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VEILLE GEOPOLITIQUE UNION EUROPEENNE – Du 30 avril au 6 mai 2022

Equipe de veille Union européenne : Sara Brouwers, Victor Martin, Madara Lange, Audrey Moisan, Teodora Subotic, Louis Harand, Léo Caget, Etienne Mathieu

01/05/2022 : Une semaine après les présidentielles, les manifestations du 1er mai lance un appel à la paix et à la solidarité. -Sara Brouwers-

Ce dimanche 1er mai, à l’occasion de la traditionnelle Journée internationale du travail et à l’appel de nombreux syndicats et associations, espérant faire entendre, à la suite du second tour de la présidentielle, leur souhait quant à l’adoption d’une politique plus sociale et plus écologique, « 116 500 » personnes ont défilé partout en France d’après la Confédération Général du Travail (CGT). Le secrétaire général de la Confédération, Philippe Martinez, avait appelé à une mobilisation « la plus massive possible », pour porter des exigences « sociales et environnementales ». Si le contexte était plus important que jamais, plusieurs cortèges – et notamment à Paris – ont été paré d’incidents volontaires de la part de casseurs. Le Premier ministre Gérard Darmanin a qualifié ces actes « de violence inacceptables ».

Néanmoins, il n’y a pas qu’en France qu’ont eu lieu des mobilisations pour le 1er-Mai. À Madrid, selon un porte-parole du gouvernement, ils étaient environ 10 000 manifestants  à défiler pour réclamer des hausses de salaires et des mesures face à l’inflation. D’autres manifestations ont eu lieu à travers l’Espagne, Andorre, et en Grèce où la hausse du coût de la vie, du prix des logements et la perte du pouvoir d’achat ont été au centre des revendications. En Italie, face à un contexte d’invasion en Ukraine, les principales confédérations syndicales avaient appelé à un rassemblement à Assise, sur le thème « au travail pour la paix ». Ceci rappelé par le leader du syndicat  de la Confédération générale italienne du travail (CGIL), Maurizio Landini, devant plusieurs centaines de militants : « Nous devons absolument œuvrer à mettre fin à cette guerre absurde, voulue par Poutine ».

02/05/2022 : Le Gouvernement espagnol annonce le piratage des téléphones du Premier ministre et de la ministre de la Défense par le logiciel israélien Pegasus. -Léo Caget-

Lors d’une conférence de presse du lundi 2 mai, le ministre de la Présidence Félix Bolaños a annoncé que le Premier ministre, Pedro Sanchez, et la ministre de la Défense, Margarita Robles, ont tous les deux été victimes d’un piratage de leurs téléphones au printemps 2021. D’après l’annonce, ces écoutes seraient « illégales » et « externes » et auraient été menées à deux reprises sur le téléphone du chef du Gouvernement en mars et en juin 2021, une fois en juin sur celui de Margarita Robles. Ces attaques ont été menées au moyen du logiciel espion Pegasus. Celles-ci auraient consisté en une extraction totale de 2,7 Gigas sur le téléphone du Premier ministre espagnol. Pour le moment, l’origine de ces attaques n’est pas connue ou n’a pas encore été dévoilée.

A ce moment de l’année 2021, le pays traversait alors une crise diplomatique avec le Maroc, qui avait notamment relâché son contrôle des flux migratoires à la frontière espagnole de Ceuta, suite à l’accueil par l’Espagne de Brahim Gali, leader du Front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique.

Pegasus est un logiciel espion extrêmement puissant, initialement commercialisé par la société israélienne NSO Group, comme un instrument de lutte étatique dans le cadre d’opérations visant la criminalité organisée ou des organisations terroristes. Le Gouvernement israélien doit normalement approuver la vente du logiciel à un autre Etat. Cependant, ces dernières années, différentes enquêtes ont fait état d’utilisations détournées du logiciel. L’Espagne aurait par exemple utilisé le logiciel afin d’espionner des personnes liées aux mouvements indépendantistes catalans. L’ONG Amnesty International estime que 50 000 personnes dans le monde auraient potentiellement été visées par le logiciel Pegasus.

02/05/2022 : Le Mali rompt les accords de défense avec la France et l’Europe. -Léo Caget-

Lundi 2 mai, le Mali a dénoncé les accords de défense conclus avec la France et ses partenaires. Dans une annonce à la télévision nationale, le porte-parole de la junte au pouvoir, le colonel Abdoulaye Maïga, invoquait « une détérioration profonde de la coopération militaire avec la France », ainsi qu’une « attitude unilatérale » de la part de la France dans la suspension des opérations conjointes avec le Mali en 2021, et dans l’annonce du retrait progressif des troupes des opérations Barkhane et Takuba. Il a aussi annoncé de « multiples violations » de l’espace aérien malien. Il a finalement déclaré : « Eu égard à ces insuffisances graves ainsi qu’aux atteintes flagrantes à la souveraineté nationale du Mali, le gouvernement de la République du Mali décide de dénoncer le traité de coopération en matière de défense du 16 juillet 2014 ».

