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VEILLE RUSSIE – du 17 septembre au 23 septembre 2022

Equipe de veille Russie: Ilinka Léger, Enzo Padovan

21/09/2022: La mobilisation “partielle” a été annoncée par les autorités russes – Ilinka Léger

Le 21 septembre, à l’occasion d’une allocution télévisée, Vladimir Poutine a annoncé la mobilisation des réservistes russes dans le cadre de la guerre en Ukraine. Selon le président, la mobilisation vise à «soutenir notre patrie, notre souveraineté et son intégrité territoriale, et pour assurer la sécurité de notre peuple et du peuple des territoires libérés ». La mobilisation concerne les personnes qui ont effectué leur service militaire et se trouvent donc automatiquement ajoutées aux listes des reservistes de l’armée. Sergueï Choïgou, le ministre de la Défense, a estimé que le nombre de reservistes s’élevait à 25 millions de personnes. L’objectif du Kremlin est de rassembler 300 000 hommes, mais selon le journal le Monde seulement 5000 d’entre eux « s’entraînent sur une base régulière ». Selon des vidéos filmées après les premiers recrutements, il est prévu que les soldats reçoivent une formation de deux semaines avant de partir sur le front ukrainien. Il leur a également été promis une rémunération égale, au minimum, à celle des soldats sur contrat et que leur emploi leur serait rendu à leur retour. Le ministère de la Défense assure que les quotas de recrutement sont établis « sur la base du volume de ressources humaines de mobilisation disponibles, chaque entité constitutive de la Fédération de Russie a une tâche distincte pour la fourniture de ressources de mobilisation ». Cependant, dès le 21 septembre, le président du comité de Défense de la Douma Andreï Kartapolov avait précisé que la majorité du contingent serait mobilisé dans les régions de l’ouest et du centre de la Russie.

21/09/2022 : Plus de 200 militaires sont retournés en Ukraine à la suite d’un échange de prisonniers, notamment des défenseurs d’Azovstal – Enzo Padovan

Le 21 septembre, 215 combattants de l’armée ukrainienne, dont 124 officiers, ont été relâchés des geôles russes. La majorité des soldats libérés sont membres du régiment Azov, une unité de la garde nationale de Kiev, et ont participé à la défense de l’usine Azovstal, à Marioupol. Pour rappel, cette dernière était un des derniers bastions de résistance ukrainienne lors de la chute de la ville, au mois d’avril. De plus, une dizaine de volontaires internationaux, y compris 5 britanniques et au moins un citoyen marocain, ont aussi été libérés par la Russie. D’ailleurs, il est intéressant de noter que l’Arabie Saoudite a fait office de médiateur pour une partie des échanges et des négociations.

Cependant, cet accord n’est pas sans concession pour Kiev. Le gouvernement ukrainien a accepté de libérer Viktor Medvedtchouk, un opposant politique pro-russe, et proche ami de Vladimir Poutine. Assigné à résidence pour haute trahison depuis 2021, lui et 55 autres combattants pro-Kremlin ont servi de monnaie d’échange. Enfin, la Turquie a joué un rôle clé dans la libération des prisonniers. De fait, les chefs du régiment Azov (Denis Prokopenko et Svyatoslav Palamar) se trouvent désormais sur le territoire turc. Les termes de l’accord stipulent, en outre, qu’ils devront y rester jusqu’à la fin des hostilités.

21/09/2022: Les pays d’Asie centrale mettent en garde leurs ressortissants contre la participation au conflit russo-ukrainien – Ilinka Léger

Le 21 septembre, dès l’annonce de la mobilisation militaire partielle par les autorités russes, l’agence pour les migrations de travail ouzbèque à réagi en rappelant à ses concitoyens se trouvant sur le sol russe que tout engagement dans une armée étrangère est passible de 3 à 5 ans d’emprisonnement selon le code pénal ouzbèque. Le Kirgizistan et le Tadjikistan ont également publié des communiqués suivant la même ligne. Ces réactions font suite à la décision, prise par la Douma le 20 septembre, d’accorder la nationalité russe aux étrangers qui intégreraient les forces armées russes sur contrat et serviraient au moins une année en leur sein. Le même jour, l’ouverture prochaine d’un commissariat militaire placé directement dans le centre des migrations Sakharovo à Moscou a été annoncée. Selon le maire de la ville, « le gouvernement de Moscou va déployer une infrastructure complète à Sakharovo pour aider le ministère russe de la Défense à organiser l’enrôlement des citoyens étrangers pour le service militaire ». L’enjeu est de taille pour les pays d’Asie centrale :  au moins 2 millions d’Ouzbeks, 1 million de Tadjiks, autant de Kirghiz et 200,000 Kazakhs se trouvent actuellement en Russie, selon le chercheur Olivier Ferrando.

22/09/2022: L’annonce de la mobilisation “partielle” provoque une nouvelle vague de départ du territoire russe et de protestations – Ilinka Léger

Le 22 septembre, le ministère de la Défense russe a déclaré que « pendant les premières 24 heures de mobilisation partielle, environ 10 000 citoyens se sont présentés d’eux-mêmes aux bureaux d’enregistrement et d’enrôlement militaires, sans attendre de convocation ». Une dynamique positive affichée par les autorités russes qui dénote parmi les images et récits de personnes fuyant le pays. Des images des frontières terrestres géorgiennes, kazakstanaises, et dans une moindre mesure finlandaises, montrent des files de voitures interminables et les billets d’avion ont été pris d’assaut. En parralèle, de longues files d’attente se sont créées dans les universités ainsi que devant les commissariats militaires, pour essayer d’obtenir des papiers prouvant que la conscription des jeunes russes ne peut être effectuée immédiatement. A la suite de l’annonce de la mobilisation partielle, des manifestations ont eu lieu à Moscou, Saint-Petesrbourg, Arkengelsk ou encore Iekaterinbourg. L’administration tchétchène a également confirmé qu’un rassemblement anti-guerre s’est tenu à Grozny le 22 septembre, rassemblant une quarantaine de personnes. Ce rassemblement semblerait être la seule manifestation anti-gouvernementale connue à ce jour depuis la prise de fonction de Ramzan Kadyrov, 15 ans auparavant. Le président de la république autonome a par ailleurs annoncé que la mobilisation partielle ne serait pas appliquée en Tchétchénie, en raison des nombreux soldats tchétchènes déjà présents sur le front ukrainien. Selon le média OVD-info, 1336 personnes auraient été arrêtées dans l’ensemble de la Fédération russe lors des manifestations du 21-22 septembre contre la mobilisation et contre la guerre.

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