravement les normes et principes du droit international, la résolution mentionnée [était] totalement contraire aux obligations découlant de l’article 2, clause 3 du “Traité d’amitié, de compréhension mutuelle et de coopération” (1993) entre la République d’Azerbaïdjan et la République française». De même le compte rendu du Milli Madjlis relatif à la session plénière du 16 novembre fait état des objections exprimées par rapport à cette proposition et des déclarations selon lesquelles le document était «faux» et montrait «la position partiale et injuste du Sénat français». On peut ainsi lire «déclarant que cette résolution est le troisième document adopté par le parlement français contre l’Azerbaïdjan au cours des deux dernières années, les députés ont déclaré que les actions de la France contre notre pays sont intentionnelles, que ce pays est un pays qui a envahi et colonisé des dizaines de pays dans son histoire , que la résolution n’a aucune valeur juridique et que ce qui s’est passé restera sur le papier».

Le président de l’Assemblée nationale arménienne, Alen Simonian, a, lui, félicité l’initiative via Twitter en déclarant : «Le Sénat de la France amicale, l’un des berceaux de la démocratie, a adopté une résolution soutenant l’Arménie et proposant des sanctions contre l’Azerbaïdjan. Merci à nos partenaires de servir la justice ».

Les accusations réciproques de cessez le feu se sont multipliées cette semaine, le ministère de la Défense arménien dénonçant le 12 novembre des tirs azerbaïdjanais prenant pour cible des civils dans le village de Khramort, information confirmée le lendemain par le contingent russe de maintien de la paix, ainsi que des tirs «dans la partie orientale de la zone frontalière arméno-azerbaïdjanaise». Le même ministère a dénoncé des tirs similaires le 14 novembre puis la mort d’un soldat le 18 novembre. La «police du Haut-Karabakh» a aussi informé le 16 novembre via facebook de tirs sur des civils dans dans le district d’Askeran et le 18 novembre dans le village de Hatsi/Tchörekli. Le 14 novembre, le ministère de la Défense azerbaïdjanais a dénoncé des tirs en direction du district de Kelbadjar qui seraient intervenus la veille, ainsi que des tirs dans le district de Khodjavend, accusations démenties par la partie arménienne. De même le 16 novembre, concernant des tirs survenus la veille «en direction de la colonie de Mollabayramli dans le district de Kelbajar», ce qui a été démenti par la partie arménienne. Par ailleurs le 17 novembre, le même ministère a dénoncé des «travaux d’ingénierie illégaux» menés par «l’armée de défense du Haut-Karabakh» dans les districts d’Agdam et de Khojaly. Puis le 18 novembre concernant des tirs en direction de la colonie de Mollabayramli dans le district de Kelbajar et en direction de la colonie de Yukhari Veysalli dans le district de Fizouli, ce qui a été démenti par la partie arménienne.

Le 16 novembre, Ilham Aliev a signé un décret approuvant le «premier programme d’État sur le grand retour aux territoires de la République d’Azerbaïdjan libérés de l’occupation».

15/11/2022 : Visite du président azerbaïdjanais en Albanie et renforcement de la coopération gazière.