Les deux accords mis en cause sont notamment le Traité de coopération en matière de défense (TCMD) signé avec la France en 2014, ainsi que l’Accord de statut des forces (SOFA) de mars 2013 qui fixe le statut des forces françaises et européennes engagées au sein de la mission Takuba. La dénonciation du SOFA est à « effet immédiat » tandis que celle du TCMD sera effective dans six mois.

La diplomatie française a répondu par ces mots dans un communiqué du mardi 3 mai : « Elle considère cette décision injustifiée et conteste formellement toute violation du cadre juridique bilatéral qui serait imputable à la force Barkhane », ajoutant : « La France poursuivra le retrait en bon ordre de sa présence militaire au Mali, conformément aux engagements pris à l’égard de ses partenaires et dans un souci de coordination et de dialogue respectueux avec les forces armées maliennes. » Ces annonces marquent une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre la France et le Mali, dirigé par la junte militaire qui a pris le pouvoir en août 2020 à la suite d’un Coup d’Etat militaire.

02/05/2022 : Les ministres européens de l’énergie se réunissent en urgence. -Victor Martin-

Le 2 mai, les ministres de l’énergie des 27 Etat-membres de l’Union Européenne se sont réunis après l’annonce de Moscou de stopper ces exportations de gaz vers la Pologne et la Bulgarie. L’objectif principal de cette réunion était de trouver une position commune des pays européens sur la demande de la Russie d’être payée en roubles et non plus en euros ou dollars comme le prévoient les contrats actuels.

Le résumé de la présidence de la réunion, assumée par la France, souligne que l’ensemble des ministres européens condamne la décision du Kremlin et rappelle que les Etat-membres sont solidaires dans la crise. Les 27 ministres ont réitéré leur volonté de rechercher de nouveaux fournisseurs de « gaz, GNL [Gaz Naturel Liquéfié] et hydrogène ».

Enfin, les ministres de l’énergie des 27 Etat-membres ont rappelé le besoin d’accélérer la réduction de la dépendance envers le gaz russe qu’ils ont appelé à être encadré par le plan REPower EU qui sera présenté par la Commission européen en mai.

04/05/2022 : Du pétrole aux rencontres sportives, l’Europe propose un paquet de sanctions supplémentaires contre la Russie. -Audrey Moisan-

Ce mercredi 4 mai 2022, la Présidente de l’exécutif européen Ursula Von der Leyen a présenté devant la Commission Européenne un nouveau paquet de sanctions contre la Russie suite à ses attaques en Ukraine.

Ce paquet est le sixième décidé par l’Europe depuis 2014, et fait suite aux pourparlers de ce lundi 2 mai autour d’un embargo total du pétrole russe sur le sol européen. C’est cet embargo qui a été mis en avant devant la Commission, ainsi que la question de l’exclusion de 3 banques russes supplémentaires.

La question de l’embargo totale fait débat au sein de l’Europe des 27, et avait mené le deux mai à la suggestion d’une exemption pour la Hongrie et la Slovaquie, toutes deux très dépendantes du pétrole importé depuis la Russie, mais ce point n’a pas été abordé de nouveau ce mercredi.

La proposition ne devrait être mise en place qu’après un vote prochain au Parlement.

En dehors des mesures proposées par la Commission, le monde du sport réagit également, et l’UEFA (Union Européenne des Associations de Football) a ainsi annoncé ce mercredi l’exclusion des équipes russes des compétitions de la saison 2022-2023, et de la coupe d’Europe féminine.

06/05/2022 : Le Parti conservateur sort affaibli des élections locales britanniques. -Etienne Mathieu-

Le 6 mai avait lieu le décompte des voix des scrutins du 5 mai 2022. Lors de ces élections locales partielles, près de 200 conseils locaux britanniques ont été renouvelés. Le parti conservateur de Boris Johnson en sort affaibli, perdant le contrôle de 11 conseils et un total de plus de 200 sièges à l’échelle nationale. A l’inverse, le Parti travailliste, principal parti d’opposition, a gagné 120 sièges et contrôle 7 conseils locaux de plus, dont plusieurs anciens bastions historiques du Parti conservateur, comme les conseils londoniens de Westminster et de Wandsworth.

Ce revers électoral pour le pouvoir intervient dans le cadre d’une inflation record, estimée à bientôt 10%. Mais au Royaume-Uni, on a également parlé du scandale du « Partygate », soit les fêtes illégales organisées par les leaders conservateurs entre 2020 et 2021, en contradiction flagrante avec les restrictions imposées au même moment à la population britannique. Boris Johnson s’était excusé et avait annoncé le paiement des amendes, tout en excluant toute démission, exigée par les travaillistes.

Mais ceux-ci ne sont pas les seuls vainqueurs du scrutin. Lors du renouvellement des assemblées législatives locales d’Ecosse et d’Irlande du Nord, les nationalistes de ces deux nations constitutives ont fortement progressé. En Irlande du Nord, les nationalistes du Sinn Fein, partisans d’une réunification avec l’Etat d’Irlande, ont sont arrivés largement en tête.

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