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VEILLE CHINE – Du 5 novembre au 11 novembre 2022

Equipe de rédaction : Thomas Taochy, Vadim Leduc Argenta, Ines Eugène, Anna Balawender (coordinatrice)

06/11/2022 : Stimulation de la demande de logement au Royaume-Unis par les étudiants de Hong Kong et de la Chine continentale. -Ines Eugène-

On observe sur le dernier trimestre une augmentation fulgurante de la demande de logement par les étudiants, au Royaume-Uni, et notamment à Londres. Plus de 140 000 étudiants internationaux résident désormais dans la ville, ce qui représente 38 % de la population étudiante totale, selon Knight Frank.

Cette augmentation s’explique par trois facteurs. Le premier est la faiblesse actuelle de la livre sterling, conséquence notable du Brexit, puis vient l’optimisme international post-pandémique. Le dernier facteur concerne les élèves hongkongais attirés par le programme de résidence accélérée pour les détenteurs d’un passeport BN(O) (British National (Overseas)), car depuis la mise en place en juin 2020 de la loi sur la sécurité nationale par Pékin, la portée du passeport BN(O) a été modifiée.

En effet, le Royaume-Uni considère la promulgation de cette loi comme une violation manifeste du principe «un pays, deux systèmes». Ainsi depuis le 31 janvier 2021, le pays a permis aux citoyens BN(O) de demander une autorisation limitée de rester pour travailler ou étudier au Royaume-Uni, et de pouvoir prétendre au statut de résident permanent après 5 ans de résidence qualifiée. Les citoyens BN(O) ayant le statut de résident permanent peuvent s’enregistrer comme citoyens britanniques après 12 mois supplémentaires.

Le programme de demande de résidence accélérée est effectif : entre juin 2021 et juin 2022, ce sont plus de 133 000 Hongkongais qui ont reçu l’autorisation de s’installer au Royaume-Uni. Mais ce «vote avec les pieds» n’est pas sans irriter le gouvernement chinois : selon le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong, «l’acte du gouvernement britannique ne tient pas compte de la position solennelle de la Chine et viole ouvertement l’engagement britannique.»

07/11/2022 : L’ingérence politique chinoise dénoncée dans un rapport des services d’information canadiens -Anna Balawender-

Le 7 novembre, l’organe de renseignement canadien CSIC (Canadian Security Intelligence Service) a transmis au Premier ministre Justin Trudeau son rapport sur l’ingérence chinoise dans les élections canadiennes de 2019 et de 2021. Bien que le rapport en lui-même n’ait pas été rendu public, le chef d’Etat s’est exprimé sur ce dernier en dénonçant les initiatives «agressives» de la Chine envers les institutions et la démocratie nord-américaines, rapporte The Guardian.

Globalnews révèle que plusieurs activités pouvant être reliées au Parti communiste chinois (PCC) témoignent d’une tentative d’ingérence : placement de personnel dans les cabinets des parlementaires, cooptation, soudoiement. Les paiements tracés ont été effectués via des agents affiliés au gouvernement chinois résidant au Canada, et des agences intermédiaires, servant de «proxy».

Répondant à l’allocution de M. Trudeau, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois Zhao Lijian a affirmé que la Chine n’avait «pas d’intérêt pour les affaires internes canadiennes», rapporte le média chinois Sohu. «La partie canadienne devrait cesser d’émettre des commentaires nuisant aux relations entre la Chine et le Canada», a ajouté M. Zhao.

08/11/2022 : Les autorités chinoises annulent le discours du chef du Conseil de l’UE critiquant la guerre en Ukraine. -Thomas Taochy-

Charles Michel avait été invité à délivrer un discours à l’occasion du forum économique international Hongqiao s’étant déroulé le 8 novembre. Cependant, le média Reuters a rapporté qu’une partie de prise de parole pré-enregistrée a été supprimée par les autorités chinoises.

Trois diplomates européens ont expliqué la décision chinoise au regard du contenu du discours du chef du Conseil européen qualifiant la guerre en Ukraine menée par la Russie «d’illégale». Barend Leyts, le porte-parole de Charles Michel, a confirmé au média The Guardian que : «Comme demandé par les autorités chinoises, nous avions effectivement fourni un message préenregistré, qui n’a finalement pas été diffusé».