Le 15 novembre, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, s’est rendu en Albanie où il a rencontré son homologue Bayram Begay avec lequel ils ont fait des déclarations conjointes à la presse. A cette occasion, Ilham Aliev a déclaré : «Notre coopération fructueuse dans les organisations internationales renforce également nos relations. Vous avez mentionné que l’Albanie a toujours soutenu l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et ce soutien a toujours été réciproque. […] Nous apprécions hautement les déclarations des responsables albanais, tant pendant l’occupation que pendant la Seconde Guerre du Karabakh. […] Il existe de nombreuses bonnes opportunités de coopération au-delà du secteur de l’énergie : investissements mutuels, activité conjointe d’entreprises albanaises et azerbaïdjanaises, création d’entreprises communes, tourisme, agriculture, technologies modernes. […] En ce qui concerne les questions d’approvisionnement en gaz, l’Azerbaïdjan et l’Albanie sont membres du projet TAP, et nos pays ont joué un rôle très important dans la mise en œuvre du corridor gazier sud. […] Sur la base de ce protocole |sur la coopération stratégique dans le domaine de l’énergie signé entre l’Azerbaïdjan et l’UE en juillet] , nous avons l’intention de doubler l’approvisionnement en gaz de l’Europe d’ici 2027. Bien entendu, ce gaz passera par le territoire albanais, apportant ainsi un soutien et une contribution supplémentaires à la sécurité énergétique de l’Europe. […] Dans le même temps, nous avons discuté avec vous aujourd’hui de la contribution que nous pouvons apporter au développement de l’industrie gazière en Albanie. Nous avons notre propre opinion sur la question. Il n’y a pas de réseau de gaz établi en Albanie à ce jour. L’Azerbaïdjan peut participer dans ce domaine en tant qu’investisseur, et nous y sommes prêts. […] Nous avons été parmi les premiers pays non membres de l’OTAN à rejoindre la mission de maintien de la paix. Nous sommes parmi les deux derniers pays à quitter l’Afghanistan – les deux derniers pays étaient la Turquie et l’Azerbaïdjan. Tous les autres membres de l’OTAN sont partis avant nous. C’est aussi une manifestation de notre sens des responsabilités. L’Albanie, en tant que membre de l’OTAN, a toujours fortement soutenu les relations OTAN-Azerbaïdjan».

Le président albanais a écrit sur Twitter «A accueilli aujourd’hui le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, lors de la toute première visite d’un président azéri en Albanie. Le processus de gazéification de l’Albanie est l’un des domaines dans lesquels nous pourrions continuer à collaborer. L’Albanie, en tant que pays de transit pour le TAP, devrait devenir bénéficiaire du transport de gaz. Nous avons discuté de la nécessité de renforcer davantage la coopération économique et commerciale entre les deux pays. Les investissements dans les infrastructures énergétiques sont nécessaires, en particulier face aux crises et conflits actuels».

15/11/2022 : La vice-présidente de la République d’Azerbaïdjan annonce sa démission d’ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les traditions orales et musicales.

Selon un communiqué de presse du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères du 15 novembre, Mehriban Aliyeva, première vice-présidente azerbaïdjanaise et épouse du chef de l’État, aurait envoyé une lettre à la directrice de l’UNESCO, Audrey Azoulay, pour «mettre fin à son mandat d’ambassadrice de bonne volonté» de cette organisation du fait de l’impossibilité de remplir ses fonctions compte tenu de son «rôle particulier» relatif à sa participation active à «la restauration et la revitalisation à grande échelle de la région [Karabakh]». Elle aurait également exprimé l’espoir de «l’envoi le plus rapide de la mission de l’UNESCO dans les territoires libérés, pour évaluer les dommages causés au patrimoine culturel de l’Azerbaïdjan à la suite de l’occupation de l’Arménie».

L’ambassadeur arménien aux Pays-Bas et au Luxembourg a écrit sur Twitter : « Excellente nouvelle pour commencer la journée. L’épouse du président azerbaïdjanais, Mme Mehriban Aliyeva n’est plus ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO. Après des décennies de travail contre les valeurs et les principes de cette organisation, refusant l’accès de la mission de l’UNESCO aux zones sous son contrôle, la justice est venue».

15-17/11/2022 : Visite de la délégation des envoyés de l’UE et des États membres de l’UE pour le partenariat oriental en Arménie et en Azerbaïdjan.

Une délégation des envoyés de l’UE et des États membres de l’UE pour le partenariat oriental conduite par l’envoyé spécial de l’Union européenne pour le Partenariat oriental Dirk Schuebel s’est rendu en Arménie le 15 novembre où elle a rencontré le Premier ministre Nikol Pashinyan, le ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan, et le secrétaire du Conseil de sécurité Armen Grigorian. Selon le communiqué de presse du Premier ministre, ce dernier a souligné «les réformes mises en œuvre […] dans le cadre du programme du Partenariat oriental dans les domaines du développement de la démocratie, de la justice, de l’économie» et «la nécessité d’assurer la mise en œuvre effective du paquet économique et d’investissement de 2,6 milliards d’euros annoncé par l’UE pour l’Arménie». Le ministre des Affaires étrangères a, selon son communiqué de presse, échangé des vues sur «l’activité et l’importance de la mission d’observation de l’UE en Arménie» tout en informant sur les «conséquences de l’agression azerbaïdjanaise des 13 et 14 septembre». Il a ainsi déclaré que «les approches maximalistes de l’Azerbaïdjan [continuaient] d’entraver l’établissement de la stabilité et de la paix dans la région».

Le 17 novembre, la délégation s’est rendu à Bakou où les membres ont rencontré le président Ilham Aliev. Selon le communiqué de presse de la présidence retraçant les échanges de déclarations, l’envoyé spécial de l’Union européenne pour le Partenariat oriental Dirk Schuebel a déclaré : «Nous avançons sur de nombreux fronts, l’énergie, bien sûr, cela va sans dire. Mais aussi sur le plan politique […]  l’Union européenne est un partenaire honnête. Nous n’avons pas d’agenda caché. Nous n’avons pas d’ordre du jour particulier. Nous voulons simplement coopérer et avancer dans notre coopération. De nombreux dialogues ont été établis. Dialogues de sécurité, bien d’autres. […] Mais bien sûr, nous n’oublions pas le problème principal – le conflit. Ce n’est pas un secret, je pense, Monsieur le Président, nous venons d’Arménie. […] et je pense que le message principal que nous avons tous reçu là-bas est que l’Arménie est également intéressée par la paix. Et nous entendons aussi que c’est aussi votre intérêt».

Ilham Aliev a approuvé la nécessiter de revitaliser le partenariat oriental en ces termes: «Bien sûr, en ce qui concerne le Partenariat oriental, vous savez que dès le début de ce programme, l’Azerbaïdjan a été très favorable et a participé activement à différents événements, y compris des sommets. Maintenant, je suis d’accord qu’il est temps de le moderniser, de revoir ce qui a été fait, car cela fait déjà plus d’une décennie que le programme a été lancé. Et les membres du Partenariat oriental ont fait leur choix. Certains d’entre eux ont signé un accord d’association, et certains d’entre eux ont rejoint l’Union économique eurasienne, tandis que l’Azerbaïdjan est le seul à n’avoir rejoint aucun des formats. […] c’est une bonne plate-forme et nous la considérons comme une base pour nos négociations avec l’UE sur l’accord. Et ça avance avec succès mais lentement. Avec succès, car nous avons bouclé la plupart des chapitres, plus de 90%, lentement car nous sommes coincés avec les problèmes qui, selon nous, peuvent être résolus si nous avons une volonté politique des deux côtés. Il y a certaines inquiétudes en Azerbaïdjan, car tout accord que nous avons signé ou envisageons de signer doit apporter des avantages supplémentaires à nous et à nos partenaires. Donc, on ne peut pas signer quelque chose qui à moyen ou long terme peut créer certaines difficultés économiques. Par conséquent, les chapitres où nous sommes bloqués sont le commerce, l’économie et quelques autres».