N’ayant pas reçu d’explication officielle de la part des autorités chinoises quant à la suppression du discours, Barend Leyts a répondu aux journalistes : «Nous leur laissons le soin d’expliquer ce qui s’est passé». Questionné à ce sujet, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinoise Zhao Lijian aurait déclaré : «Je ne suis pas au courant de la situation en question […] je ne peux pas faire de commentaires à ce sujet».

08/11/2022 : Le président chinois Xi Jinping avertit Poutine de ne pas utiliser d’armes nucléaires en Ukraine. -Thomas Taochy-

Xi Jinping a reçu à Beijing le 5 novembre le chancelier allemand Olaf Scholz dans le cadre d’une visite présidentielle. Le président chinois a saisi cette opportunité de rencontre bilatérale pour affirmer que la Chine et l’Allemagne «s’opposaient conjointement à l’utilisation ou à la menace d’utilisation d’armes nucléaires».

Alors que la Chine a été très critiquée par l’Occident pour sa neutralité et son refus de condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Xi Jinping a assuré partager les craintes internationales que la guerre pourrait devenir nucléaire : «Les armes nucléaires ne doivent pas être utilisées et les guerres nucléaires ne doivent pas être menées», rapporte SCMP.

Cet engouement à la non-prolifération du nucléaire dans le domaine militaire s’inscrit dans la continuité de «l’engagement conjoint à limiter les armes nucléaires à la défense» signé en janvier dernier par les États reconnus officiellement comme possédant l’arme nucléaire, dont la Chine fait partie.

Vivement critiqué suite à son voyage et à ses échanges avec la Chine, le chancelier allemand lui aussi a répondu au Reuters : «Parce que le gouvernement chinois, le président et moi-même avons pu déclarer qu’aucune arme nucléaire ne devait être utilisée dans cette guerre, cela a valu à lui seul tout le voyage».

Plusieurs spécialistes ont cependant expliqué que la Russie était bel et bien consciente des positions chinoises en matière d’armes nucléaires et que cela ne détériorerait pas les relations entre les deux pays.

11/11/2022 : Dégradation des relations Sino-américaines à quelques jours d’une rencontre entre Biden et Xi  -Vadim Leduc Argenta-

Dans un contexte de relations sino-américaines fragilisées, le président Biden a annoncé ce vendredi 11 novembre qu’il rencontrera le président Xi Jinping au sommet du G20 à Bali le 14 novembre prochain.

L’actualité relevait dernièrement l’engagement de Huawei, le géant des télécoms chinois, à augmenter davantage ses investissements pour «la transformation numérique» de l’Afrique après un sommet à Bangkok en octobre dernier afin d’ouvrir l’ère de la 5G en Afrique.

La Federal Communication Commission (FCC) des Etats-Unis qualifie Huawei et les autres entreprises de télécoms chinoises de «menaces pour la sécurité nationale», une qualification que la Chine condamne. Malgré cela et la présence de l’Europe et des Etats-Unis en Afrique, Huawei fait front et continue de construire un grand nombre d’infrastructures de communication et de technologie d’information, ce qui effraye l’occident.

SCMP note surtout que les élections de mi-mandat américaines ne seront pas sans effets. Un expert déclare que si les républicains prennent le contrôle de la Chambre et éventuellement du Sénat, cela «pourrait avoir un impact» sur la politique chinoise, y compris Taïwan et le protectionnisme commercial.

Ainsi, alors en pleine élection de mi-mandat, le républicain Kévin McCarthy a annoncé au Sunday Morning Futures que s’il obtenait le poste de n°1 de la Chambre des représentants, il lancerait une nouvelle enquête sur les origines du COVID-19 en Chine.

Enfin, Le républicain Marco Rubio, critique de longue date de la Chine, a remporté un 3ème mandat au Sénat américain le 9 novembre dernier. Or, ce dernier avait fait pression pour adopter une ligne plus dure contre la Chine en tant que Vice-président de la commission spéciale du Sénat sur le renseignement. Cette rencontre signera la première réunion en face à face depuis l’entrée en fonction de Biden en janvier 2021.

Un haut responsable américain déclarait ainsi à SCMP que cette rencontre devrait inclure des discussions sur Taïwan, les droits de l’homme, l’Ukraine et les pratiques économiques néfastes actuelles, dans le but de «construire un plancher» sous les tensions entre les deux Etats. Ce dernier ajoutait enfin que l’objectif principal serait «d’approfondir leur compréhension des priorités et des intentions de chacun et, si possible, dans le but de réduire les malentendus et les perceptions erronées».

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