Concernant le processus de paix avec l’Arménie, il a déclaré : «Vous avez mentionné votre visite en Arménie et que vous avez reçu un message des dirigeants arméniens sur la paix, vous savez, nous avons entendu ces messages pendant toutes les années d’occupation qu’ils veulent la paix. Et ils n’étaient pas sincères. Nous voulions aussi la paix, mais nous voulions aussi récupérer nos terres. Ils voulaient la paix sans rendre les terres. C’est une différence. Et nous avons dû résoudre le conflit par la force et ensuite par des moyens politiques. Maintenant, quand ils parlent de paix, je pense que c’est une sorte de manipulation, parce que s’ils voulaient vraiment la paix, ils auraient répondu à notre proposition. C’est nous qui avons proposé d’entamer des négociations sur un accord de paix juste après la fin de la guerre. Et ce fut l’un des cas probablement uniques dans l’histoire du monde. Le pays dont les terres ont été occupées pendant tant d’années, qui a rétabli la justice par la force, et après que l’ennemi a été vaincu et expulsé de nos territoires, nous avons offert la paix. […] Mais les déclarations de l’Arménie sont très controversées. Ils disent reconnaître notre intégrité territoriale et notre souveraineté. Non seulement dire, mais ils ont signé en vertu de cela à Prague et à Sotchi. Cela signifie la souveraineté sur tout notre territoire. Nous comprenons tous ce que signifie la souveraineté. En même temps, ils veulent intégrer les questions liées à la minorité arménienne en Azerbaïdjan dans notre accord de paix. Ça ne marchera pas. Ce n’est pas possible. Et nous ne serons pas d’accord là-dessus. Par conséquent, nous devons avoir une position très claire du gouvernement arménien sur son programme. […] Et, aussi le pays qui veut la paix devrait s’abstenir de la rhétorique très dangereuse, que les responsables arméniens se sont permis d’utiliser récemment, comparant l’Azerbaïdjan à ISIS et Al-Qaïda, je pense que c’est une rhétorique très dangereuse. D’abord, parce que ce sont eux qui ont agi en tant qu’ISIS et Al-Qaïda. Les ambassadeurs des États membres de l’UE ont visité les territoires libérés. Les Arméniens ont fait la même chose que ce qui a été fait par ISIS et Al-Qaïda concernant le patrimoine historique et religieux. Ce n’était pas nous, c’était eux. Alors ils ont commis des actes de terreur, ils ont commis un génocide, ils ont détruit nos mosquées, pas nous. […] S’ils veulent parler des droits et de la sécurité des Arméniens au Karabakh, cela ne fonctionnera pas. Nous sommes prêts à en parler avec les Arméniens qui vivent au Karabakh, pas avec ceux qui ont été envoyés de Moscou cachant dans leurs poches des milliards d’argent volé au peuple russe, comme un dénommé Vardanyan qui a été transféré de Moscou là-bas avec un agenda très clair . Mais nous sommes prêts à parler à ces gens du Karabakh qui y vivent et qui veulent y vivre. Nous sommes prêts. Soit dit en passant, ce processus a commencé. Sans l’ingérence extérieure et les tentatives de bloquer ce processus de la part de certains pays, que je viens de mentionner, je pense que le processus aurait pu avoir une meilleure dynamique. Mais cela n’a rien à voir avec Pashinyan et son gouvernement. Cela doit être séparé».

Ces remarques ont fait l’objet de commentaires sur Telegram de la part du nouveau «ministre d’État du Haut-Karabakh» en ces termes : «Je salue la volonté du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev de lancer une dialogue direct avec l’Artsakh. L’Artsakh devrait être un sujet dans ce processus. […] Je voudrais également suggérer de passer à un ton plus constructif et demander des éclaircissements sur «l’agenda clair» que j’ai, soi-disant, selon M. Aliyev. J’ai souligné à plusieurs reprises que j’avais renoncé à la nationalité russe afin d’éviter d’être accusé de poursuivre les intérêts de quelqu’un d’autre en Artsakh […] Je crois que je respecte pleinement le critère de négociateur avancé par M. Aliyev : «qui vit au Karabakh et veut y vivre». Tandis que le «ministère des Affaires étrangères du Haut-Karabakh» a publié une déclaration avançant que «les tentatives de l’Azerbaïdjan d’abolir le statut de l’Artsakh en tant que partie au conflit, ainsi que de présenter les négociations comme une «conversation avec les Arméniens vivant au Karabagh»[…] [était] inacceptable pour la République d’Artsakh » en rappelant que son ministère avait «souligné à plusieurs reprises la nécessité de sa pleine participation aux négociations et l’importance de maintenir le format du groupe de Minsk de l’OSCE en tant que meilleure plate-forme pour le règlement pacifique du conflit».

16/11/2022 : Déclaration du Nikol Pachinian à l’Assemblée nationale arménienne concernant le processus de paix avec l’Azerbaïdjan.

Le 16 novembre, le Premier ministre arménien a fait plusieurs commentaires à l’Assemblée nationale concernant le processus de paix en cours avec l’Azerbaïdjan, qui ont été relayés par plusieurs médias locaux (News.am, Armenpress, Aysor.am). Il aurait ainsi déclaré : « L’Arménie a remis à l’Azerbaïdjan ses propositions sur un traité de paix, notre texte, à Washington, nous attendons la réponse de Bakou. […] L’Arménie perçoit certaines tendances de tension […] liées à des événements et des situations spécifiques. La position de l’Arménie est claire : les troupes azerbaïdjanaises doivent se retirer des territoires occupés de l’Arménie, des positions qui étaient en place avant le 11 mai 2021. En fait, la communauté internationale soutient nos positions, nous espérons que l’OTSC défendra également notre position . Bien sûr, la situation est étrange, cela aurait dû être l’inverse, l’OTSC aurait dû clairement nous défendre, et nous aurions dû travailler avec d’autres partenaires pour construire une position autour de nous, mais nous avons maintenant exactement le contraire. J’espère que nous enregistrerons un tel consensus le 23 novembre lors du sommet de l’OTSC à Erevan. […] Nous ne voulons pas provoquer une guerre entre l’OTSC et l’Azerbaïdjan. Nous sommes intéressés par une position politique. […] Je pense que l’attitude des citoyens de la République d’Arménie envers l’OTSC et l’avenir de nos relations se formeront autour de cette question même. […] Nous avions espéré et nous croyons encore aujourd’hui que la délimitation des frontières devrait être achevée au moment de la signature ou de l’entrée en vigueur du traité de paix. Il y a actuellement des signaux indiquant que cela n’est peut-être pas très réaliste. Par contre, là aussi, il y a une solution : nous proposons un schéma de retrait des troupes en prenant comme base la ligne qui existait réellement en 1991, faire un retrait miroir des troupes, créer un mécanisme de surveillance, renoncer en tant que toute la présence de troupes dans les zones frontalières, pour transférer ces dernières sous la tutelle du Service des Frontières, pour consolider le tracé frontalier perçu, après quoi, nous procéderions sereinement au processus de délimitation, qui en fait peut s’éterniser pendant de nombreuses années. […] En ce qui concerne le traité de paix, il existe deux approches – une détaillée et le modèle d’accord-cadre, lorsqu’un cadre est dessiné, sans trop de détails. L’expérience montre que des difficultés peuvent survenir si l’on tente de résoudre des problèmes très détaillés. C’est pourquoi l’Arménie a proposé de signer un accord-cadre de paix. […] La raison pour laquelle nous avons accepté la position russe était précisément le fait que nous ne promouvons pas la question du statut, mais assurons plutôt la sécurité et les droits des Arméniens du Haut-Karabakh. Comme ce fut le cas en 2018, nous pensons toujours aujourd’hui que les Arméniens du Haut-Karabakh devraient être les principaux participants à la conversation. Il semble qu’il y ait un accord au sein de la communauté internationale qu’il devrait y avoir une conversation internationalement visible entre les représentants du Haut-Karabakh et de l’Azerbaïdjan sur les droits et la sécurité des Arméniens de la république».

A cette occasion, il a aussi annoncé, selon le communiqué de presse y afférent, l’augmentation du budget de la Défense «à 509 milliards de drams» spécifiant que «la hausse est de 113% par rapport à 2018, soit plus du double, et de 47% par rapport à 2022».

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